De quoi parle-t-on ? Résolutions 2012

Révolution 2012
L’humanité s’inquiète, se perd et se vrille mais ne s’attaque pas à l’embolie. L’auteur, armé d’une poésie aiguisée et fulgurante dresse un constat au scalpel et annonce l’embellie !

En ce début d’année 2012, je vous fais part de mon optimisme : La guerre aura bien lieu. Étrange optimisme me direz-vous.
Non celle des banlieues mais la guerre pour l’Homme de demain. Une guerre pendant laquelle l’être vivant combattra afin de reprendre racine et de reprendre son souffle, un souffle de vie, un souffle pour renaître, un souffle pour re-être et faire s’envoler comme une feuille brune, poussée par une brise automnale, l’avoir, l’exclusivité de la possession et des mécanismes qu’elle engendre.
La guerre aura bien lieu. Une guerre, rouge sang, non pour l’aspect sanguinaire et violent d’une guerre qui aura fait d’innombrables victimes, mais une guerre qui redonnera au cœur exsangue sa couleur naturelle : rouge sang et sa vivacité. Une guerre de sang, de sens, d’existence, de confiance, de passion, d’envie, de rêveries et d’élévation. Une guerre pour l’Homme qui perd de sa superbe.
Pour cela, il faut savoir de quoi parle-t-on.
En cette rentrée littéraire (après les 2 premiers jours de 2012, le terme rentrée est approprié) je voudrais faire part d’un prologue que je relis régulièrement tant le fond et la forme me bouleversent. Le fond interpelle, la forme embellie et intensifie.
L’humanité s’inquiète, se perd et se vrille mais ne s’attaque pas à l’embolie. L’auteur, armé d’une poésie aiguisée et fulgurante dresse un constat au scalpel et annonce l’embellie ! L’auteur, Abd Al Malik qui s’essaie pour la seconde fois à la littérature nous offre comme à son habitude  des mots qui déciment l’obscurité et dessinent un plan pour s’évader de ce marasme. Mais, pour être honnête, si l’auteur n’était pas un invité régulier dans ma vie (et un VIP sur ce blog) et un artiste hors-pairs, je doute que je me serais attardé sur cet ouvrage plutôt léger. Évidemment ce n’est pas l’œuvre littéraire du XXIème siècle, mais je doute que c’était son intention. En parlant d’intention : « Les œuvres sont des formes vides, la vie y pénètre par le secret de l’intention », et son œuvre respire à plein poumons, se gorge de vie, justement parce qu’Abd Al Malik en est l’auteur, un auteur qui justifie sa démarche artistique que par l’intention. C’est ce qui en fait un artiste engagé et politique mais surtout un artiste bouleversant et subversif.
« Les mots mènent aux actes.[…] Ils préparent l’âme, la mettent en condition, la poussent à la tendresse. », le problème est que nous en sommes encore qu’aux mots. Quand arriveront les actes pour soigner les maux ? Mais il faut bien commencer par quelque chose, la seule résolution de 2012 est de continuer à faire briller les mots et pour cela les partager !
De La guerre des banlieues n’aura pas lieu, je retiendrai en particulier ce fameux prologue. Abd Al Malik jette, encore, quelques trousseaux de clefs sur nos routes tristement tracées, menant la plupart du temps aux congés et aux supermarchés…
Nous voulons du changement, c’est un fait. Nous sommes encore maladroits dans la façon de faire. Les mots sont là pour l’engendrer. Les mots sont toujours là.

L’auteur annonce la couleur et le récit qui va suivre

Est-ce qu’on parle des banlieues ou est-ce qu’on parle de la France ?
Est-ce qu’on parle d’une partie ou est-ce qu’on parle d’un tout ? De quoi parle-t-on ?
Parce qu’on a peu de temps, les enfants d’hier sont tristement grands.
Projette-t-on nos fantasmes ou expose-t-on les faits ?
Vous parliez de vos fantasmes ?…OK, veuillez m’excuser !
Moi, je parle de l’existence dans le sens du « vivre-ensemble ».
Vous sous-entendez l’argent, moi le vide, la douleur que ça engendre quand t’en as pas, dans un monde où le vêtement fait le regard et le voile.
Vous parliez d’égalité, c’est vrai, je peux témoigner. Mais, dans les faits, où est la mixité sociale ?
Vous dites que la différence est une chance, que c’est la France.
Mais la télé, les postes d’influence ou l’Assemblée ont trop rarement avec nous de la ressemblance.
Je parle de vraisemblance, de reconnaissance, de l’amour inconditionnel que j’ai pour mon pays, la France. Je ne parle pas de vengeance.
Je parle en revanche d’une partie d’elle-même qu’elle stigmatise, précarise, ghettoïse dans les faits.
Forcément  par ignorance… Sciemment, qui est-ce qui à soi-même du mal se ferait ?
Je ne parle pas en tant que Noir, Blanc, Arabe ou Juif.
Je parle en tant que membre de la communauté nationale et de ce que cela implique.
VOILÀ DE QUOI JE PARLE !
Pas de cynisme, pas d’ironie, pas de mauvaise foi.
Mettons qu’on parle d’un gars qui veut louer un appart’ ou qui recherche un emploi.
N’est-ce pas son nom, sa couleur ou son lieu de résidence qui discriminent ?
Je ne pointe pas, ne menace pas.
C’est une mentalité que j’incrimine : celle qui refuse le changement, celle qui refuse de voir que la France aujourd’hui est pareille qu’hier et en même temps autrement.
Ailleurs, c’est un président noir, c’est l’Amérique qui lance un défi au monde.
Nos principes, nos idéaux nous le permettent.
Alors, rentrons dans la ronde !
Et, quand vous parlez de quartiers chauds, de voitures qui brûlent ou de bavures, je ne vois que des êtres sensibles, incohérents parce que dos au mur.
Je ne veux pas que vous ayez pitié, je parle de droit.
Mais cela n’empêche pas qu’il y ait un cœur qui voit.

S’il n’y a pas de justice, il ne peut y avoir de paix.
Mais s’il n’y a pas le dialogue, ne subsiste même pas le regret.
Demandez-vous : comment auriez-vous agi si vous étiez nous ?
Je trouve ça marrant de me demander ce que j’aurais pensé si j’avais été vous !
VOILÀ DE QUOI JE PARLE !
Je ne parle pas que de mon quartier, je parle du futur de mon pays.
Et j’aurais pu parler de la même manière des Projects aux États-Unis, des Favelas au Brésil ou des Townships en Afrique du Sud.
Cités terre-terres similaires, jumelles : les mêmes similitudes.
Les mégapoles dans le monde ont hissé tellement haut la statue de l’ego que, bientôt, elles ne mangeront plus seulement l’avenir de leurs laissés-pour-compte, elles finiront par se bouffer elles-mêmes. De la périphérie au centre !
On analyse, on communique mais on échange peu, s’écoute plus.
On prosélyte ou on s’excite, mais on témoigne peu, partage plus.
Il appartient à chacun de choisir : de regarder, d’accélérer ou de stopper le processus.
En ce sens, le récit qui suit est comme une lettre à Lucilius.
C’est l’histoire ou le conte réaliste d’une expérience vécue.
La rencontre de mondes qui cohabitent mais ne se parlent plus.
La problématique globale est piquée de problèmes singuliers.
Ce qu’a en tête le dealer du coin de la rue ou le ministre aux affaires a une incidence sur l’Humanité.
Quelle voie faut-il donc prendre pour comprendre cela dans sa chair ?
C’est la sagesse qui parle à son prétendant :
« Ô toi amoureux de notre présence, pour celui qui veut nous épouser notre dot est chère ! »
VOILÀ DE QUOI JE PARLE !

Common – The dreamer (feat Maya Angelou)

Common – The Believer (feat John Legend)

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