Aux arts, citoyens !

Ce 15  Juillet, à Avignon, s’est tenu le forum « Aux arts, citoyens » organisé par Libération . Artistes et politiques se sont interrogés et confrontés sur le devenir de la culture à quelques mois de la présidentielle.
Grâce à mon petit hebdomadaire libération que je reçois gratuitement (merci « mon journal offert »), j’ai donc pu être informé de ce forum particulier de ce 15 juillet. Cet évènement m’a intéressé parce qu’il a offert l’opportunité d’ouvrir et d’écouter un débat certainement plus intéressant et d’importance colossale, quant au devenir du citoyen français, que la plupart des news qui font la une et des mascarades politiques pré-électorales (même si cet évènement a bien entendu également servi la cause politique).

Sur le devant de la scène: la culture, avec une grande question « Si vous étiez élu président, vous feriez quoi pour la culture ? ». Pourquoi cet intérêt soudain pour la  culture ? Ça semble évident, la crise que nous connaissons ne touche bien évidemment pas que nos petits portefeuilles, mais également tout ce qui est censé nous remplir la tête, nous émerveiller, nous rendre vivant, nous faire comprendre le monde dans lequel on vit, en bref tout ce qui nous rend humain.
Revenons donc à ce forum. D’un genre particulier, il confrontait six artistes à six personnalités politiques. L’ambiance était plutôt décontracte et surtout ôtée de ce cinéma politique quotidien, dont les protagonistes, en prestation perpétuelle, ne cessent de s’écouter parler en se regardant le nombril, habités par de nombreuses mimiques qui pourront ravir les experts en communication non-verbale. Parmi les artistes on pouvait y voir Christophe Honoré, un cinéaste (Les chansons d’amour, Dans paris, Non ma fille tu n’iras pas danser), Denis Podalydès (Ironie ? Pour ceux qui ne comprennent pas, cet acteur a incarné notre cher président Nicolas Sarkozy dans le film La conquête), Frédéric Fisbach, un metteur en scène ou encore Stanislas Nordey, comédien. Face à ces artistes, on trouvait donc Martine Aubry, Jean-Luc Mélenchon ou encore Aurélie Filippetti, députée PS de Marseille.

Pourquoi créer ce lien entre culture et politique ? D’une part, car cela ne mange pas de pain, ça ne risque pas de faire de mal. D’autre part, ce qui constitue le malaise actuel de la culture « c’est précisément d’avoir été mise à part de la vie, comme si le vivre ensemble de la politique n’avait aucun rapport avec la représentation qu’on se fait du monde ». De mon point de vue, les conséquences et actions qui ressortiront de ce forum seront quasi-inexistantes. Mais cet article m’a permis de me conforter dans mon idée, que la culture est l’une des clefs pour ouvrir une porte de sortie, de cette crise humanitaire. Que cette culture est à la fois tellement là, mais tellement mal transmise qu’elle n’est en fait plus là. Comme si se cultiver était devenu une mode démodée ou un trop-plein de quelque chose, qui nous fait soupirer chaque fois qu’on aperçoit ses bras chaleureux. Comme si comprendre le monde c’était has-been. Comme si on rabâchait quelque chose d’inutile et d’évident: « comprendre le monde ah ah mais tout le monde sait comment fonctionne le monde ». À en voir l’état déplorable dans lequel se trouve la réflexion et les mentalités j’en doute fort. Mais je ne cesse d’être optimiste, malgré un pessimisme de fait que je ne peux nier, car je sais que nous sommes forts, seulement en cet instant notre force, elle dort. Vous savez ce qu’on dit, il faut se méfier de l’eau qui dort. Je n’ai jamais été aussi heureux d’être méfiant.

« Jean-Luc Mélenchon, avouant volontiers son « matérialisme historique » avait convoqué le totem, le tabou et la boétie (Discours de la servitude volontaire) pour clouer au pilori la « culture globalitaire » du capitalisme: domination masculine, dégoût de soi et des autres, violence, entre autres… »

« Philippe Meirieu, spécialiste de l’éducation, propose d’insister dans le cadre de celle-ci sur la « dimension culturelle des savoirs » ce qui lui permet de définir le mot « culture » non comme un produit mais comme un processus d’échange »

Philippe Meirieu :  « Nous sommes assujettis à ne plus enseigner mais à reproduire, les choses et les gens ne valent plus que par leur employabilité »

« Christophe Honoré notant l’absence tonitruante du mot « art » dans les trente engagements du PS »

À titre d’opinion personnelle, ce n’est certainement pas dans l’intérêt de notre gouvernement actuel de faire sortir de la fange la culture, de la rendre accessible à tous et de  nous offrir un système scolaire digne de ce nom. De le dire publiquement dans un but électoral, oui, de le faire… Il y a qu’à voir les réformes… Et l’état actuel de notre système d’éducation. Notre gouvernement dit « citoyen », parle de « démocratie », d’égalité des chances, de diversité, de liberté, de droits de l’homme. Mais il agit pour servir des intérêts mondiaux, un monde globalisé, une économie (non une humanité) où l’être humain n’est qu’un rouage, voire un reste de steak entre les dents: gênant. Il façonne un être qui n’est plus qu’avoir. Alors le gouvernement a de l’éloquence, tient de beaux discours certes, mais il ne connait pas bien sa conjugaison et confond le verbe et ses sujets.
Il dit liberté, il ne fait qu’assujettir et être l’instigateur du décervelage général. La liberté est devenue comme le temps: de l’argent, alors pourquoi en perdre encore ? On est en crise. Et la liberté c’est d’être libre de se cultiver, pour comprendre le monde. Car comprendre le monde c’est être libre, libre de le faire évoluer, de ne pas accepter son état. Nous en avons marre du gouvernement ? Nous pensons que le droit de vote ne suffit pas, voire n’est pas effectif ? Alors prenons les armes (non-violentes et réfléchies) et les arts, allons là où le gouvernement ne nous attend pas , vers une révolte culturelle. Le j’m’en foutisme, le pessimisme, le nihilisme et la complaisance dans sa « petite vie » n’ont fait que servir ses causes et alimenter l’ignorance d’années en années… Là encore ce n’est pas une critique que je développe par intérêt personnel, regardons autour de nous… C’est un constat. Un constat qui deviendra historique, une Histoire qu’on aura laisser faire. Et le pire, c’est qu’on a toutes les cartes en main…

Alors aux arts, citoyens !

Je mets à disposition le lien de l’article Libération, N° 9385: Si vous étiez élu président, vous feriez quoi pour la culture ?

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