« The protester »

From the Arab Spring to Athens from Occupy Wall Street to Moscow

Se méfier de l’eau qui dort et continuer de croire, qu’agitée, elle coupera la roche comme du papier.

Oui, on a la vague impression que l’effet « indignés » est passé, un simple effet de mode en somme, qui en a réjouit plus d’un. Certains investis, d’autres excités, par des sentiments forts voire excessifs mais passagers, comme une indescriptible envie d’acheter cette nouvelle paire de chaussures.  Voilà à quoi pourrait s’apparenter le mouvement mondial des indignés.
Pour beaucoup le printemps arabe n’a servi à rien et L’indignation occidentale n’est qu’un mouvement fashion orchestré par des hippies et/ou des ados en manque de d’adrénaline, arborant un T-shirt Che Guevara , qui  plantent leurs tentes sur les places publiques dans le but de dire « j’y étais ! ». Un manichéisme inutile mais un scepticisme dont il faut se parer.
En effet, un article de Rue89 clame « Ces gens ont déjà changé l’histoire. Ils changeront l’histoire à venir » mais force est de constater qu’en réalité, rien n’a réellement changé. Cette manifestation globalisée s’est peut-être même vu être instrumentalisée. « Les indignés », une aubaine pour la presse, qui exagère en optimisme ou en pessimisme, soucieuse de délivrer quelque chose de croustillant. Soutient-elle réellement l’indignation ou la logique du chiffre. Les banques ont-elles tressailli ? La politique a-t-elle revu sa ligne de conduite ? La démocratie a-elle repris ses fondements ? Les pays arabes ont-ils réellement mis en marche une démocratie, ou un écran de fumée ? Les citoyens de tous les jours ont-ils retiré quelque chose ? Les laissés pour compte, les chômeurs, les clodos, les crèves la dalle vivent-ils mieux ? Il faut être réaliste, la réponse est non !
Pourquoi ? Parce que là encore, du sceptique, au fanatique en passant par le j’men foutiste, on a préféré la division plutôt que la coalition. La personne qui a un boulot, un logement, un salaire « normal », une petite vie presque tranquille ou la personne en fin de cursus confiant d’entrer dans le monde du travail qu’est ce que ça peut lui faire de changer quelque chose à un système qui l’enchaîne (il ne le sait pas encore) mais qui lui rend bien pour le moment ? Cette personne a beaucoup trop de choses à perdre ! Et il y a celui que j’appelle le sceptique, la plupart du temps jamais optimiste en ce qui concerne la moindre volonté de changement, car celle-ci toujours mal orchestrée et instrumentalisée, alors il ne fait que constater l’obscurité. Se faisant prendre à son propre jeu, se déclarant « véritable indigné » lui aussi, il ne fait qu’instrumentaliser et servir les intérêts de gens qui ne servent pas les nôtres. Au final rien ne change. Alors on fait quoi ? On reprend sa vie de plus belle, tout en remplissant sa boîte de « de toute façon on changera jamais rien » qui ne fait que rendre aigri plus le temps passe, ou encore, on sert un système parce que c’est comme ça ? C’est ça ?

Toujours se méfier de l’eau qui dort, et même si le mouvement a surfé sur la vague fashion, moi j’y crois encore. Il faut bien commencer quelque part, par quelque chose. Et il ne faut pas oublier le symbole, le symbole est important. Le Times a élu « the protester » personnalité de l’année, même si cela vient d’une presse qui fait certainement plus partie des 1% que des 99, le symbole est là et l’intérêt général envers une volonté de changement n’est pas négligeable. Instrumentalisable oui, mais pas négligeable. Il faut juste être prudent et incorruptible. Quand on plonge dans l’optimiste, presque naïf, il y a toujours les pessimistes pour crever la bulle et quand les pessimistes se retrouvent en première ligne de la foule sentimentale… Il ne reste que le pessimisme. La méfiance, oui mais à outrance, non. Il est essentiel de trouver un juste milieu sans jamais baisser les bras. L’indignation n’est pas morte ! Son symbole non plus.
En revanche, je suis tombé des nues lorsque j’ai vu un reportage sur les « anti-ligne à grande vitesse » qui manifestaient et qui plus est, passaient à la télévision. En ce qui concerne la France, c’est un constat général : en 2011 et ça depuis de longues années on ne sait pas ce que les mots « solidarité » et « coalition » veulent dire. Alors oui, on est révoltés, oui on est solidaire mais essentiellement lorsque ça touche notre petite personne, notre petit confort, nos petits privilèges. Arrêtons ces balivernes en 2011 quand une perche telle que le mouvement mondial des indignés nous est tendue ! Vous voulez changer les choses, rejoignez un mouvement plus subversif et global. Arrêtons de ne penser qu’à notre petite personne, nos petits privilèges quand on sait que ce n’est pas la partie de l’iceberg immergée. Arrêtons de s’attaquer au robinet quand on sait que c’est la source qui est tarie !

Je ne suis pas un hippie qui aime se défoncer et prôner une société égalitaire dans laquelle la ganja serait légalisée, tout en souriant bêtement et en finissant mes phrases par «ah ouais, cool»et je n’étais pas né en 68. En revanche, j’essaie simplement de faire vivre mes idéaux à travers ma vie, et ça depuis peu, je ne suis qu’un étudiant animé par un désir d’indignation, qui, nous en conviendrons tous, est de rigueur, qu’on soit sceptique ou fanatique.
Les sceptiques m’ont fait réfléchir, oui c’est vrai le monde est pourri alors tout est bon pour être déformé, manipulé, mais on apprend rien n’a personne, on est d’accord. Et, évidemment en tant que « véritable » indigné, on se méfie toujours des jeunes contents de faire la « révolution » car c’est fashion !
Mais vous croyez que c’est si simple, vous croyez vous à ce manichéisme malsain ! Comme si les Indignés c’était que des hippies ou des jeunes ado à la trentaine qui plante leurs tentes sur les places publiques et qui se racontent des blagues autour d’un feu en grattant une guitare ! Et même si c’était le cas, envie de dire eux au moins ils font quelque chose.
Nous sommes des paraplégiques qui avons retrouvé l’usage de nos jambes après de longues années de paralysie. Nous avons été tellement asservis que nous boitons quand il s’agit de reprendre la marche. Il faut alors être indulgent et patient. Donc, oui la révolte mondiale est bancale, elle n’est pas au goût de tous et a une marche difforme ! Est-ce une raison pour frotter violemment son pied sur le macadam et s’en aller les mains dans les poches, la tête enfoncée dans nos épaules, sans se retourner mais retourner à nos occupations, que dis-je à leurs occupations ?
Non, et on ne fait que saper l’espoir des plus jeunes qui veulent y croire réellement, des gens comme moi qui essaient de ne pas se faire corrompre, qui croient fermement en leurs idéaux et valeurs mais qui ne savent pas encore où aller ni comment y aller. On ne fait que davantage égarer les esprits, les esprits sains et incandescents. N’est-ce pas ce que veulent la partie adverse contre laquelle militent les Indignés ?
Oui on peut émettre des réserves, il faut toujours se méfier, mais pas au point de faire du surplace sinon c’est un cercle vicieux qui s’installe, comme s’il n’était pas déjà assez installé comme ça.
Alors je vous pose la question, les sceptiques, les accros du contre pied mais également les autres : Que proposez-vous ? QUE PROPOSONS-NOUS ? Pourquoi sceptiques (ou réalistes, certains joueront sur les mots pour y trouver une légitimité) et fanatiques ne feraient pas qu’un ? Les uns dans les autres, les réserves dans les rêves, l’action avec le symbole, l’euphorie adolescente avec le sérieux et le salutaire scepticisme ? Non, suis-je fou ?
Pour beaucoup « vivre ensemble », « une réelle démocratie », « non au pouvoir de l’argent » ne riment qu’avec bons sentiments et « volonté » avec instrumentalisée et peine perdue. Mais, j’ai la certitude qu’on est également beaucoup à penser l’inverse. Non ?

Je préfère garder ma naïveté quitte à tomber de haut que de n’être qu’un désabusé qui n’a qu’une chose : une forte probabilité de finir aigri (si ce n’est pas déjà le cas) que de réellement changer les choses. On aura beau me dire n’importe quoi qui prendra le contre-pied de mon opinion, il vaut mieux allumer une bougie (qu’elle soit aussi petite que sur un gâteau d’anniversaire, pour reprendre l’image de l’enfant un peu naïf) que de ne faire que constater l’obscurité… Quand on a soif il vaut mieux voir le verre à moitié plein, qu’à moitié vide.
Alors je soutiens l’auteur de l’article de Rue89 enjoué (peut-être trop ?) et plein d’espoir : La personnalité de l’année selon le Times : « The protester »

« Soyez résolus à ne plus servir et vous voilà libres »
Étienne de La Boétie – Discours de la servitude volontaire.

Milk Coffee & Sugar – Edgar Sekloka – Ecrits d’Adolescent :

« j’me cache pas, même quand je dis « il » je parle de moi.
Mais comme on est tous la part de l’autre, je crois que je parle de toi, je parle de nous.
Notre individualisme est universel, je parle de tout.
C’est fouilli, c’est brouillon, insurrectionnel, c’est spontané.
Lyrics explicites en  correctionnelle,
Parce que face aux farces de l’ordre je suis la force du bordel. »

https://liveandthink.wordpress.com/indignez-vous/

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s