Code plastique, sémiologique, linguistique, dénotation, connotation, logotype…

…  Politique. Ami(e)s communicants bien le bonjour !

Roland Barthes, fondateur de l’analyse d’image

La communication, au sens large mais professionnel, connaît une forte expansion depuis bien quelques années et a investi pratiquement tous les domaines et secteurs. Et, dorénavant, de manière plus visible et dynamique, la communication est un acteur majeur et incontournable en politique. Véritables psychologues et sociologues, les communicants  jouent de leurs talents afin de créer, orienter, cibler les discours de nos chères voix du peuple. Véritables collaborateurs voire bras droits des politiques, les professionnels de la communication participent à l’élaboration de campagnes électorales mais aussi à la création de logotypes et bien évidemment à la rédaction des discours politiques.
Les communicants maîtrisent parfaitement l’ensemble des canaux, aussi bien l’écrit, l’oral que le visuel et possèdent une connaissance étendue des différents médias: TV, radio, presse, internet, cinéma et mobile. Jusque-là, l’évidence pointe son nez et la profession paraît accessible à n’importe quel individu lambda. Sauf que, là où le travail des professionnels de la communication est impressionnant, c’est que ces derniers jouent sans cesse et avec dextérité sur deux tableaux: l’explicite et l’implicite, ce qu’on voit/entend/sent et ce que cela signifie, la dénotation et la connotation. Au fond, un message communiqué peut en cacher un autre. Ils savent comment lancer la passerelle entre le conscient, le tout de suite et l’inconscient d’un individu, le latent.
À l’affut et au courant de la mode, des différentes tendances mais aussi des évolutions linguistiques et visuelles, les communicants sont passés maître dans l’art de la rhétorique et maîtrisent avec justesse les trois codes incontournables d’une bonne campagne de communication: codes plastiques, linguistiques et sémiologiques. Ce dernier, devenu véritable discipline, qui est la sémiologie, a été créée par Émile Littré au XIXème. En premier lieu, la sémiologie se rapportait à la médecine puis a été reprise par le célèbre linguiste Ferdinand De Saussure, fondateur du structuralisme. La sémiologie est, au sens large, l’étude du signe. L’un des acteurs contemporains majeur de cette discipline, fut l’écrivain et sémiologue français: Roland Barthes. Cette petite digression historique servait simplement à démontrer que la communication (j’entends là, le domaine professionnel) renferme une sorte de complexité et s’élargit à de nombreux domaines.

Rédiger un discours, un article, un argumentaire quel qu’il soit à l’attention d’un public défini ou encore créer un logotype, une identité visuelle n’est pas une tâche aussi facile et abordable qu’on peut le penser. Car, derrière le travail fini que l’on peut apercevoir sur les panneaux 4 par 3, ou les arrêts de bus, ou encore sur des prospectus commerciaux et politiques, il y a une véritable recherche et un travail d’enquête et de reconnaissance qui a été effectué au préalable mais également un art particulier qui a été aiguisé, celui du storytelling. Ah, le storytelling, la grande tendance que Christian Salmon définissait en 2008 comme la machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits.
Il faut savoir, avant tout, que chaque travail de communication est destiné à un public particulier. Je parlerai, à partir de maintenant, du secteur politique, qui est le vif de mon sujet. De droite ou de gauche, à chaque apparition publique, planifiée ou non, les acteurs politiques ne choisissent pas leurs mots ou leur gestuelle au hasard. Il y a un véritable travail de rédaction et de coaching, orchestré par des professionnels. D’ailleurs, de grands linguistes, philosophes et chercheurs ont participé à la création d’une discipline récente: l’analyse du discours, et les discours politiques sont devenus des exemples types pour arpenter cette discipline. Depuis les années 60, Maingeneau, Benveniste, Austin ou encore Michel Foucault ont participé aux fondements de l’analyse du discours à travers leurs différentes approches et n’ont cessé de chercher ce qu’il y avait au delà des simples mots, au dessus, mais aussi derrière et dessus.


Pour revenir à la sphère politique,certes, la manipulation est omniprésente et je me ferai l’avocat du diable, car la politique médiatisée est une entreprise comme une autre. Elle ne vend pas de voitures ni de chaussures mais des idées, qu’il faut savoir mettre en valeur, faire comprendre, et faire adhérer. Nous avons là, les trois objectifs basiques de communication: Cognitif (le  fait de faire connaître), affectif (le faire aimer) et le conatif (faire agir/adhérer).
Pour accomplir ce travail de titan et réaliser ces objectifs, les professionnels de la communication doivent avoir connaissance du public auquel ils s’adressent, ils doivent jouer sur les représentations, les stéréotypes, les images et valeurs sociales ainsi que sur les couleurs et le langage, rien que ça. Chaque couche sociale, chaque groupe social a des attributs qui lui sont propres, des codes, des valeurs, un langage… Certains s’empresseront de prendre ce contre pied car en effet chacun est singulier, d’autres n’y croiront tout simplement pas et pourtant chaque groupe social, chaque communauté pris en tant que groupe et non d’individus (la nuance est de taille) partage des traits homogènes. Les professionnels de la communication ont connaissance de ces attributs et savent choisir les outils, éléments et mots qui font mouche. C’est pour cela que, de mon point de vue, ces professionnels sont de véritables psychologues et sociologues qui ne servent évidemment pas la même cause…

De là, la majorité d’un travail de communication n’est pas due au hasard. Même si, je pense, qu’en communication, il y a également l’effet « analyse d’œuvre littéraire d’auteurs célèbres » que nous avons tous fait durant notre scolarité. « L’auteur a voulu dire ça et ça », nous dit le professeur et nous, élève docile, nous écoutions même si on aurait bien voulu avoir la preuve de l’auteur lui-même. Car, au final c’est facile d’analyser et de trouver tout un tas de significations d’un travail littéraire, une fois ce dernier publié ou, en l’occurrence, d’un travail de communication, une fois que le public l’a sous les yeux. Mais il faut se rendre à l’évidence, les communicants ne pondent pas un discours ou une identité visuelle aussi facilement et souvent qu’un homme d’affaires comme Henry Paulson pond un mensonge.
Communication de crise, Lobbying, identité visuelle sont des termes qui reviennent régulièrement dans la sphère médiatique pour parler de politique. Et, après toute cette introduction à la communication que je viens de faire, (je me sentais un peu obligé étant donné que la communication est le domaine dans lequel je me forme et me suis formé), je voulais simplement vous faire partager un article fort intéressant sur les identités visuelles des différents partis politiques. L’auteur François Asselineau, nous fournit une analyse douée d’intérêt mais surtout assez complète et poussée sur les partis politiques principaux: L’UMP, le PS, l’EELV (Europe écologie, les verts) et le Modem. En fait, mon introduction a servi à vous introduire le contenu de cet article. En effet, on y trouve l’analyse des trois codes dont je vous ai parlé plus haut: codes linguistique, sémiologiques et plastiques. De plus,  l’auteur n’omet pas de faire une analyse sémiologique de ces logotypes. Basée sur le travail de Roland Barthes, l’analyse de François Asselineau consiste à décortiquer chaque logo afin d’effectuer un travail de « Dénotation/Connotation ». C’est à dire qu’il prend chaque élément visible de l’identité visuelle d’un des partis politiques, pour en faire l’analyse et en fournir la signification implicite. Une identité visuelle n’est pas seulement un beau logo pour faire joli, mais reflète des valeurs, des idées, une idéologie prônées de manière affirmée ou hypocrite (ici on parle de politique, je vous laisse donc deviner la manière) du propriétaire de cette identité.
Concernant le logo de l’UMP on a très peu de surprise mais l’analyse de l’auteur arrive tout de même à nous mettre sur les rotules. Je vous conseille donc vivement de lire cet article. Et vous serez surpris une fois arrivé à l’analyse du logo de l’EELV. Malgré l’aspect plus complexe et européen abordé, l’auteur nous apprend un grand nombre de choses sur ce parti assez mal connu, au final. Concernant le PS, l’auteur nous propose un rattrapage historique des actions et idées du Parti Socialiste. Son logo en dit long mais ce qui se cache derrière ce dernier en dit encore plus long. Au final, qu’un logo arbore les couleurs américaines (oups françaises pardonnez-moi), une rose rouge, un code couleur tenant de l’orange, aucun logo (ou parti ? ) n’est tout blanc. L’analyse est troublante.

ENJOY !

Que signifie les logos des partis politiques ?

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s