Les yeux sur le monde, je matte.

Cette beauté m’exalte ! Debout, les yeux rivés sur le monde, je matte…
Non la beauté d’une femme, sujet trop familièrement singulier, ni le Beau d’une œuvre d’art, thème subjectivement trop vaste.
Plutôt en pleine contemplation d’un spectacle beaucoup plus grand, puissant, intensément plus classe.
Bouche bée, la tête inclinée, les yeux au ciel; mélange bleuté, orangé, je prends une claque;
L’esprit dans ce panorama étoilé, pourtant à tendance terre à terre.
Plus ma vision s’étend et se fixe, plus mon être s’étale sur l’asphalte, sensation magique.
Si petit, si impuissant, face à cette infime partie de monde que je matte, je m’exalte.
J’ouvre mes oreilles, profite de mes yeux, monte mes paumes vers les cieux,
mélange des sens, cette sensation a un goût si délicieux.
Synesthète, tu m’étonnes, à la vue de cette fantasmagorie au dessus de me tête.
C’est si inimaginablement majestueux et à la fois merveilleux ce qu’elle nous donne.
Ce silence additionné à cette vision, apaise, revigore mon être.
Malheureusement, un jour peut-être…et ça, de façon nette…
Nous ne sommes que de passage, on le dit jamais assez, certes.
Nomades inconscients, avec essentiellement en tête : nos propres êtres,
Tellement superficiels. Mais à quoi bon, le temps nous est compté, le compte à rebours est lancé.
L’ironie, tout comme notre fatalité est toute tracée.
L’amour inconditionnel, impossible entre nous et elle. On ne vit qu’une vie mais elle aussi ! Est-ce juste ? Juste une connerie !
Je suis aux premières loges de cette ignominie.
Est-ce juste ? Mais là est le bon questionnement.
« Quelle vanité, on est pur néant ! » , à présent je comprends…
Ma bulle éclate, mon air rêveur s’efface ! Putain, quelle claque ! À genoux sur l’asphalte…

Liveandthink

Mais… Il y a le contre-poids de ce rêve éveillé, son cauchemar vérité


Penser que l’air est pur, si l’on part, est ignominie.
Car là-bas, est le miroir de nos vies.
Les paysages sont aussi gris qu’ici.
Serait-ce trop tard ? Est-ce ainsi ?

La tâche noire est l’homme money money.
Moderne l’homme et sa petite vie.
S’attache au désespoir et menotte l’envie.
L’occident se terre, c’est un cercle fini.
Déjà-vu infini, on vote l’ennuie.
Là-bas, la nuit je grelotte et je fuis.

Là-bas ou ici, l’air est impur, car l’homme tourne à vide.
Avide de tout, trop-plein de rien, humain-besoin est un tue-la-vie.
Loin d’ici est la perfidie, la terre est ronde car il donne le tournis.
Penser que l’air est pur, si l’on part, est ignominie.
Tant que l’homme d’aujourd’hui tapisse les villes.
Touriste au regard vide, il sourit de ses intérêts vils.

Nos voyages cupides portent la marque de nos tombes.
Avec l’âge, ci-gît l’autre monde.
Par sagesse furibonde, notre ronde est moribonde.
Par notre modernité, l’ici et là-bas sont ternis.
Car la terre est vernie de nos mondanités.
S’est terni le verre et la pierre de nos bons esprits.
S’éternisent le gris de la suit-case, le vert du profit.
Au profit de la terre mère, du bleu, du vert de là-bas et d’ici.

Il est temps de changer, nos maux faut panser,
Nos mots nous dispersent, le pansement est léger.
Nos yeux sont baissés, nos mains au porte-monnaie.
Nos pieds retournés, les chemins sont biaisés.
Nous avons arrêté de vivre, donc de penser.
Les monuments juste flashés, sont-ils contemplés ?
Vive la collecte, toujours question de quantité.
Les yeux au ciel, c’est qu’un avion vient tout péter.

Là-bas, les pierres sont plus rouges que nos cœurs froids.
C’est que, la moderne histoire fait contre-poids.
J’aime sentir sous l’épiderme la vie d’un passé.
Alors que l’homme moderne ne fait que passer.
trépassé est l’Ancêtre, piétinées sont ses idées.
Sans avoir l’idée de se retourner, on prend son Nikon l’air hébété.
L’homme est plastifié par ses souvenirs achetés.
Cette boule de neige belge sur sa cheminée, 2€ est cacheté
Ce n’est pas l’église mais le beffroi qui est miniaturisé.
Ne fallait-il pas lire au lieu d’acheter ?

J’ai les M.A.U.X autant que le M.O.T
À l’instant T, ces rues pavées ont l’amertume d’un noir café.
Qu’a fait l’être actuel si ce n’est briser l’éternité.
Sa beauté éternelle n’est-elle pas à cristalliser ?
Lisez-vous l’histoire, ne cessez-vous pas de voir ?
La Venise belge n’est-elle pas plus belle que le crédit mutuel ?
La contre-nature humaine contre le naturel…

Liveandthink

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