« Nous sommes les 99% » – Retour sur ces évènements planétaires, sous-exploités

Avant-propos :

Mardi soir, ce 18/10/2011, je regarde pour la première fois (et surement la dernière) de la semaine le journal télévisé (de France 2, pour informations). Annonce des titres :
La libération de Gilad Shalit, La menace de l’agence Moody’s sur la France, elle risque de perdre son triple A, avec la question, pas du tout dirigée, « sommes-nous au pied du mur? ». Puis, la réponse de Nicolas Sarkozy et de l’UMP face à la victoire de François Hollande (une réponse très constructive et cartésienne : on montre un chiffre bien en évidence, sur écran géant, qui symbolisera le coût hypothétique du programme socialiste), ils pilonneront de manière objective et mature le programme qui leur tient tête.
Ensuite, place au reportage d’investigation qui se portera sur « le prix du vol ». Le pourcentage de vol est en hausse. Quelle info de premier ordre.
Pour plus de légèreté (paraît-il, pour les benêts, alors que le sujet qui suit est bien plus noir qu’il n’y paraît) les nouveaux gadgets espions à la James Bond, imitant des insectes.
Sans oublier le sport : Tour de France
Pour finir par cette anecdote, certes atroce, d’un chauffeur de bus qui s’est  fait poignarder (pour surfer sur la vague du contrôleur SNCF et bien montrer à quel point notre monde en décadence croule sous la violence omniprésente).

En débutant ce post, je n’avais pas la certitude de la date à laquelle j’avais visionné le JT de 20h de France 2, alors j’ai également regardé celui du mercredi 19/10/2011 par sécurité. Grâce au site internet et à leurs programmes en streaming, j’ai pu me faire le programme du JT du mercredi et me remémorer celui du mardi afin de le décrire avec précision dans ce post. Mais pour le fun, le JT de 20h du mercredi 19/10/2011 proposait l’actualité suivante : La mort de Marie Dedieu, la crise (tiens donc), sommet à Francfort avec Nicolas Sarkozy. Le retrait des soldats français en Afghanistan. Un vaccin contre le paludisme. Héritage, que faire quand on a pas d’héritier ? (question existentielle). Et pour finir du rugby.
Et là, la phrase d’accroche de David Pujadas me frappe : « Avant de développer ces titres, pendant que le monde va son train »… En effet, il va son train, mais ils ne mettent personne au courant.
Je ne renie pas l’importance de certaines informations, je me questionne sur leur pertinence. J’ai la vague impression que le JT nous sert de l’information pour deux raisons assez délirantes : Nous énerver, soit parce qu’on se fout de l’info diffusée ou l’info ne nous surprend pas dans le mauvais sens du terme (la crise, la présence de l’UMP, ou du PS au choix, dans les médias) ou alors l’info diffusée donne la preuve de la violence insensée qui règne. Et, deuxième raison : nous endormir/abrutir, nous donner un sourire factice. De l’information utile en somme…
On voit clairement le nombrilisme extrême de notre France où les informations diffusées concernent quasi-exclusivement son territoire (Ce qui me pose aucun problème en temps normal, mais j’estime que ces temps-ci ne sont pas normaux et que parler de la hausse du vol en France, en comparaison avec l’évènement que je compte aborder ensuite, c’est se foutre de la gueule du citoyen) et on aperçoit également une certaine futilité compte tenu de ce qui peut se passer dans le monde à l’heure actuelle. Évidemment, l’importance de cette information n’engage que moi, mais bon… Et, pour ceux pour lesquels la télévision est l’unique source d’information, cette actualité passe totalement inaperçue.

Les Indignados, les Indignati, les Anti-Wall Street ou pour les francophones : Les Indignés. C’est leur appellation, fièrement revendiquée. Et, ils occupent le monde depuis le 15 mai 2011. Retour sur ce phénomène sous-exploité.

Ce 15 octobre s’est déroulée « la journée des indignés ». Venus des quatre coins de l’Europe, leur marche s’est achevée à Bruxelles. Espagnols, portugais, suisses, belges, italiens, français, il n’y a aucune discrimination chez ces indignés. Et, depuis une semaine ils occupent les places publiques et financières pour revendiquer « une réelle démocratie » et dénoncer « le pouvoir de l’argent ». Non-violents, ils marchent pancartes à la main et pour certains, masques sur le visage. Ces indignés débattent en ateliers et en assemblés populaires. Depuis cet été, d’autres ont rejoint le mouvement pacifiste et se rassembleront dans près de 900 villes dans le monde. De 20 à 77 ans, ils sont plusieurs centaines de milliers à travers le monde. N’est-ce pas une information importante ? N’est-ce pas les prémisses d’une volonté de changement planétaire ? N’est-ce pas l’expression citoyenne d’un ras-le-bol et d’un point commun entre tous ces peuples ? Beaucoup pensent et disent que cela ne servira à rien, ou encore que ce mouvement sera récupéré par les politiques. Mais de nombreux autres ne sont que vaguement au courant de ce mouvement démocratique et pacifiste. On ne parle pas d’une grève des cheminots de la SNCF, ou les incontournables grèves du personnel de l’éducation nationale. On parle d’une mobilisation citoyenne mondiale, sans restriction professionnelle ou ethnique. En cela j’estime que ce mouvement est des plus pertinents. En ce qui me concerne, peu importe où il mènera, il me met les larmes aux yeux, il est le symbole dont je rêve depuis quelques années. Ce mouvement mondial redonne de l’espoir mais surtout du rêve et de la banane, un cocktail qui nous garde en bonne santé. Alors accrochez-vous car ce post risque d’être long (même si cela reste dans mes habitudes).
À quoi sert internet si on ne peut pas créer du lien et informer. Une tonne de gens sont informés quotidiennement concernant cette actualité, mais encore beaucoup d’individus et de jeunes surtout n’ont pas conscience de ce qui se trame. Et, est-ce légitime et approprié que d’encourager à suivre les actualités de cette indignation planétaire et de l’alimenter à chacun sa manière ? Pour être honnête je m’en fous de l’éthique ! Je fais ce que me dicte ma conscience et mes valeurs, car je veux un monde meilleur. Cela est une raison suffisante à la naissance de mon blog et à l’écriture de ce post.

Je n’en ai pas rien à foutre des autres, de mes semblables, ce qui parfois me fait défaut mais que voulez-vous que je fasse seul ? Que voulez-vous que le monde fasse d’une petite poignée de personnes, alors qu’il veut aller mieux ? Si rien ne change, c’est que la proportion de citoyens militants, n’aura pas été suffisante. Dans ce cas, le système élitiste et oligarchique aura eu raison de nous. Que chacun pense à sa petite vie,  même si le monde brûle, c’était le but. Ici, je ne parle pas d’individualisme  mais d’homicide involontaire (ou volontaire pour les adeptes du complot). Notre système bâti, n’a pas instauré l’individualisme ni assassiné l’altruisme, mais favorisé le clonage zombiesque. Justement l’individualisme est en perdition, et il permet de faire preuve d’introspection afin de se poser des questions existentielles et de ne pas vivre bêtement comme tout le monde. L’altruisme est devenu instrumental et superficiel. Le vivre-ensemble sur une civière, c’est le « vivre comme tout le monde, sans passion, sans question et faire ce qu’on me dit » qui décide de ne pas le réanimer. Le mouvement des indignés redonne les lettres de noblesse à la démocratie dans son sens étymologique : pouvoir au peuple. Ce mouvement goudronne une route, devenue impraticable, la route d’une nouvelle ère, qui c’est. Il me rend optimiste car il créé du lien donc redonne vie à l’humain.

Le mot d’ordre « unis pour un changement global ». En juin, les médias pariaient que les Indignados ne passeraient pas l’été, explique Libération. On est le 21 Octobre 2011 et le mouvement ne fait qu’accroître… Leurs revendications sont un peu floues et abstraites, leurs cris pas forcement creusés philosophiquement, voire plutôt populaires mais ils font mouche parce qu’ils touchent et sont imbibés de sincérité : « Nous refusons d’être des marchandises dans les mains des politiques et des banques » / « Endettés de tous les pays, unissez-vous ! » ou encore l’un des plus médiatisés et repris « Nous sommes les 99%, qui ne tolèrent plus la cupidité et la corruption du 1% »
Les instigateurs de ce mouvement : les espagnols. Pionniers, le 15 mai les « Indignados » campaient sur le place de la Puerta del Sol, à Madrid. Ensuite est venu le tour des « Indignati », les indignés italiens ont planté leurs tentes devant Piazza Affari, la bourse de Milan ou encore place Saint-jean-de-Latran, à Rome. Quelques indignés en Suisse, ou encore en Allemagne et en ce qui concerne les français, Paris est quasi déserte. Les quelques indignés français ont déserté la France pour se joindre au mouvement mondial (les français occupés à quoi ? Où est notre force révolutionnaire et contestataire héritée de nos grandes époques et évènements ?). Par pays, au début de ce manifestation, les indignés n’étaient que (enfin tout est relatif) 5 000 par là, 10 000 par-ci ou même 500 voire moins en Suisse.
Désormais, le mouvement Européen a pris des allures mondiales lorsque la marche a été investie par les américains, grands conservateurs de cultures et de stéréotypes, les citoyens américains se sont indignés (le monde se lève, tic tac, tic tac, la France n’a pas entendu son réveil sonner…)

Mobilisation très touchante : « We Were the 99percent »

Une véritable chaîne humaine s’est formée à Zuccoti Park, dans le sud de Manhattan et est devenue, depuis le 17 septembre, le quartier général des anti-Wall Street, explique encore Libération dans son article « Indignés : c’est la lutte finance ».
« Moi, je suis venu parce que l’américain moyen est en colère face à ce qui se passe, assure David, un professeur remplaçant de New York. Les établissements financiers ont précipité la crise et aujourd’hui tout le monde souffre sauf eux. c’est à nous de réagir ». Comment ne pas être d’accord. « Parce que nous sommes à l’épicentre d’une vague de protestation mondiale contre le monde dans lequel on vit. ». Et le mouvement dorénavant intitulé sur la toile « OccupyWallStreet » prend en masse, en influence et en symbole. Suivi par de nombreux artistes et écrivains, le mouvement américain ne passe pas inaperçu. D’ailleurs, de nombreux écrivains ont mis à disposition une pétition sur le net « OccupyWritters »  que l’on peut signer moyennant une participation de notre part (et non, pas financière, mais personnelle. Soit notre nom, profession et une petite production écrite : un poème, paragraphe, manifeste etc…). Certaines figures artistiques et médiatiques qui se mobilisent, ont un poids considérable en ce qui concerne mon enthousiasme et mon engagement. Je pense, par exemple, au rappeur Lupe Fiasco ou encore au linguiste et philosophe Noam Chomsky (cherchez sur le net, et regardez ces derniers écrits, vous comprendrez son implication.). L’homme politique et écologiste Al Gore soutient également le mouvement. Quittons une seconde les États-Unis, tout en surfant sur la vague des personnalités. À Londres, le fondateur de Wikileaks, Julian Assange s’est exprimé devant 2 000 manifestants, devant la cathédrale Saint Paul.
Internet et notamment les réseaux sociaux, permettent de suivre et d’alimenter ce mouvement planétaire contrairement aux JT. Mais, là encore, j’ai la vague impression que ce mouvement ne touche émotionnellement personne. MOI JE VEUX Y PARTICIPER ET EN PARLER ! C’est une information positive et mondiale qui fleurie la sphère médiatique et qui concerne le citoyen du monde. Ne vous sentez-vous pas concernés par ce mouvement ?

Visuel « OccupyWallStreet »

« People of Europe : Rise Up » , slogan que j’ai pu lire dans un article Agoravox qui faisait le point sur ce mouvement. Bref, il se passe quelque chose, vain ? Inutile ? On ne le saura qu’à son aboutissement. Pour le moment, cette manifestation me réjouit, ravive ma flamme et réactive ma sensibilité, c’est un énorme début.
En écrivant ce post, je fais mon devoir de citoyen et réalise ce qui me semble juste, alors je partage mes informations et mon enthousiasme en espérant que cela puisse en éveiller certains. Il est clair que ce n’est pas en disant « cela ne changera rien »  ou « le monde est pourri » tout en se complaisant dans sa petite vie, à poster des futilités sur Facebook que cela changera effectivement quelque chose. « Je préfère mourir pour une cause que vivre pour rien » clame notre machine de guerre cinématographique, philosophe à ses heures perdues, je parle,bien sûr, du célèbre Rambo, dans le dernier opus. Jeunes, vieux tout le monde est convié et concerné. Je me rappelle d’un temps lycéen où mes semblables étudiants revendiquaient le fait d’être dans la rue, un fait devenu fierté historique. Certains, que j’ai pu rencontrer et même avoir dans ma classe, ne cachaient par leur enthousiasme de voir naître un nouveau 68 qu’ils n’ont pas vécu. Les manifestations contre le CPE en étaient-elles les prémisses ? Là, il s’agit de se battre pour une grande cause, celle d’un changement global et où sont ses étudiants devenus grands ? Bien calés dans leur vie, en famille dans un certain confort ? En économie ? En banque ? Dans le commerce ? On ne sert pas tous le système, et même si on l’alimente et qu’on est ancré en lui, cela n’enlève en rien la légitimité à militer contre lui. Il ne s’agit plus ici de son petit pays mais d’une volonté de changement planétaire et j’ai l’impression que mes comparses français ne montrent pas énormément leur enthousiasme. Enfin, il me semble avoir lu une étude récente, qui révélait que les français étaient les plus aptes au « laisser-faire » et qu’ils préféraient ne pas trop se mouiller. Quelle tristesse. Pour être honnête j’ai presque un sentiment de honte envers notre territoire français qui a perdu sa combativité. Les adultes désabusés et épuisés et les jeunes anesthésiés et désintellecutalisés ? C’est un fait mais non une excuse. Surtout, ce n’est pas aussi simple. Certains attendent l’étincelle peut-être ? J’ai l’impression qu’elle arrive.
Dans un avenir proche, ce sera tous ensemble qu’il faudra lutter si l’on veut du changement. Brisons ce cercle vicieux et lieu commun : « ah bah non, moi j’en ai marre de militer, ça me fait perdre des jours de salaires et des jours de cotisations » sachant qu’on sait tous que les choses ne tournent pas rond. Il faut aller vers le subversif donc le collectif comme dit Malik. Nous nous plaignons du système et au delà de ça, nous n’osons plus bouger le petit doigt, animé par notre désir de révolution, par peur de perdre de l’argent. L’inertie et l’apathie nous font toujours autant perdre de l’argent, ne changent pas les injustices mais surtout ne change rien du tout. Pour voir du changement, il faut faire des sacrifice, cela semble évident. Si l’on est tous dans le même bateau, la même marche, si on sert un projet commun, comme le mouvement des indignés, il se peut qu’on puisse apercevoir un autre horizon, avec de nouvelles valeurs. Ne voulez-vous pas en être les instigateurs ?

« Le partage sauvera le monde ». Belle image de transition étant donné que je mets à disposition tous les liens et sites qui contiennent les informations sur ce sujet, que j’ai pu consulter.

Un mouvement planétaire : Occupé Wall street
OccupyBrussels : 10 000 personnes dans les rues
We were the 99 percent (très intéressant, c’est un site qui met en valeur la campagne avec ce même slogan, on voit beaucoup mieux les clichés de citoyens tenant une pancarte)
Nous sommes les 99% : des mots sur un visage
OccupyWritters on Twitter
OccupyWallStreet (cite très intéressant mais en anglais)
Évolution ou révolution ? avec une accroche que j’aime « après le printemps arabe, un été européen, un automne mondial ? »
Indignés : c’est la lutte finance (Libération)

Et, tout un tas d’informations et d’articles grouillent sur le net et sur les titres de presse connus et « officiels » (le monde, l’express, libé, le canard enchaîné…)

« Regarde ta Rolex, c’est l’heure de la révolte ! »

« L’avenir dépend des Révolutionnaires, mais se moque bien des petits révoltés. L’avenir ne veut, ni feu, ni sang, ni guerre. Ne soit pas de ceux-là qui vont le lui donner
…Hâtons-nous d’espérer, marchons aux lendemains, tendons une main qui ne soit pas fermée » [Jacques Brel]

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