Sous ma douche mes idées viennent m’habiller

I

C’est sous ma douche que, logiquement, je suis le plus dénudé.
L’eau est éjectée de ma bouche, pendant que mes idées viennent m’habiller.
La vérité qui en découle, c’est que j’ai croqué la pomme.
Mon esprit s’est mouillé, et me lave de la saleté par mégaphone.

Il n’y a rien de louche, j’efface les couches de crasse
Je lustre mon amour-propre et fait briller mon amour de l’art.
Ces vers ne luisent pas de l’amour dollar.
Puisque je suis sous la douche et c’est l’innocence qui me touche.
Ce n’est pas le vice, juste le caprice de mes idées qui, de moi, s’empare.

Mon esprit se joue de moi, ce sont des tilts qui me couvrent.
C’est un coma d’idéal, mon temps se fige, pendant que l’eau s’écoule.
Comme dans un cartoon, j’ai au dessus de ma tête une famille d’ampoule.
La douche est une poule, ça paraît fou, mais c’est bien elle qui me couve.
À croire que l’eau est une muse, même si cela m’amuse, c’est un moment que je redoute.
De mes vers à mes rêves, à ses pensées furtives, sous l’eau je trace des routes.
Ces minutes pensives, sont furtives mais loin d’être futiles, cela me déroute.
Alors c’est dans le doute que je prends ma douche par peur d’oublier.
Mais au final j’en ai rien à foutre, c’est chaque jour que je me laisse imbiber.
Je suis la victime de mes idées, alors c’est dans ma douche que je les laisse couler.

II

À l’instant où le robinet se lève, s’actionne le levier de ma créativité
La sève miséreuse ruisselle par tonne, dans ce trou noir mystérieux,
Comme le sang de Marion, dans un Psychose bicolore; je suis effrayé.
Les calamités s’estompent pour laisser place aux rêveries de ce jeune ambitieux.
Mais, quelques gouttes en guise de voile, m’obstrue les yeux et la bouche,
ce liquide est sentencieux.
Paradoxe humaniste, c’est bien grâce à ma douche que j’entends mieux.
Solitude libératrice, je vole au dessus du vice, l’eau ô déesse, est ma pénitence.
Attitude en inertie, ce génie qui batifole, m’offre la totalité de mes sens.
J’ai de nouveau mon innocence adolescente, ma douche, sans avoir de sens, fait preuve de décence.

Mes pensées loin d’être mornes, filent dans la vapeur filiforme.
Ce qui est énorme, c’est de pallier l’amorphe du dehors et ses peurs chloroformes.
Créatif voire presque autiste est mon esprit, olympique devient ma forme.
Le prestige de ma douche est d’être l’homme transporté mais surtout être transformé.
Pourquoi pas être l’Homme de demain de cette société ?
Le monde succombe à mes discours et s’épanouit dans mon humanité.
Ma cellule carrelée, où calcaire et h2o sont mêlés, fait que la colombe peut s’envoler.
Le système a volé mes rêves, ces 10 min de trêves me rendent mes rêves de vie.
C’est en me frottant, mains savonnées, que je fais apparaître mes utopies.
Refaire le monde dans ma douche, n’est rien pour vous, juste une connerie.
Sec et pomponné, un pied dehors, ma solitude et mes qualités deviennent supplice.
Ma douche, ce caisson d’oxygène, est un second souffle contre mes maux qui me ternissent.
Malgré vos artifices odorants, un vernis camouflant, cette burqa non-voyante, la crasse s’enlise, c’est évident.
Notre bêtise s’éternise, nous sommes devenus une œuvre surréaliste.
Debout, la pomme en abat-jour, je gobe la pilule rouge qui m’efface de la matrice.
Meilleur je suis, par la grâce de mes artifices de propreté qui nettoie cette crasse embourbée.
L’eau quand elle me touche, est un besoin, elle me redonne tout, pensant que j’n’avais besoin de rien.
Puisque j’avais tout et c’est dans ma douche que la vérité m’éclabousse: avant je n’étais rien.
Ma peau vire à l’écarlate, du flux diluvien je m’écarte, la nostalgie me frappe car sous l’eau je m’éclate.
Malgré cette douche froide, C’est par l’effort que mes mains sont moites.
Dans le réel, je comate, c’est dans ma douche que les brèches je colmate
Car ma douche est un plus salutaire dans laquelle je prends des claques.

Tss, j’avais tout en prenant ma douche et pouf ! j’ai tout perdu aussi vite que j’ai éteint mon robinet,
je suis fantasque.

III

Nu comme un vers, je ne pense pas aux conséquences de mes pensées solitaires.
Comment penser que mes vers peuvent m’emmener à mille lieux de l’ordinaire.
Qu’une fois habillé de tissus ternes, la société me voit comme un petit homme vert ?
Je ne parle pas que de leur contenu révolutionnaire.
Mes idées, additionnées au lieu où elles sont pensées, ruissellent vers le pervers.
Mais, sous ma douche, j’ai tellement d’idées comment ne pas en parler ?
J’en parle comme si de rien n’était, et certains regards font mouche.
Ci ou ça, j’ai pu penser, cela peut me donner l’air louche.
Il peut régner une atmosphère de gêne, ni une ni deux je ferme ma bouche.
« Tiens, il y a deux jours, j’ai pensé à toi sous ma douche ».
Oups…

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