Post-it linéaire

Le problème avec la vie, c’est qu’on nous fait croire que c’était notre choix,
ce certain style de vie qui nous met en émoi.
On ne peut cracher sur nos pairs, certes, puisque de toute façon cela se compte en millénaire.
Mais ce qu’il y a de bien avec la vie, c’est qu’elle a de l’intérêt.
De nos rêves, aux ambitions, jusqu’à la creusée du monde. De nos libres choix, jusqu’à l’entrée dans la tombe,
Ça, c’est du lourd, c’est ça qui est bon.
Puisqu’on le sait « l’existence précède l’essence »… Alors vivons !
Pourtant, le monde nous renvoie simplement son reflet. Alors on ne pense pas, l’impression qu’on ne chemine plus.
On se laisse porter, en attendant son trépas.
Alors, bien évidemment je ne généralise pas, je parle d’une majorité, d’une minorité, que sais-je, je ne sais plus…
Vous, où vous situez-vous ?

Hum, alors:
– Diplôme à 20, 1 an de stage donc travail demain.
– 3 ans d’amour, vie de couple, 2ème chat, nouvelle déco, des stickers.
– Regarde notre nid douillet.
– Progéniture à 25, nous sommes heureux.
– Un nouvel appart serait bien en haut de la rue Neveu.
– 30 ans, toutes mes dents, « tu gagnes combien ? » 1700 balles, 2 enfants.
– Ne pas oublier d’aller déposer des fleurs sur la tombe de maman…

Comme écrire sur un post-it, certaines choses en caractère gras.
Même la couleur jaune vif est plus clinquante.
Tu penses que la vie s’acharne, si tu ajoutes un cancer avec ça.
Un matin on se réveille, sans savoir pourquoi on pleure, on a cette boule aux tripes…c’est l’an cinquante.
Comme écrire post-it après post-it, sa vie linéaire, la rédiger si vite, cela ne vous tourmente pas ?
Il faut admettre, certes, que chacun s’en sort.
Mais, on a ce goût amer d’un manque de diversité, d’avoir trop vécu pour les autres jusqu’à la mort.
Faites perdurer l’altruisme, évidemment que j’adhère.
Pourtant, je persiste à croire qu’un peu plus d’égoïsme et ce sont de meilleures rames qu’on choisit pour traverser la mer.
D’un claquement de doigts, pschitt, nos rêves partent en fumée, tout comme notre jeunesse.
Nous sommes à la chaîne, c’est cette inertie qui nous traverse.
Tel un produit, commun et universel, qui une fois fabriqué, dans le bac, tombe à la renverse.
C’est un meurtre de vie qui nous assène.

Live and Think

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