Lire ou ne pas le lire, c’est là la question…

Affiche de Michal Batory

Évidemment une fausse question pardi !

Pour ma découverte littéraire de ce lundi, nous retournons donc au XVIème siècle (16ème quoi… oui oui c’est ça, qui n’a pas du mal à lire les chiffres romains.) pour parler de William Shakespeare qui, à l’instar d’un Tarantino ou d’un Coluche, nous a légué de nombreuses références, répliques et histoires dans de nombreux domaines. (Les puristes littéraires se retournent la tête « enh il compare Shakespeare à Coluche ! Outrage » … Et alors ?)
Avant tout écrivain/poète, son véritable talent (Malheureusement il ne le saura jamais) est d’avoir influencé tous les domaines artistiques, je pense directement à la littérature (normal) mais aussi au cinéma. Je dis ça, en guise de petit pic (aller sans rancune, on s’aime tous et on est tous des « kikoo lol »), pour une génération de Djeuns qui « seize the day » à coup de « wow trop bien ce film », « trop bien cette chanson » sans réellement savoir et vouloir savoir que ces œuvres tiennent une grande part de leurs influences des chef-d’œuvres du passé. Donc « seize the day  » c’est bien mais « savez-c’qui-y’a dans le passé-pour seize the day en liberté » c’est mieux. Cela n’engage évidemment que moi :). Passons.
Passons également les quelques polémiques concernant la paternité de la totalité des œuvres du génie anglais, pour directement aborder une pièce évidemment devenue classique: Hamlet. Alors, avant toute chose, je voudrais rectifier les causes désastreuses du téléphone « arabe », auquel moi et mes semblables sommes victimes, cause au temps qui passe et aux nombreux raccourcis que nous aimons faire. L’homme (censé être Hamlet) tenant un crâne humain dans sa main, à genoux nous récitant cette fameuse réplique : « être ou ne pas être telle est la question » est totalement erronée. Sans dévoiler le contenu de la pièce, ce sont en fait deux scènes totalement distinctes et qui n’ont rien en commun si ce n’est le personnage principal : Hamlet. VOILA une bonne chose de faite.

Alors Hamlet donc ( Les uns : « Quoi ! il vient seulement de lire Shakespeare », les autres « pfff c’est vieux ça, le truc avec le crâne là et être ou ne pas être… » et d’autres « Ham quoi ? ») Mieux vaut tard que jamais comme on dit.
Bref de quoi ça nous parle Hamlet au fait ? un petit résumé s’impose :
« Le soir venu, le spectre du roi défunt hante les brumes du château d’Elseneur. Il crie vengeance. Honte à son frère Claudius, le lâche assassin ! Hamlet, son fils, a promis…Ce crime ne restera pas impuni. Mais au bord du gouffre, le voilà qui vacille : « Être ou ne pas être ? ». Jeu de miroirs, faux-semblants..;Théâtre dans le théâtre… »
Et voilà le décor est planté, les répliques n’ont plus qu’à faire fumer les planches !
Premièrement pourquoi lire « Hamlet » ? Pour deux raisons qui peuvent paraître totalement absurdes dites comme ça : Parce que c’est Shakespeare, puis ça va de soi, parce que c’est un classique de la littérature. Mais de cette façon, ça ne donne pas du tout envie à ceux qui ne lisent que ponctuellement voire jamais. C’est compréhensible. Mon but justement est de partager à la fois mes découvertes et aussi d’essayer de susciter la curiosité et l’envie, qui commencent de plus en plus à s’effacer en 2011. Alors mon seul remède: en faire une critique à ma sauce avec l’effluve des sentiments qui me caractérise. Levé de rideau !

Donc Hamlet, pardonnez mes digressions,  de bout en bout c’est fabuleux ! Voilà, terminé, finished, terminado… Que dire de plus !
Je vais essayer quand même. Pour commencer, l’histoire et son dénouement sont justes et parfaits, justes parfaits. Alors évidement pour des lecteurs nés au XXème siècle (20ème :D) cela peut sembler parfaitement bateau. Mais tout s’enchaîne très bien, avec de nombreux rebondissements, en somme une histoire construite intelligemment et maîtrisée de bout en bout.
Ensuite le fond et la forme se complètent, forment une alchimie de sorte que, quand on lit, il n’y a aucune gène, aucun faux pas. Tout est fluide. Pour approfondir sur la forme, c’est la 3ème principale raison qui pousse à lire cette œuvre : de la poésie !! Ne serait-ce que pour les tirades et dialogues ça vaut le coup d’œil. Les phrases, évidemment malgré quelques mots plus d’époque, sont dans la totalité, compréhensibles et sont d’une beauté époustouflante. La prose m’a littéralement mis sur le cul. Quand on lit Hamlet on a les yeux qui pétillent si on aime un tant soit peu la beauté des mots. Alors oui je n’apprends rien à certains, c’est sûr.
Ce n’est pas fini, les dialogues sont à la fois totalement décalés (c’est là qu’on sent le véritable humour de Shakespeare), même drôles à certains passages mais surtout touchants. C’est pas compliqué : j’ai souligné au crayon la quasi-totalité des monologues et quelques remarques cinglantes et subversives. Quand on lit Hamlet on est transporté. Sans la voir, on a tendance à réaliser la gestuelle du personnage, à la lecture de sa réplique. La pièce grouille de métaphores qui accentuent la beauté du phrasé, on peut y revenir à deux fois pour en comprendre une. Mais quand on la comprend, nos pupilles sont dilatées et un léger sourire se dessine au coin de la bouche.

Revenons rapidement sur le fond, je ne dévoilerai rien de l’histoire(mise à part quelques tirades) mais plutôt sur ce qu’elle implique. Le vrai talent, celui pour lequel on s’agenouille devant un auteur, c’est de comprendre que ce dernier n’a jamais été à la mode, car justement toujours à la mode. C’est bien connu, les écrivains (les grands) connaissent plus de gloire après leur mort (enfin en fait c’est pas la mort qui cause le succès, mais plutôt le fait qu’ils ne vivent pas encore assez longtemps pour voir que les gens ont enfin compris leurs œuvres). De là, mise à part de son vivant, Shakespeare s’ancre dans l’universel donc le démodé. Sa pièce, pourtant publié en début 1600, soulève des questions et des enjeux totalement (et malheureusement toujours) d’actualité.
Hamlet traite avec habileté du pouvoir au main des hommes et surtout de ce qu’ils sont prêts à faire pour l’obtenir. Il aborde également la trahison et la vengeance, des thèmes clefs de la tragédie et ce, depuis la nuit des temps; mais que la beauté de la prose et des images littéraires de l’auteur, embellissent et rendent intéressants, presque innovants. Bref Shakespeare même de nos jours, fait passer Marc Levy pour un auteur anachronique.

Le tour d’horizon est achevé, même si l’analyse paraît simpliste car il y aurait tellement d’autres choses à dire, l’essentiel est là…
Ah oui, dernière raison non-négligeable pour les non-habitués littéraires : 127. C’est le nombre de pages que compte la pièce, soit un grain de sable, bon: deux grains de sable. Alors si vous n’êtes pas assénés par votre mode de vie, assommés par votre travail et trop occupés par vos séances de ps3/xbox/wii/nintendo (old school !) ou par n’importe quelle chose que vous faites tous les jours, seulement pour vous et par vous, lâchez prise et lisez ce livre. Une évasion.

Avant-goût :

« Fragilité ton nom est femme. »

« Avant même que le sel de ses larmes menteuse eût cessé d’irriter ses yeux rougis, elle s’est mariée ! »

Hamlet :  » Il me semble que je vois mon père ! » – Horatio : « Où donc, monseigneur ? » – Hamlet : « Avec les yeux de ma pensée Horatio. »

« Confiez-le à votre réflexion, mais pas à votre langue. »

« Il reste maintenant à découvrir la cause de cet effet, ou plutôt la cause de ce méfait; car cet effet est le méfait d’une cause. »

« Pour un noble cœur, le plus riche don devient pauvre, quand celui qui donne n’aime plus »

« La beauté aura le pouvoir de faire de la vertu une maquerelle, avant que la vertu ait la force de transformer la beauté à son image. »

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