Bel-Ami

Ou la France des assistés… de la réussite.

Louis Pascal par Toulouse Lautrec

Préambule (texte un peu plus bas)

J’ai terminé il y a peu Bel-Ami de Maupassant, il dormait depuis quelques temps dans ma bibliothèque. Et, je dois dire que de savoir qu’une adaptation cinématographique allait bientôt être sur nos écrans, m’a fortement motivé pour m’attaquer à ce monument littéraire rédigé en 1885.  Je ne l’ai pas seulement terminé, je l’ai dévoré ! Le style est sublime :
“L’union des sens n’était qu’un sceau à l’union des cœurs.”
Ce fut le moment des sous-entendus adroits, des voiles levés par des mots, comme on lève des jupes, le moment des ruses de langages, des audaces habiles et déguisées, de toutes les hypocrisie impudiques, de la phrase qui montre des images dévêtues avec des expressions couvertes, qui fait passer l’œil dans l’esprit…” Bref, de toute beauté.  Je me suis également attardé sur le fond. Georges Duroy personnage principal, originaire de Canteleu, décide de migrer vers la capitale pour “faire fortune” mais se retrouve simple employé aux bureaux de chemin de fer au salaire dérisoire. De simple employé aux bureaux du chemin de fer, sans le sou et crève la dalle à rédacteur en chef d’un journal quelque peu crapuleux nommé “À la vie française”, Georges Duroy fait son petit bonhomme de chemin et se fait surnommer “Bel-Ami” par les membres de la bourgeoisie parisienne qu’il trouve sur sa route. Une ascension fulgurante dont le charme du personnage, les coïncidences et l’opportunisme ont été les fondements. Une ascension qui peut faire rêver le lambda contemporain, mais que Maupassant décrit en distillant avec subtilité tous les vices qui la composent et qui rendent le monde mascarade. Il faut donc lire entre les lignes, car au premier abord Mr Duroy passerait pour un héros, un modèle, alors que dans la préface de Murielle Szac, on le nomme “héros répugnant”. C’est justement cela qui m’a fortement interpellé et intéressé. En liant ce roman avec l’actualité, j’ai voulu faire le parallèle entre 1885 et 2012 : La réussite, les honneurs, les femmes, l’argent et le pouvoir : le monde n’a guère changé. Et les “Bel-Ami” prolifèrent.

Cela m’a également inspiré une réflexion, un poème au  centre de ce billet d’aujourd’hui. Une réflexion imbibée d’un sentiment de révolté qui a pris racine en écoutant et en lisant certains individus, qui, depuis l’élection de notre nouveau président, mettaient au centre des problématiques actuelles la célèbre “France des assistés”.  Bref, je ne m’étendrais pas sur le sujet, si ce n’est : France des assistés, un problème ou un symptôme ? Une proportion suffisante pour en faire un problème majeur ? La solution de facilité qui consiste toujours à taper sur le plus petit, ou s’attaquer véritablement au source du problème ? s’attaquer aux amputés qui ont cette faiblesse de se laisser sombrer et de grassement en profiter ou parler de ceux qui pourraient se permettre d’acheter le continent africain avec un salaire mensuel ? Là encore je grossis le trait, c’est plus complexe que cela, mais ces gens-là ne simplifient-ils pas la chose en blâmant ces assistés ? Ces gens-là, tiens, pour me rassurer “je Jacques Brel ma torpeur” .
Au risque d’avoir tort, oui qui sait, l’assistanat des gens modestes (car c’est bien cela et ceux-là que l’on vise) est peut-être un problème majeur, je suis toujours dans une volonté de titiller, de prendre le contre-pied des idées (préjugés ?) qui me paraissent, de mon point de vue, discutables voire malsaines. Peu importe que ce phénomène existe, qu’il soit minoré, majoré, je trouve ce blâme nuisible et malsain.
L’assistanat bouh quelle horreur ! Quelques glandeurs qui s’octroient un revenu minimum sans travailler quand on sait ce que gagne les entreprises du cac40 ou un trader de wall street et qui distribuent tout de façon équitable évidemment. AH, mais ces PDG là, ces entrepreneurs ingénieux et humanistes, ces artistes économiques le méritent aussi, ils bossent, ils suent, s’échinent, créent, ils respectent, ils ne combinent pas eux. Ils bossent surtout à la démesure parce que la réussite c’est la fameuse Rolex à cinquante ans. Là encore j’ai conscience de m’inscrire dans le politiquement correct : “le méchant entrepreneur capitaliste” mais n’est-il pas bon de rappeler les fondamentaux, le vrai fond du problème ? Comme si la réussite telle qu’on l’adule prenait racine dans l’honnêteté, l’humanisme, le partage, la conscience, la raison, l’intelligence du cœur ?
Bref les beaux amis se multiplient, et ce ne sont pas que des riches, loin de là et c’est ce qui fait de “Bel-Ami” un récit d’une actualité folle ! Le Bel-Ami rêve de réussite, de grimper l’échelle sociale quitte à payer un certain prix, quitte à y laisser des plumes, quitte à en arracher; parce que “trop bon, trop con”…

Georges songeait : ” Je serais bête de me faire de la bile. Chacun pour soi. La victoire est aux audacieux. Tout n’est que de l’égoïsme. L’égoïsme pour l’ambition et la fortune vaut mieux que  l’égoïsme pour la femme et pour l’amour.”

Clotilde une de ses maîtresses lui balance : “Tu trompes tout le monde, tu exploites tout le monde, tu prends plaisir et de l’argent partout, et tu veux que je te traite comme un honnête homme”

Bel-Ami rime avec ironie, que l’on érige en modèle.

Bel-Ami

I

J’ai la haine qui gronde quand j’entends parler d’la France des assistés.
Non, pour scander mon désaccord furibond envers l’existence de ces pic-assiettes, glandeurs revendiqués.
Mais je peine à dévoiler l’envers du décor, la partie immergée,
Voici ma torpeur d’aliéné !
Au delà des pauvres gens heureux de peu, il y a la France qu’on adule : celle des enculés,
Ceux que la France récompense dans la course au succès.
Assistanat d’une idéologie dominante, assistés du billet
Qui oublient qu’avant d’avoir, nous étions humanité
La France des “toujours plus”, jamais rassasiés,
Ils sont bien plus que les assistés à euthanasier,
Aux valeurs La city, au socle HEC
Qui infestent les esprits et investissent la cité
Norme dominante attise l’envie comme une publicité,
Déshumanisant ce qu’on fertilise,
rendant les fruits des grands ignominies.
“trop bon, trop con” est leur dicton
Ils excellent justement dans l’art d’être con
En voici un, isolé, il m’apparaît comme un bel-ami
Il est bel-ami 2.0
Dont les défauts servent la réussite.
Il m’arrive en Audi, on le félicite
Il s’érige en modèle que le système plébiscite
Matérialiste ? Je ris de mépris
1 000 lieux séparent cette image de cette philosophique conduite.
Le regard vide, l’âme inhumaine, parce qu’il est gangrène
Il met demain sous-vide, leader et mécène, les esprits il engrène.

Le bel-ami d’antan est la belle salope d’aujourd’hui
Prenant tous les maux passants, aux mots,
et pour argent comptant.
Une fois les mots passés, voilà les actes lynchants
Où l’argent compté est un fait à l’intérêt content
Les billets empilés, est une fin fascisante
Gangrène de la cité aux douleurs lancinantes
Qui, malgré les méfaits, sont des horizons fascinants.

II

Arriviste échelonné, il n’avance que pour arriver
Au départ, il se pense bel-ami, il n’est que duelliste affamé
Il s’imprègne des vices, comme il prendrait une pièce de monnaie
Et l’argent corrompt au point de ne plus pouvoir affirmer : “je me connais.”

Tant qu’il y a de l’oseille dans la casquette,
On préfère se perdre et s’enterrer.
Être Winnie dans une pièce de Beckett,
Laisser les affaires atterrer.
“Oh les beaux jours”, pour lui
Ne sont que des tue-l’amour pour autrui.

L’on jette son dévolu sur le contenu du porte-monnaie,
Oublions les préceptes socratiques
Mon rêve tant voulu est d’être vagabond
Quand le reflet de l’époque me suggère le songe aristocratique.

Cet homme plonge, trapéziste habile, docile envers ses vils partenaires
Dont l’apparence est attrait, plongeant l’être en enfer
Devenu loup, il s’immisce alors dans la bergerie
Car sa bonhomie solitaire, surtout en temps de crise, est l’artifice ultime.
On ne lui voit plus les crocs et ses baveuses babines,
Seulement son poil soyeux et ses yeux d’une couleur sublime
Mais, sa bonhomie qui nous rend affable,
Dissimule en fait des songes et ambitions détestables.

III

Carriériste boulimique, en soliloque, des ordres il vocifère
“lui n’est qu’un obstacle rachitique”, il enchaîne les promos comme des grades militaires.

Il a hiérarchisé l’effort dans sa méritocratie
Comme l’oligarchie s’est emparée du pouvoir en démocratie.
Transformer le plomb en or sur le dos du monde
Est plus méritoire qu’écrire ce texte en rimes vagabondes,
Et viscérales, que j’offre gratis, en partage au monde.
Beauté vespérale, dont la contemplation n’attise plus grand monde.
La réussite n’en est pas moins factice mais son mérite est moribond
“Grimpe grimpe les échelons”, voilà ce qui nous inonde.
Ce n’est pas anoblir l’effort, plutôt assouvir les forts
Exacerber les peurs, entasser les morts
Balafrer les valeurs et engraisser les porcs.
Excusez ma haine diffamatoire. Me laisserais-je emporter à tort ?

Créancier, il me tient,
me tient par les tripes
Et envoie au casse-pipe, mes contemporains.
Créancier, il me prête,
me prête à rire quand je donne à penser
J’me dépense à la poésie et aux graffitis parisiens Miss.Tic.
Quand je pense qu’il alimente l’humaine boucherie pour du fric.

C’qu’on félicite est frustrant mais tentant
La réussite est la coke d’antan
La colle au narine, les poumons se déchirant
Le peuple patine, s’échine, cela est vite épuisant.

Un jour bel-ami me raconte ce qu’il avait dit, avec fierté :
“- Vous, allez nettoyer !
-  Allez vous faire…
-  Pardon ?!
-  Vais vous faire un café
-  Un macchiato, ce sera bon.”

Filons, filons, pour lui nous sommes des pions,
Partenaire, ou objet
Le pouvoir corrompt, c’est un fait.
Il fait primer l’utilité, il n’y voit aucune objection.

Alors,
s’enflamme la mèche de la bombe jalousie des gens biens
Dont l’infamie et l’état du monde en ont fait des vauriens.
Quand la jalousie du visé le façonne en gens de biens
Il donne un prix à tout, devient vicié, les valeurs ne sont rien.

Il a,
L’instinct prédateur à l’humanité sociopathe
L’appétit hannibal lecteur, au cœur myopathe.
L’intelligence du cœur mise au pas, il contracte une myopie scélérate.
Malade d’importance, son spleen, sur nous, s’abat : Contagion immédiate.

IV

Fable de malfrats, La Fontaine se noie dans l’embarras
Conte de fée, sponsorisé par BNP paribas.
Je compte les faits, la fée a été soudoyée par le Nasdaq
Morale de l’histoire : de quoi parlait-on ? Hum, bon débarras…

Et rebelote,
“Que brûle la France des assistés, virez-moi ces étrangers”
Hurle ce bel-ami, avec lequel j’ai des liens d’amitiés
Non pas que je le connaisse, mais il est à chaque coin de quartier
Il faut que je le confesse : aurais-je une part de responsabilité ?

07/05/2012

LiveAndThink


Saez – Les anarchitectures

Et quand j’entends des jeunes, donc mes semblables, tenir ce genre de discours, tout en prenant mes distances face au parti pris de l’auteur de la vidéo en la titrant violemment, cela me révolte au plus haut point : http://www.youtube.com/watch?v=QpIn-nFh_8Y&feature=share .
Ce qui me pose problème ce n’est pas que ce soit vrai ou faux, c’est que l’on légitime ce genre d’opinion et d’idéologie au profit du système, de cette réussite qui de mon point de vue n’est que poudre aux yeux.

La figure Sarkozyste, un idéal systémique ?

Une  fois de plus,  j’ai peur de m’attirer les foudres, mais ne suis-je pas chair à canon par ma volonté de secouer le tapis de jeu ?
Puis, pour le lecteur lambda je m’inscris simplement dans un politiquement correct, au final. Enfin je crois.
Bon, depuis nous connaissons les résultats, mon billet n’a aucun rapport avec ça. Rédigé depuis déjà quelques jours, ce billet traduit mon désir de m’intéresser à une figure : la figure Sarkozyste.
Nicolas Sarkozy, ah la la, qu’est-ce qu’on a pu déverser comme haine malhabile ou comme fanatisme déraisonné. Politique au centre des attentions, je n’ai fait que tendre l’oreille pour écouter les arguments, de tout ordre, des pour ou des contre Sarkozy. Les arguments pour m’ont évidemment inspiré une réflexion. (Même si j’utilise le “nous”, peut-être par pure hypocrisie, ou par volonté de responsabiliser, la majorité de cette réflexion concerne la question : pourquoi être en faveur de cette figure). Une réflexion que j’avais débutée dans des billets précédents, qui se concentre au final sur la politique dans sa globalité (Syndrome de Stockholm et De la prostitution). Je suis donc, dans une continuité, dont cette réflexion en est certainement le résumé. Un résumé plus ciblé, puisque porté sur une personnalité en particulier. Je partage avec vous cette réflexion habillée d’un zest de poésie comme j’aime le faire.

Je ne suis pas là pour donner des coups de bâtons supplémentaires. Je ne porte pas de jugement, mais j’apporte un jugement. Il y a, pour moi, une légère différence entre les deux. Cet apport de jugement n’est que le résultat d’une observation où convergent mes sens et mes capacités intellectuelles, aussi minimes soit-elles. Même si j’ai conscience que l’objectivité n’existe pas dans ce bas monde, et donc, que mon jugement et mon apport de jugement sont imbibés du même spray : le mien, cet apport de jugement est plutôt empirique donc a postériori. Tandis que le jugement est, pour moi, plus intime, viscéral, bâti sur des préjugés, donc a priori. Je ne suis pas là pour prendre partie, je constate.
Et le contenu de mon constat, son résultat, échappe bien évidemment à ma volonté première : celle de faire simplement un constat, un constat objectif. J’en assume la conclusion, ce qui me pousse donc au fond à prendre partie. Une prise de position, malgré-moi, je ne peux lutter contre mes valeurs, mes idéaux, mes rêves de demain. Mais loin de moi l’idée qu’on me range dans la case “opposant de Nicolas Sarkozy”. Le but n’est pas d’exposer un pamphlet mais une vision avec un peu de hauteur, en toute humilité. Après avoir fait lire ce portrait à quelques proches, ce qui en ressortait c’était : la douceur de ce portrait. Peut-être qu’ils s’attendaient à plus de violence, ce que justement j’essayais de ne pas faire. Alors que le qualificatif qui correspondrait mieux, un qualificatif d’ailleurs utilisé par un de mes proches, est la froideur. L’objectif est de dépeindre un portrait, une figure, non décrire un personnage et ses actes de manière exhaustive (même s’il y a quelques exemples précis pour illustrer). Avec ce portrait je ne vise pas l’exhaustivité et ne dis pas qu’il est juste, il est juste un avis. Chacun se forgera sa propre opinion, de toute façon…

Bref, je vous propose une réflexion que je ne qualifierais pas, une réflexion qui m’est propre, singulière. Mais elle m’a amené à penser que nous n’avons jamais eu autant besoin de philosophie et de sociologie et également d’un regard neuf sur tout un système sur lequel chacun a son avis, devenu préjugé, un avis que personne n’écoute ou prend en compte ou  un avis susceptible de faire agir en conséquence. Chacun y va de son chemin de croix sur lequel on voit midi à sa porte. Nos jambes se sont donc emmêlées et sont devenues amorphes, alors à quoi bon prendre une direction, nous sommes fatigués, il y aura toujours un canapé sur lequel nous reposer.
Il manque des esprits libres, des individus de poids, des individus crédibles à l’intégrité de premier choix. Constat qui n’engage que moi…

Figure Sarkozyste, un idéal systémique

En fait, Sarkozy n’est pas victime, il est la figure emblématique d’un système contemporain.
Un système que nous rêvons de détester mais dont on ne peut et dont, au fond, on ne veut se passer.
Sarkozy est en fait la figure d’une réussite politiquement incorrecte quand l’heure est à l’Humanisme dégoulinant (est-ce un mal ?) et quasi religieux (est-ce un bien ?).
Il est la figure de la réussite individuelle. Une réussite populaire et accessible à tous, puisque pour lui la culture n’est pas un atout, seules la force et la volonté font office de levier.
Il est donc à la croisée de l’élite et du populaire. Il est le modèle de tous ces rappeurs qui rêvent d’être riche dans leur musique mais qui conduisent une citroën Ax.
Il est cette figure de rappeur rêvant d’être riche mais conduisant une Ax, excepté qu’il l’est, riche.
Il est donc un rêve réalisé. “À quand mon tour ?” Chacun est en droit de scander.
Si vous êtes assez proche de lui, il saura vous récompenser.
Au lieu de nous diviniser tous, il nous a tous divisé.
Ne pas le voir serait être malhonnête ou atteint de cécité.
N’est-il pas la figure du privilège et de la course au royal siège ?
Il est l’instigateur d’une république dans laquelle la réussite ne revient qu’à soi-même, fruit de son dur labeur.
Quant à l’échec, il n’est dû au fait de ne pas avoir fait son possible, son maximum.
Le choix, une liberté totale, rejet du déterminisme.
“Ta réussite c’est toi, ton échec aussi”. N’est-ce pas ce qu’on reprochait à l’existentialisme Sartrien ?
Sur fond démocratique, la liberté peut-elle tout justifier ?
N’est-il pas l’exemple typique de “l’erreur est humaine”, victime d’un fait langagier incontrôlable et incontrôlé, régit par un élan sentimental, le rendant plus sympathique aux yeux de ses partisans et plus détestable et lamentable aux yeux de ses opposants ?
N’est-il pas la figure de l’excès désinhibé ? Ne l’avons-nous pas vu quelque peu bourré avachi sur un pupitre lors d’un discours public, comme cette starlette déchue à une remise de prix ?
Et l’argent, l’argent comme un premier affront si urticant pour celui qui n’a pas fait le choix d’être gouverné par ce personnage un tantinet vulgaire et arrogant. Une personnalité qui le rapproche du peuple, peut-être ?
Il est le symbole où convergent sécurité, quelle qu’elle soit, et liberté, sans limite. Une liberté, sans limite, individuelle, plutôt oligarchique.
Il arrive à ce patriarche au pleins pouvoirs, de piétiner les libertés de la collectivité. Un paradoxe philosophique.
Il est une figure rêvée mais pourtant réelle.
Il est cette lueur d’horizon lumineuse qui touche chaque être dans son intériorité cachée, à l’heure actuelle, signe de la belle vie sans souci.
Alors, Sarkozy n’est-il pas un idéal, l’idéal d’un système capitaliste néo-libéral ?

Sarkozy est politique, donc légitime, mais également Rock-star, figure d’une réussite populaire et médiatique à l’image de starlette inaccessible et à l’impertinence libertaire adulée.
il est l’emblème de cette célébrité avec laquelle on a été éduquée. La société du spectacle a investi tous les plans, on le traite en artiste :
“si la société aime les artistes et les traite autrement que les marchands, par exemple, c’est dans l’ordre des choses. C’est de l’idéalisme”
“Je  croyais que les gens célèbres étaient fiers, inaccessibles, qu’ils méprisaient la foule, qui place au-dessus de tout la noblesse et la fortune, et qu’ils se vengeaient d’elle, grâce à leur gloire et à l’éclat de leur nom.”
[Tchekhov - La Mouette]

Mais ne traitons-nous pas chaque personnalité politique comme une rock-star ?
Comme au-dessus de nous ? N’est-ce pas un syndrome de Stockholm ? Menant à une démocratie esclavagiste et fasciste ?
Nous idéalisons une personnalité en pensant avec ferveur qu’elle possède ces qualités protectrices, quasi paternalistes qui nous sortiront d’une mésaventure.
Comme des enfants nous croyons à ce conte de fée, quitte à ne pas tenir compte des faits. Malgré les méfaits, on plisse les yeux très fort afin d’éviter de voir la réalité, comme des enfants perdus à cause de nos peurs.
Nous rejetons notre dévolu sur un personnage, comme un enfant effrayé par le noir qui criera pour que maman ou papa vienne le consoler, comme un client en manque d’amour paiera une pute. (image pour adulte !)
Mais “la parole est dans les actes”, l’idée n’en est qu’une ébauche.
Un ensemble qui, nous l’oublions souvent, s’orchestre sous deux dimensions : pratique et symbolique.
Voilà pourquoi nous ne pouvons différencier un homme de ses idées, ses idées, de ses actes et de ses actes, les effets et de ce qu’il véhicule, de ce qu’il est.

Vous faites confiance vous aux publicités ventant les mérites d’un dentifrice : “vos dents plus blanches que blanches” ?
Malgré ça nous achetons tous du dentifrice, parfois celui vu à la TV, parfois une marque concurrente, le fait est que l’objectif n’est pas de rendre vos dents plus blanches que blanches mais de vous vendre du dentifrice.
Le mécanisme est subtil, puisque la plupart des gens ont conscience de la supercherie mais devant le rayon “dentifrice”, le choix est rude, mais les images de l’esprit elles se bousculent…
Les idées politiques fonctionnent sur le même principe, alors comment faire confiance aux personnalités qui les véhiculent ? De gauche comme à droite, le mécanisme est de toutes les façons, manipulation, communication habile et parfaitement orchestrée.
Mr Sarkozy a promis des dents plus blanches que blanches, mais également des dents plus fortes et plus riches, il a promis une absence de caries pour des dents déjà cariées, il a promis un lavage du palet et de la langue dans un même temps.
Il est même allé piocher, de manière grossière, des slogans dans d’autres campagnes de communication.
Mais, nous n’avons plus de brosse à dent il en a conscience et nous a prévenu qu’il n’y aurait pas de brosse à dent et qu’avec son dentifrice pâteux, il faudra serrer les dents.
Bref, nous avons en tête toutes les caractéristiques intrinsèques du produit qu’il propose, alors qu’en fait, comme le fait la publicité de manière habile, il nous impose son produit, il nous impose sa volonté.
La subtilité tient au fait que nous ne le ressentons pas comme ça, pas comme une relation de dominant/dominé. Ses idées ne sont pas manipulation mais réalité ou plutôt réalité propre à chacun.
Parce que comme une bonne campagne publicitaire, l’affectif et l’inconscient prennent le pas sur le reste et font office de voile.
Et nous avons vu de quoi l’affect et l’inconscient étaient capables.
Et cela porte ses fruits. Parce que le meilleur moyen de faire passer un énorme mensonge est de l’entourer de vérité : Le prix de la crédibilité en politique ?
Voilà d’où vient la crédibilité du politique, il joue avec nous, il se joue de nos esprits en prenant comme exemple la vie, du moins sa superficialité.
De là, Sarkozy est l’emblème du mensonge, inhérent à la discipline certes, mais du mensonge flagrant et décomplexé car “pas de compte à rendre” a-t-il dû penser.
Il est l’emblème du paradoxe entre paroles et actes. “La France forte” était son pacte.

Les rues d’lesprit ne sont plus sûres ! ça sonne comme un sketch de Desproges.
De l’indépendance il ne reste que de la sciure. Les informations médiatiques s’abrogent.
Tout n’est que joute d’opposants.
Et si les esprits libres ne plussoient pas mais cherchent à faire contre-poids, ils y laisseront plus que des plumes, chaque jour un peu plus de soi.
Les écoutez ? Pourquoi faire, ils ne seront que des opposants virulents manquant d’objectivité.
Alors à quoi bon s’échiner ? Sarkozy a effectivement rassemblé… rassemblé les trois sages singes, dans une même cage.
Impossible de crier, de contre-dire, nous ne sommes que des aliénés !
Mr Sarkozy nous entend, tous, sans jamais écouter.
Nous fondons en larme, où est le social ?
“Attendez, vous rigolez ?”
Ah pardon, son arme, le plan social.

Sarkozy n’est donc pas plus crédible qu’un autre, il a juste une bonne com’ et l’image de son produit n’est plus à faire, elle est là, bien ancrée dans les esprits, dans ces esprits meurtris par la fatigue.
Sarkozy est une figure de storytelling, cette machine à fabriquer les histoires et à formater les esprits, comme tout un système.
Sarkozy est une histoire, il est une figure de l’époque.
Devenu people à la célébrité sans équivoque, il se dirige, comme un conducteur forcené, vers une direction univoque, celle d’un système fatigué.

Sarkozy, figure emblématique d’une époque moderne, en légitime ses valeurs, que nous savons tous, sur le long terme, délétères et mortifères.
Alors, peut-être pas plus crédible qu’un autre, il représente en revanche, à longue échéance, un danger.
Il est la figure de l’envers de la liberté, l’exemple des limites de cette liberté.
Mais si lui le fait, pourquoi ne pas le faire ? Le singe voit, le singe fait.
Symbole de cette vanité malhonnête : responsable de tout, mais responsable de rien.
Une vanité qui colle au caractère de l’enfant, mine de rien.
Mais l’innocence infantile et celle de l’adulte ne joue pas sur le même plan, heureusement.
On aimerait tous être responsables de tout mais responsables de rien si tout tourne mal.
Sarkozy est la figure du père, aux volontés et actions infantiles. Il est enfant capricieux et autoritaire dans un corps et une fonction d’adulte.
Malgré les bienfaits, ou les mal faits, il est un idéal du système, une figure parfaite, produit étiqueté : humanité 2012 au prix exorbitant, mis sur le marché mondial de l’offre et de la demande. Il est un idéal aux paradoxes sans effet, puisque intouchable.
Sarkozy est la figure que nous détestons chez les autres mais que nous rêvons secrètement d’être, au fin fond de notre âme.
Il est une figure désinhibée dont l’influence nous désinhibe.
Parce que l’Homme rêve d’égalité, de fraternité et de liberté, mais la tâche est trop complexe, alors il s’avachit dans l’inertie.
Dans cet abandon, il rêve d’un passé, frappé par une nostalgie imaginée, dont il a une image mal définie.
Cet homme devient alors produit ou zombie, dans les deux cas : objet inanimé.
Et, Sarkozy est la figure de l’Homme d’action, qui ne bouge pas, la figure d’une révolution conservatrice.
Tout change, rien ne change, constat collaborationniste,
dont l’acquiescement démocratique est sadomasochiste.

Ma tête est mise à prix, car je refuse que soit à la tête, LE politique.
Cet avis politiquement correct, n’a pourtant aucun effet dans le réel.
La politique malgré son échec, reste tout de même une sacrée prise de tête.

LiveAndThink

“Ton vice est devenu dicton.
Ce millénaire est monétaire. Le peuple est impopulaire.
A croire que le Veau d’Or a une promo à l’échelle planétaire.
Il justifie la traîtrise. La fourberie.
L’économie c’est toujours plus de loups dans la bergerie.
Est-ce les salauds qu’on adule ? Des gosses des adultes,
S’inculquent le nouveau culte et sur le globe le catapultent.

[Mc Solaar - RMI]

Radiostars

Une étoile filante…

Réalisé par Romain Lévy
Avec Manu Payet, Douglas Attal, Clovis Cornillac, Pascal Demolon, Benjamin Lavernhe, Côme Levin…
Synopsis
En plein échec professionnel et sentimental, Ben, qui se rêvait comique à New York, est de retour à Paris. Il rencontre Alex, présentateur-vedette du Breakfast-club, le Morning star de la radio. Avec Cyril, un quadra mal assumé, et Arnold, le leader charismatique de la bande, ils font la pluie et le beau temps sur Blast FM. Très vite Ben est engagé : Il écrira pour eux. Alors qu’il a à peine rejoint l’équipe, un raz de marée frappe de plein fouet la station : l’audience du breakfast est en chute libre. C’est en bus qu’ils sillonneront les routes de France pour rencontrer et reconquérir leur public. Pour ces Parisiens arrogants, de ce road trip radiophonique naîtra un véritable parcours initiatique qui bousculera leurs certitudes.

Après avoir scénarisé les 11 commandements et Cyprien, Romain Lévy s’adonne à sa toute première réalisation : Radiostars. Réalisateur, scénariste et dialoguiste en collaboration avec Matthieu Ouillon, Romain Lévy nous offre un road movie déganté, méchamment écrit et orchestré et foutrement bien interprété ! Mon champ lexical illustre parfaitement mon sentiment envers cette pépite : elle donne la pêche putain ! Un sentiment, non pas exagéré mais plutôt pris à son paroxysme puisque écrit sur le vif qui pourra donc paraître quelque peu démesuré pour ceux qui n’ont pas vu le film et évidemment pour ceux qui ne l’ont pas aimé.
Depuis ma dernière critique cinéma (shame) qui date, pfiou, de Décembre, je n’ai pas cessé d’arpenter les salles de cinéma comme à mon habitude, simplement je n’avais pas encore vu le film qui possède cette qualité, celle d’exciter mes deux hémisphères au point de ressentir cette envie irrépressible de partager ce moment avec d’autres.
J’avais eu quelques bons échos concernant Radiostars et j’ai toujours apprécié Manu Payet en tant qu’humoriste, quant à Clovis Cornillac il a toujours eu à mes yeux, ce charisme d’acteur qui me plaît. Des points de départ plutôt légers qui ont justement et simplement attiré mon attention et suscité ma curiosité. Ce p’tit quelque chose qui m’a permis d’aller voir ce film sans attentes particulières et avec légèreté.


Durant les premières minutes du film, Alex (Manu Payet) est interviewé par une animatrice radio, figure apparemment emblématique. L’animatrice à la voix singulière, suave, parfaite à l’intonation exagérée demande à son invité comment s’est-il retrouvé humoriste sur le devant de la scène ? Premier coup comique qui tend vers la dérision des animateurs radios et la manière dont ils instrumentalisent leur voix, Alex imite parfaitement la voix de son interlocutrice pour se moquer à la fois d’elle mais également de lui. À la question de l’animatrice, point de départ du film, Alex répond que c’est une longue histoire, mais avant d’en entamer le récit il profite grassement de son privilège qui consiste à pouvoir choisir et lancer une chanson  et nous annonce avec tout son dynamisme “Vampire Weekend” -  Oxford Comma !

On air ! On envoie la sauce en musique !
Puis l’on retrouve Ben (Douglas Attal), personnage servant d’attache à cette trame narrative, il rentre en France avec l’ambition de conquérir, malgré-lui, le public parisien après avoir essuyé quelques échecs dans le Stand up, aux USA. En plein déboire amoureux, malgré son caractère introverti il décide de se reprendre en main. Et, il croise la route d’Alex. Avec un petit coup de pouce de son ex, Sabrina (Ana Girardot) qui est l’actuelle petite amie d’Alex, Ben au chômage, se voit ouvrir les portes de l’opportunité : écrire pour la radio Blast FM.
Ni, une ni deux, Ben se retrouve à rencontrer la bande de joyeux animateurs fous du Breakfast Club, le morning de Blast FM, et à passer son entretien d’embauche “On air” devant le leader de la bande Arnold (Clovis Cornillac). Ce dernier séduit lui fait signer son nouveau contrat.
L’ambiance festive et décalée qui règne en maître au sein de cette bande d’animateurs, enveloppe Ben sans lui demander son avis . Le voilà embarqué dans une aventure qui ne fait que commencer !
Blast FM radio numéro 1 depuis 10 ans, se voit être relayée à la seconde place faute à la négligence et à l’insouciance de l’équipe. Réprimandée, l’équipe est contrainte à retrouver sa place de leader et à reconquérir le cœur des auditeurs des régions de France où l’audimat a chuté. L’équipe suivie avec mollesse par le nouveau venu Ben, s’embarque dans un road trip à travers la France. Ce qui était contrainte à la base, se verra devenir quête initiatique et périple solaire, par la suite.
À l’air frais, le breakfast club installe tout son matos sur la place publique afin de donner son show matinal animé par une bande à la dynamite amicale ! L’exercice est périlleux et devient très vite ennuyeux pour notre équipe et ses auditeurs. Les ajustements se font au moment où Ben trouve justement sa place au sein du groupe : il écrira des chroniques comiques pour chacun des membres de l’équipe. À partir de là on les suit sillonnant les routes de France et mettant leurs talents à profit sur la place publique.
Dans Radiostars, il n’y a pas un bout de gras, on ne s’ennuie pas une seule seconde. Se dégage de ce film une ambiance humaine, festive, dynamique, un film à l’humour corrosif, vulgaire mais réaliste voire politiquement incorrect. Même si chacun des personnages est archétypal tout sonne juste dans ce film. Manu Payet joue admirablement bien, Clovis Cornillac en Leader tyrannique et colérique nous livre une prestation singulière et viscérale qui donne au film un caractère tragique. Mais l’humour répond constamment présent, malgré les scènes tristes, transformées en vaudeville. Le film est à l’image de l’équipe du Breakfast Club et forme une osmose qui devient cocaïne. Une fois le générique de fin, on en redemande. Pourquoi ? Parce que ça ne parle pas que de radio, c’est surtout l”histoire, les péripéties et les déboires d’une bande de potes au caractère bien trempé qui parfois, crient plus qu’ils ne s’écoutent.
Ce qui m’a vraiment touché justement c’est le fait que le comique touche. Et oui, Henri Bergson affirme que “le rire s’adresse à l’intelligence pure et exige une anesthésie  momentanée du cœur” . Mais Radiostars, c’est l’histoire de la jeunesse, de la fougue, des rêves et de l’insouciance qui collent à sa peau, c’est l’histoire de l’amitié. Chaque spectateur se projette, et chaque scène comique nous renvoie à nous, à notre propre jeunesse. Alors même le comique nous émeut.
Dans la vie des membres du breakfast club, ça explose de rire, ça joue sans cesse, ça gueule, ça se bat, ça crie, ça boue, ça pleure, ça s’effrite, il y a de l’arrogance, de l’excès, du j’m'en foutisme et l’amour du travail bien fait.  Donc dans Radiostars il y a de l’amour pour la vie. Et le périple de cette bande de Zulu va se transformer en quête initiatique avec la découverte de l’Autre, la remise en question, le doute, la gué-guerre d’estime, l’accidentel et l’imprévu, la recherche de l’amour, la reprise en main de son existence, la célébrité. Radiostars est une sorte d’allégorie, comme tous les films peut-être, mais celui-là m’a touché.

Dans Radiostars, il y a de l’amour pour la musique aussi car la Bande Originale est exceptionnelle et exceptionnellement dynamique, éclectique mais pourtant homogène. De Vampire Weekend à the buggles et son fameux titre “Video killed the radio star” remixé par le président des états-unis (si si) à Poni Hoax et sa chanson hypnotique et singulière antibodies (merci au passage à Pauline pour cette découverte :) , elle se reconnaîtra) en passant par 1.9.9.5 et son célèbre et magnifique titre La source ou encore La flemme et Pusha T avec son single “Trouble on my mind“. La musique a du peps et se jumelle avec le reste et nous offre un bordel ordonné celui créé par l’équipe du morning de Blast FM. Tout s’entremêle donc à merveille.
Mais outre la musique et les belles performances ou encore l’humour furieux et délicieux, il faut aussi vous dire que le résultat visuel est de toute beauté. En effet, j’ai trouvé la mise en scène sobre mais excellente, moderne et surtout réfléchie. la mise en scène a beau être simple à première vue, nombre de détails nous donnent à voir une recherche esthétique. La rapidité du montage et les nombreux plans rapprochés qui nous laissent voir la classe des personnages arborant leurs fameuses Rayban, dont chacun possède son modèle favori, créent une ambiance pop moderne dont se dégage une fraîcheur euphorique. Un excellent mélange son et image que j’aime rapprocher d’un groupe de LA qui a fait le buzz avec son tube “Pumped up kicks“, Foster the People. Me demandez pas pourquoi, c’est comme ça. Puis on ne s’en rend pas du tout compte sur les photos, mais l’image de Radiostars est sublime, il y a un jeu avec la lumière et les couleurs, qui moi, ne m’a pas laissé insensible.

Bref, même si j’ai l’impression d’avoir négligé l’aspect comique du film, il faut préciser que Radiostars nous offre un humour massacreur et massacrant à la croisée parfaite du vulgaire et du subtil. Mais, pour moi, la singularité de cette comédie se trouve justement dans son ensemble. L’ensemble est comédie. Parfois on rira à gorge déployée, parfois on ne rira pas, mais ce qui est sûr c’est qu’on sourit pendant 1h40 parce que ce qui se dégage du film, c’est cette fraîcheur, cette bande de pote qui nous volent un sourire constant. On se sent bien. On s’évade, on lâche mais on retient la bride parce qu’on s’assimile. Dans Radiostars, il y a une joie de vivre qui donne au film cette légèreté et offre au spectateur cette même légèreté. Du moins c’était mon cas.
Bref, Radiostars, la surprise d’Avril/Mai, pour moi une vraie pépite, plutôt une étoile filante. Filante, car j’ai cette impression que ce film passe inaperçu, comme bien d’autres que j’ai pu apprécier, compressé par d’autres films et grosses productions que j’ai dus voir (The avengers, Hunger Games) et autres nanars bénéficiant d’une promo hors de prix, donc aux effets hypnotiques voire fascisants. Après, peut-être que je me trompe et que Radiostars a foutrement bien marché, mais à la vue des chiffres mon impression se confirme. En revanche, il a apparemment bénéficié d’un bon bouche-à-oreille, même si de mon côté je n’en ai entendu que très peu parlé.
Radiostars n’est pas qu’un divertissement aux effets lobotomisants, sans cesse dans le “toujours plus”, il est la preuve qu’on peut faire énormément avec peu, encore une fois et quel bonheur !
Le cinéma français a vraiment de beaux jours devant lui, en nous proposant pas mal de belles choses depuis quelques temps.

Chroniques citoyennes

Récits d’un jeune citoyen et d’une jeune citoyenne

Chronique citoyenne

17h24, voilà j’ai déposé une bombe H(umaine) dans cette putain d’enveloppe kraft,
en espérant ne pas être victime de ces quelques catins et de leur rapt.
Un bout d’papier comme de l’anthrax aux effets marabout envers quelques malfrats
encore quelques heures d’entracte et commencera le théâtre,
mais où est le théâtre et quand est l’entracte ?
J’y suis allé avec cet absurde décontract’, déposer dans l’urne ce citizen act
J’ai peur d’avoir fait un pacte avec les loups, que la raison ait fait un pacte avec le diable.
Mais comme dit Solaar : “nous sommes d’attaque. À croire que j’ai raison d’vouloir l’impact avec le diable”
Qu’importe que le parti soit démocrate, je partirais si l’humain raque, pour ne plus faire partie de vos stats.
Non, je craque, je chanterais pour qu’on combatte !

17h04, je demande à la dame “puis-je avoir une démocratie réelle ?”
Elle me rétorque sèchement “nous ne sommes pas dans un fast-food !”
Et je réponds impertinent : “vous admettez que ma requête engraisserait les foules, mettrait du sucre dans les têtes ?”
Elle a le dernier mot, quand elle me dit que je suis fou mais j’ai pensé fort “ouais, aliéné pour désaouler p’t'être !”
Y’a trop d’félonies, alors qu’hier encore j’chantais “je vis” en harmonie avec un café zèbre et une foule rêvant d’utopie.
Impossible alors de me dire “tant pis”.
Je lui demande quelques conseils d’usage, pour avoir l’air sage alors qu’en interne je suis rebelle,
La réponse est escargot, elle a la gueule du manque de sommeil de la veille, camouflée par le rimmel.
Aigrie, elle termine avec quelques tics et m’expédie comme si j’étais désaxé : “vous et votre démocratie réelle feriez mieux d’aller voter”
Pardonnez-moi d’être accès sur l’homme, son avenir, sa liberté et sa beauté !
Créer avant de mourir, l’échec des désaxés.
Je mise sur l’citoyen artiste, il devrait être citoyen moyen,
je crie, je crie, mais y’a pas moyen, nombre d’entre-nous sont devenus autistes.
Je lui cite Youssoupha pour l’éclectisme : mes valeurs je revendique avec ce regard élitiste, qu’elle me pardonne, ou pas.
Puis j’viens là pour bousiller l’élite quitte à élire un unijambiste au lieu d’un tueur de fils.
Sur le fil, je lui crie :”vends-moi du rêve et dis-moi encore que la vie est belle !”
Elle a l’regard sceptique, 17h10, moi statique j’abandonne l’explication de la démocratie réelle.
J’abdique mais en dehors de ce système j’ai de l’espoir à la pelle.
Et je garde mon regard luminaire et je pense à elle puis à Elle.
Au sommet de la sierra maestra, des valises sur la terre, un cigare entre mes lèvres, j’ai des airs d’un Che Guevara !
Me manque que l’béret sur la tête, je l’ai entre les bras.
Mais n’est-ce pas l’uniforme du chef, donc du maître ? Alors mes dents je serre.
“a voté”, ce système chloroforme me désespère. Laissez-moi rêver !
J’ai voté, ôté d’sentiments nocifs mais aussi par culpabilité de ne pouvoir se taire.
“a voté” comme un lambda, déjà vaincu même si convaincu de ses idées.
Mais le jeu est faux, les joueurs fous et flous l’enjeu est fourbe, le but est Forbe, les spectateurs : nous. Je vise la terre des exilés.
Car trop vivotent, chétifs à la dynamique négative se vautrant dans un humanisme grabataire.
Avorté des mascarades de toutes formes, je vais derechef scander mes idéaux révolutionnaires !
Fier, je file à l’air libre et humide qui tapisse ma ville.
Je rêve d’exil, vagabondant je pense l’asile, figure d’alternative.
Ma pensée adolescente s’excite -hop la poubelle j’évite- elle devient mûre et s’active
Tant pis pour ce bout d’papier et au diable “les résultats vont-ils nous satisfaire ?”
Mes paroles seront dans mes actes, je sais ce qu’il me reste à faire.

17h25

LiveAndThink

Art et fact,
14h30 le 22 avril 2012.

D’un pas d’étalon j’ai détalé dans la grande salle,
Et d’une voix bien ajustée ” votre carte ma petite dame ? “
Les oreilles sur le front, prêt à affronter ces yeux,
J’ai sorti le bout d’papier au drapeau rouge,blanc,bleu.

Après un balayage sélectif des bulletins,
cœur à l’ouvrage, enveloppe à la main,
Et voilà qu’entre deux inspirations, dans l’isoloir, expire mon devoir citoyen.

Pour la beauté du geste et la force de conviction,
Pour ne pas être en reste, d’une prise de position,
Sans vulgariser, et sans complexe,
Sans parler de sexe, j’ai mis mes burnes dans cette urne.

” a voté “

En robe, et sans culotte,
D’un geste un peu gauche,
D’une poignée maladroite,
Une signature et sans faire tache, j’ancre un :
” Merci messieurs , beau dimanche en perspective ” en priant évidemment une participation active.

20h.

Les yeux rouges,
Verte du constat,
20% de bleu Marine,
Le drapeau blanc perd de l’éclat.
Je ris jaune,
mon vin rosé comme mes lèvres,
Je lève un vers,
réveille mon coté noir,
Enflammée par cette triste histoire.

La Folie Nécrophage a imposé sa loi, au pays des aveugles les borgnes sont ils les rois ?

Du haut des tours, criez vos droits bande de fous,
Dans l’arène de l’absurde qui tendra la joue ?
Les pions cavalent, y’a de l’enjeu et y’a du taff’,
Mais à ce jeu on distribue les épitaphes :
” Mort pour la France “

Mais que sa couleur, soit noir, jaune, grise ou couleur de votre drapeau,
Non, sainte patrie, tu n’auras pas ma peau.

Alice

Sans eux, c’est sans nous et sans elle…

…Sans elle, c’est sans eux et sans nous… vice versa

Photo de Marie SZKLAREK

La veille de cette journée de citoyenneté quinquennale, je chantais encore “Je vis” en harmonie avec un café zèbre et une foule arc-en-ciel rêvant d’utopie.
D’une tristesse euphorique, je savourais cette suspension de l’instant tout en me projetant bien plus loin que le lendemain. Je rêvais éveillé; émerveillé,  je pensais. Osmose parfaite entre les sens et l’essence.
Le singulier était pluriel, l’hétérogénéité était homogène, le partage inconditionnel, la diversité n’était pas anathème. La musicalité hypnotique marquait un pas militaire tout en entrainant les danses singulières d’un public. Nos applaudissements périodiques battaient de concert, nous étions un et multiple à ce concert. Dans un coin paumé de Haute Normandie, dans une salle à la diversité culturelle cultivée et affichée (de la peinture urbaine sur les murs, une expo), il y avait de tout pour faire un monde : un public éclectique et des artistes. Un minimalisme qui maximisait une dynamique constructive, à l’implicite politique ôté de toutes les peurs. Y’avait-il besoin de plébiscite ? Je nous félicite pour ces quatre heures de bonheur. Quatre heures de société alternative. Quand l’impossible devient possible…
Il a suffit d’un peu de musique pour allumer les briquets et créer un big bang à échelle humaine ! Une impétuosité dont découlait une paix intérieur,  une paix à pouvoir dire d’un calme effrayant, pour l’autre, mais tellement vivifiant pour nous, “je vis”, enfin “je vis“.
Bref, j’ai assisté au concert de Milk Coffee & Sugar (enfin)
Et je mens par omission, un mensonge que je m’empresse de réparer, puisque je ne suis pas produit politique et mascarade médiatique : deux autres groupes ornaient à merveille cette soirée sincère : Un notre parfum et Ben Mazué.

Photo de Marie SZKLAREK

À l’heure où la politique se confond avec une mauvaise publicité pour de la lessive, je prône les évènements culturels comme sociétés alternatives momentanées à échelle réduite, redonnant à la politique ses lettres de noblesse ainsi que son étymologie : des affaires de la cité…
Et ça nous change. Ça nous change de cet absurde quotidien et ça nous change, nous. Un évènement culturel comme prémisse de l’existentialisme : l’existence précède l’essence. Il y avait un avant, dans lequel la foule s’enthousiasmait dans un hall d’entrée, une foule dont les composants humains se rencontraient, se parlaient, se souriaient, se connaissaient. Puis il y avait un après dans lequel on régulait nos sens et puisait l’essence de cette liberté partagée et de cette collective expérience. Un post-évènement qui nous montrait la place de l’artiste : en plein centre; non d’un point de vue égocentrique, mais d’un point de vue social. L’artiste ne servait pas les élucubrations fanatiques encore moins alimentait le rêve et la jalousie de réussite, non, il puisait en nous et nous puisions en lui. Ce rapport adulte entre artiste et public permet d’élever l’œuvre bien au dessus de la simple affaire d’offre et de demande. L’objectif était de viser l’intériorité non la superficialité. Et évidemment il y a eu des demandes, et des offres car les artistes ont bien d’autres talents à offrir, comme des livres par exemple. Des CD’s, des affiches et des livres, là disposés sur un étalage de fortune. Tu viens pour écouter de la musique tu repars avec un livre sous le bras et des rimes plein la tête. Les passerelles sont faites.

Photo de Marie SZKLAREK

Une de mes nouvelles rencontres perçoit dans mon regard ce manque d’essence, cette jalousie fiévreuse de ne pouvoir me procurer quelques p’tites choses entreposées sur l’étalage de fortune (enfin j’enjolive). Ses yeux en ping pong, entre une ‘tite chose et ma personne, elle se lance sans réfléchir et m’achète cette ‘tite chose dans cet élan d’euphorie et de partage. Sans réellement réaliser, je me retrouve avec cette ‘tite chose entre mes mains, je remercie cette personne responsable de ma future découverte. Le soir même je ne peux m’empêcher de parcourir cette ‘tite chose malgré la fatigue…
Cette petite chose est un recueil de textes et chants rédigés par Edgar Sekloka, membre de Milk Coffee & Sugar. Une couverture magnifique, artisanale qui contient un papier de couleur blanc cassé  aux impressions impeccables munies de légers reliefs. Des textes accompagnés d’illustrations style BD qui donnent à cet ouvrage son caractère singulier. Le tout fabriqué et relié à la main. Un recueil intitulé ” ‘tite chose”, un titre à la figure de litote puisque cette ‘tite chose regorge évidement de choses intensément plus grandes. Malgré le geste de ma nouvelle rencontre d’une gentillesse surprenante en 2012, il faut préciser que je citerai à crédit !

Bref, j’ai assisté à un concert de Hip-Hop et j’suis reparti avec un livre sous le bras et les échos musicaux se battaient dans le fond de mes tympans et s’embrouillaient avec les rimes et les voix des teneurs de micros.
“Le hip-hop, une culture, un esprit ! tout ça n’a pas de prix !”
Depuis ce soir là, il s’est passé beaucoup de choses alors je n’ai pas eu le temps de poster ce que je désirais Lundi, je rattrape ça en partageant une ‘tite chose aujourd’hui, en plus de ma chronique.

À croire que les élections se sont déroulées sans elle…

Sans elle

Avoir une idée pourrait me mettre en danger
Alors qu’un pas d’avis m’évite d’en changer
Cultivant la bêtise à ne jamais dévier
C’est le néant du rien que je m’en vais défier

Peu d’esprit, de matière à faire intelligence
J’achète en gros sans regarder à la dépense
J’achète à la pelletée tout ce qui se vend
Tout sauf la pensée : il manque le prix devant

Ce qu’il en coûte aux gens d’offrir leur réflexion
Moi, lève-coude à comptoir, liqueur dépression
l’addition, je crois l’avoir en fait oubliée
Usine Alzheimer, le souvenir ouvrier

Des tas de papiers mais pas une identité
Suis vidé comme un scoop d’aujourd’hui dans Libé
Vide évidant face au miroir, teint somnifère
Regard blanc comateux, suis un brin mortifère

De mes moments d’absence par trop apparents
Me voilà devenir au bas mot transparent
Contour d’une imagerie non développée
Fantôme qu’un corps d’homme aurait enveloppé

Citoyen quand le peuple est un pleutre ordinaire
Un quidam floche neige en un décor d’hiver
Je suis anonyme ami des gens communs
Un être en berne effeuillant son âme témoin.

Edgar Sekloka

De la prostitution

Avant-propos

Alors évidemment le champ lexical utilisé est volontairement choisi et volontairement cru voire dégradant (je n’ai évidemment rien contre les prostitués, vous comprendrez en lisant :) ).
En période électorale, c’est ce thème là qui m’assaille et m’inspire, ainsi que sa redondance, son théâtre et son inertie. Et, à force de lire du Bukowski et du Kerouac, on a juste envie de se lâcher quelque fois et de s’adonner à une vulgarité stylisée et contrôlée, de s’adonner au langage courant tout simplement.
L’idée a déjà dû être exploitée à maintes reprises mais tant pis, je me suis amusé. Il n’y a rien de revendicatif, de consciemment dénonciateur, le fond est même plutôt simpliste mais j’avais envie de publier cette petite réflexion quand même. L’art de me descendre en flamme…

De la prostitution

Les politiques sont des Hors-la-loi.
Ce sont des putes qui racolent.
Elles donnent une bonne partie du montant de leurs passes à leur mac libéral, sinon c’est le passage à tabac, dans les règles de l’art tout en évitant le visage.
Sont-elles, au final, de simples victimes ? Les mains liées, le corps couvert de bleus ? Ou les mains sales ? Victimes ou bourreaux ? Victimes et bourreaux ? Est-ce aussi manichéen ?
Des putes fines psychologues et commerciales, à l’éloquence encore maladroite, qui connaissent notre libido sur le bout des doigts et usent de subtiles stratagèmes, jusqu’aux pipes gratuites pour attirer le chaland.
Nous, clients en crise d’humanité, affichons une libido exacerbée.
Les principes économiques s’appliquant à l’être, l’humanité subissant la rareté, le client est dans l’obligation de payer pour un semblant d’amour, un semblant d’humanité…
Un semblant…
On sélectionne une pute aux critères spécifiques, par manque d’amour, par peur d’abandon, par jalousie, par projection, par habitude.
On la sélectionne pour soi, dominé par une envie d’baiser irrépressible, de l’instant.
On la paie, dominé…Ce qui paie le dominant.
Qu’en est-il du devenir ? Ne sommes-nous que des fidèles revenants ?

Le client paie la pute, la pute paie le mac. Le client paie la pute et le mac, la pute paie en nature et en espèce, elle en garde quelques séquelles. Le client paie de sa personne pour avoir les moyens de payer sa pute. Le client se désape et s’offre pour avoir une place de choix dans ce trio aux sentiments discutables. Il a conscience de cet amour absurde et de la spirale destructrice qu’il engendre. Mais comment s’en dépêtrer ? Tout a été  fait pour que le client voit  dans les bras d’la pute la figure d’la mère, envers laquelle même le doute n’abroge pas ses sentiments irrationnels. Il trouve dans ses bras, une manière de se décharger, de revenir à l’époque de virginité dont l’insouciance et l’innocence étaient l’hymen. La peur et la jalousie des pairs, sans cesse alimentées, nous mettent à nus, nous rendent vulnérables. Une des raisons de l’amour pour la pute. Œdipe sociétal.
Il l’accepte, car la pute lui procure un plaisir, une sécurité, un semblant de liberté, une lueur d’espoir, un semblant d’amour exclusif.
La pute n’a aucun scrupule à augmenter ses prix parce qu’elle sait que le client sera toujours là. Puis, même sans qu’on lui en fasse la demande, augmenter ses prix lui confère une avance sur le mac et donc un train et un style de vie plus acceptables, plus libres. Ce grand rêve partagé !
La pute et la mac se frottent les mains, ils se partagent le butin. Au final, à l’instar d’être le con, on est tous la pute de quelqu’un, il n’y a que le mac qui s’en lave les mains…
De la prostitution, l’asservissement par la peur et le désir. On paie tous pour coucher, on paie tous pour se coucher. On paie tous pour assouvir un désir, atténuer une douleur, oublier une peur.
Qu’en est-il du devenir ? Qu’en est-il de la hauteur ?

LiveAndThink

Petit point sur la campagne électorale

- Nicolas Sarkozy : C’est pas moi c’est les autres.
- François Hollande : C’est pas moi c’est lui ↑ et/ou le mal c’est mal.
- Marine Le Pen : C’est pas moi c’est l’Autre et/ou c’est pas moi, c’est génétique.
- Jean-Luc Mélanchon : C’est pas moi, c’est nous. Et j’vous emmerde !
- Philippe Poutou : C’est clair… C’est pas moi. Je salue mes potes syndicalistes ! Gros poutou !
- Eva Joly (suite à sa chute) : De ?… La ? Présidence ?… De ? -O-O-

Et les autres ? – De ? Quels autres ?

N.B linguistique

Petite remarque que je trouve pour ma part intéressante : en recopiant cette galéjade, le correcteur automatique de WordPress m’indique une faute d’orthographe pour tous les noms de famille des candidats, excepté pour Hollande (vous aurez compris pourquoi) ET, c’est là que cela devient intéressant, Sarkozy.
Second fait intéressant et amusant, en voyant que le nom propre “Sarkozy” était bel et bien reconnu par le correcteur automatique, je fis quelques recherches. Outre l’antonomase évidente dorénavant courante qu’est devenue “Sarkozy” (le sarkozysme, sarkozyste etc.) peut-être que “Sarkozy” avait une signification autre, me demandais-je. Ni une, ni deux, je me dirige vers un dictionnaire encyclopédique en ligne que j’utilise assez souvent : Linternaute.com et je tape dans la barre de recherche “Sarkozy”. Les résultats proposés sont : Nicolas Sarkozy évidemment, mais en première position on me propose l’expression “avoir le cœur sur la main”. Amusant, non ?
Et, dernière remarque, le correcteur automatique WordPress ne reconnaît pas l’antonomase “Sarkozysme”, le sous-ligne en rouge pour m’indiquer une erreur. clique-droit et il corrige en me proposant de remplacer “sarkozysme” par “Sarkozy”.
“Obama” non plus n’est pas sous-ligné par le correcteur automatique.
La conclusion que l’on peut tirer est que même la langue est politique. L’interrogation que l’on peut se poser est que les techniciens s’occupant du correcteur automatique WordPress, ont-ils décidé de faire en fonction de la côte de popularité d’une personnalité, de sa fonction en société (président), du degrés d’ancrage de cette personnalité dans les consciences collectives ? En TAL (Traitement Automatique des Langues) il faut faire des choix. Pour répondre à cette question, prenez tous les chefs d’états des différents pays et écrivez-les sur un logiciel de traitement de texte. On s’aperçoit rapidement que le seul choix de la fonction (donc un facteur plutôt objectif) est à écarter. Il doit y avoir corrélation entre la fonction d’une personnalité, son degrés d’ancrage dans les esprits et évidemment sa notoriété. Vous pouvez également vous laisser prendre au jeu avec toutes les sortes de personnalités politiques, artistiques, scientifiques, people etc.
Et j’ai tenu à préciser “le correcteur automatique de WordPress” car j’ai fait le test avec le logiciel Openoffice, aucune des personnalités politiques que j’ai citée n’est reconnue “correcte” par le correcteur automatique.