Avez-vous gardé votre part d’enfant qui est en vous ?

Pour les visiteurs qui sont allés jusqu’au bout de mon édito : Bravo,
Vous pourrez clamer haut et fort, au monde que vous avez encore votre part d’enfant.
Vous avez fait preuve de curiosité…
Pour les autres comment vous en vouloir ?(Sauf si certains font partis de mes ami(e)s. N’est-ce pas triste de ne pas s’intéresser à ce que font ses ami(e)s ?…)
On ne peut pas tout aimer…Bref

J’ai souvent entendu « Le plus important c’est de garder notre part d’enfant qui est en nous. »
Car une fois adulte, on s’intègre dans la société, on trouve un travail, on fonde une famille, on se marie…
On entre dans l’engrenage, on doit véhiculer, aux autres, l’image que notre vie doit refléter.
On doit supporter le poids de la société et ses conventions, avec le plus grand des sourires.
On ne fait plus de « darass sous alcool » mais des diners entre amis.
On fait davantage attention, malgré nous parfois, à l’heure qu’il est, avec qui on traîne, où l’on sort.
Bref pour certains, on devient, avec le temps, des vieux cons.
Mais si cette vie faisait aussi peur, si elle était aussi atroce que ça pour les jeunes, il n’y aurait pas ce stéréotype du « vieux con » non ? Ça serait qu’une minorité.

Dans la lignée du fameux « carpe diem » ou plus fashion « seize the day », j’entends souvent « il faut garder notre part d’enfant, sinon ça sert à rien ».
Force est de constater que ce leitmotiv est souvent l’excuse pour mener sa vie sans trop faire gaffe. Sans faire gaffe aux autres, à ses responsabilités, sans faire gaffe au monde. S’en foutre est l’extrême, sinon c’est simplement ne pas s’intéresser, ne pas faire preuve de curiosité, se confiner dans son petit cocon.
Une excuse pour mener une vie de caprice et d’égoïsme. Certes un enfant peut être capricieux, certainement égoïste oui, mais ce n’est que la partie émergée du jeune iceberg.
Profiter de la vie et garder son caractère d’enfant ne signifie pas se foutre de tout et de tout le monde, c’est tout l’inverse.
Le paradoxe : On a jamais fait autant d’enfants, tout en prônant ce refrain pour justifier notre nihilisme.
De deux choses l’une, on les éduque donc sans jamais essayer de les comprendre et de les observer puis nous ne voyons pas leur grande sagesse et leçons de vie qu’ils nous apportent.
De là, d’origine, une fois adulte même dans le plus jeune âge, nous sommes des vieux cons…

J’ai parlé de « se poser des questions » dans mon édito, c’est le propre de l’enfant. Tout est dit.
« La vie, l’amour, la mort, la vérité, le bien, le mal ou la gourmandise passionnent les enfants » *
On doit à l’enfant la plus grande leçon philosophique : Avoir rendu célèbre le fameux « Pourquoi ? »
À l’école, des ateliers philosophiques sont mis à disposition pour leur donner la parole.
La question que je me pose c’est « pourquoi ? », après tant mieux, mais les parents ne répondent plus aux questions ? ils s’en foutent ? Ou ils ne peuvent plus car ils ont arrêté de s’intéresser au monde ?
Syllogisme inquiétant : La philosophie effraie les gens, pas les enfants. Les gens ne sont donc plus des enfants.

"Quand on leur demande où ils apprennent le plus, ils répondent souvent: en philo"

« Socrate n’a pas conçu sa méthode pour des philosophes mais en suivant sa mère sage-femme qui aidait à l’enfantement, et au contact de la jeunesse, ceux qu’on nommerait aujourd’hui des adolescents »

« Il semble bien qu’avec l’âge plus rien ne nous étonne. Mais nous perdons là quelque chose d’essentiel et que les philosophes essaient de réveiller en nous
[…] Pour les enfants, le monde et tout ce qui s’y trouve est quelque chose de radicalement neuf, ils n’en reviennent pas.
Il n’en va pas de même pour tous les adultes, puisque la plupart d’entre eux trouvent que le monde n’a rien d’extraordinaire.
[…] Pour le philosophe, homme ou femme, le monde reste quelque chose d’inexplicable, de mystérieux et d’énigmatique.
Les philosophes et les petits enfants ont par conséquent une grande qualité en commun.
[…] Es-tu un enfant qui n’a pas encore assez grandi pour être habitué au monde ? Ou es-tu un philosophe qui peut jurer de ne jamais tomber dans ce travers ?
Si tu secoues la tête en ne t’identifiant ni à l’enfant ni au philosophe c’est parce que tu t’es fait un petit nid tellement douillet que le monde ne t’étonne plus.
Dans ce cas, il y a urgence.
[…] Je ne veux justement pas que tu fasses partie des gens mous ou des indifférents. Je veux que tu vives les yeux grands ouverts. » **

Si ce que je dis est si évident, pourquoi je me sens si seul à en faire la promotion ? (Tiens encore un pourquoi … Pourquoi ?)

N.B : Post de quelqu’un qui n’a ni enfant ni l’envie d’en avoir. Le comble… :). Conclusion : Vivre les grands yeux ouverts ! Le monde est extraordinaire.

* Extrait de l’article « Les philosenfants » Libération. N°9319. Samedi 30 avril 2011.
** Extrait de « Le monde de Sophie ». Jostein Gaarder. Page 96/97

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2 réflexions sur “Avez-vous gardé votre part d’enfant qui est en vous ?

  1. Pour réagir, deux choses.

    Premièrement, si je reprend l’article et simplifie pas mal, être philosophe s’est constamment réfléchir et s’interroger sur le monde qui nous entoure. Partant de là, je ne suis pas d’accord sur le fait de dire que la majorité des adultes ne sont pas philosophes juste parce que le monde ne les étonne plus…

    Le monde reste « quelque chose d’inexplicable » pour eux. Simplement ils ne prennent pas le temps et ne cherchent pas à l’analyser par faignantise et/ou narcissisme. Trop occupé à travailler leur petite image devant le miroir, s’agglutiner par centaines à 7h00 du mat’ devant une grande enseigne pour 10% de réduction sur la dernière inutilité à la mode ou choper un énième plan cul sans intérêt sur Fessebook…

    Au contraire, à force de vivre dans leur petite bulle, le monde qui les entoure les prends constamment par surprise. Les ignorants sont toujours les premiers à tomber des nues quand une défaillance du système survient. Ceux sont également les personnes en première ligne pour se faire arnaquer et manipuler par les médias, marketeux ou escrocs peu scrupuleux. Et lorsque ceux-ci sont victimes, alors que l’évidence serait apparue aux yeux de n’importe quelle personne censée, encore une fois leurs bras leur en tombent… Le pire est que certains ne tirent même pas enseignement de leurs erreurs et récidivent. Un peu de beaux discours et d’illusions et les revoilà gentiment lobotomisés.

    Cependant, il est vrai que certains sont tellement anesthésier qu’ils ne se rendent même pas compte des manoeuvres dont ils sont victimes et continuent leur paisible vie d’ignorance comme des moutons.

    Deuxièmement, ne plus être étonné par le monde, les gens, la société peut aussi découler d’un certain réalisme. Arrivé à un certain age, on a côtoyé beaucoup de personnes d’horizons, de milieux, d’origines, de générations différentes. Avec qui on entretien des relations toutes aussi différentes : simple connaissance, véritable ami, amoureux/se, ennemi, famille, parfait inconnu. Et ce dans des situations déterminées : école, travail, sport, soirée, concert, match de foot… Alors, les comportements futiles des uns, des autres et de la masse peuvent tout simplement ne plus nous surprendre du à l’enchaînement d’expériences vécues et acquises. On a également de quoi les comprendre et les expliquer, cela ne signifie pas qu’on n’y réfléchie pas, mais qu’on n’y a déjà réfléchie.

    De plus, si on a eu la chance d’aller à l’école, d’avoir fait des études assez poussées et d’avoir un travail, alors on connaît un minimum l’Histoire et l’actualité. Les événements présents et futurs ne seront pas si différents de ceux passés : guerres, colonisations, esclavagisme, profit… De même, je pense que de ce côté il est légitime de ne plus être étonné.

    🙂

    • Comment ne pas être d’accord avec vous ! Évidemment qu’il y a une vérité dans ce que vous dites c’est juste que ma vision des choses prend le contre-pied, l’aspect optimiste (peut être trop ?).
      Concernant votre premièrement, quand je dis qu’on ne s’étonne plus du monde (par le biais d’un article de libération donc pas totalement moi, faut rendre à césar ce qui appartient à césar)je parle surtout des « belles/bonnes » choses mais aussi des choses qui sont et qu’on ne voit plus : la nature, la vie dans son aspect global, la science et même l’alimentation. J’ai l’impression en vous lisant de ressentir un certain pessimisme lié certainement à votre expérience de la vie j’imagine. Rien que dans le choix de vos termes 🙂 mais ce qui ne veut pas dire que je pense que rien n’est vrai non. désolé je digresse. Donc Évidemment que ce sont les plus ignorants qui tombent des nues quand une faille du système nous tombe dessus. Pourquoi ? Nous avons tout pris pour acquis, vis à vis de notre société, du monde, avec le refrain récurrent « Bah c’est comme ça » et c’est de ça dont je parle surtout. On nous donne plus le droit de s’étonner ni de sortir des clous car ce refrain « bah c’est comme ça » nous éclate à la face par une certaine majorité d’adultes et de futurs adultes qui voient cet étonnement, ce refus du monde tel qu’il est comme un rêve, une utopie car ils ne s’étonnent plus. Pourquoi ? Car en effet tôt ou tard, la majorité tombe dans le travers d’une vie planifiée, intégrée dans la société, victime de la consommation (devrais-je dire de la mauvaise consommation, j’estime qu’il y a une bonne consommation) rigoureusement ancrée dans notre civilisation… Alors le cercle vicieux de la société nous dévore. Chacun doit s’en sortir dans cette société de capitalisme libérale où c’est chacun sa merde, alors on pense tellement à s’en sortir qu’on oublie tout le reste du monde. C’est un taf à plein temps donc exténuant alors on ne cherche plus à analyser les choses. Et ainsi de suite.

      Je fais le lien avec votre deuxièmement, je ne parle pas que des gens, de nos liens, de nos rencontres, de nos connaissances mais du monde en général, avant d’être une société d’hommes policés il y a un monde en dehors de nous dans lequel nous sommes soumis. Et justement vous parlez d’études, j’ai la chance d’en faire : plus j’apprends et plus je suis étonné bizarrement et plus l’émerveillement me prend les tripes. comme quoi… La vie active nous assène, ce qu’elle nous demande ne coïncide pas avec l’intelligence. La clé (elle l’est pour moi) : se cultiver sans cesse, pour ouvrir son esprit, donc ses yeux et cultiver sa curiosité.
      Et avoir réfléchi à quelque chose ne signifie pas ne plus y réfléchir du tout dans l’avenir, rien est acquis, tout change…Faut juste sans cesse en prendre conscience. Et je pense qu’il n’y a aucune légitimité à ne plus être étonné. Si justement, par les mauvais et bons côtés de nos sociétés, on confère une légitimité à l’absence d’étonnement, légitimer le « Que peut-on y faire », autant tous se tirer une balle un certain 21 décembre 2012.

      Merci de votre réaction en tout cas, ce fut très constructif ;). Je cherche toujours les occasions, les interactions qui me donneront tort concernant l’insensibilité des gens et l’apathie.

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