Alcools

« Trop fâché mais assez IVRE pour sourire,
J’sais pas si l’espoir fait vivre mais moi il m’empêche de mourir,
Et l’amour peut me nourrir, d’un coup mon pouls s’accélère
Je veux être un homme heureux, histoire de chialer comme William Sheller »

I

Je vis de mots doux
Et surtout d’alcools forts.
-Ivre damné.- Initié,
À l’art et philo, âme et vaudou
Boire le vin de la terre à l’amphore.
-Vivre ! Délire d’initié –
Qu’en est-il de vous ?

L’esprit rempli d’or,
J’ai entrepris voyez-vous
Bénéfice à taux fort,
Pourtant, sans être un voyou
Le faible peut être fort
si l’on lui dit tout :
Alcool : Ne serait-ce pas une métaphore ?
Ivre de vivre avant tout
-Ivresses et inimitié-
Je vis intensément car je mords
Comment ? Et où ?
-Voici, mon délit d’initié-

II

Effet d’l’alcool, je raisonne sur tout.
– Quid ?
Résonne alors, l’ascèse de Chamfort,
– Qui ?
Meilleure est toujours la raison du plus fort,
– Oui ?
Buvant l’eau de vie, à quoi pensiez-vous ?

L’esprit rempli d’or,
J’ai entrepris voyez-vous
Bénéfice à taux fort,
Pourtant, sans être un voyou
Le faible peut être fort
si l’on lui dit tout :
Alcool : Ne serait-ce pas une métaphore ?
Ivre de vivre avant tout
-Ivresses et inimitié-
Je vis intensément car je mords
Comment ? Et où ?
-Voici, mon délit d’initié-

Photo de Coraline Paul

III
De Prométhée à la mère de mes ainés,
J’ai zélé, et connu l’enfer !
Exit : un verre, encore un verre.
Un verre Guillaume ?
Encore un vers d’Apollinaire.
Liqueur : voici mon psaume !

Dubitatif ET vanité
Du chétif À l’obésité
Collectif OU intimité
Ah ! Ces voyelles sont à raturer
Me voilà rassuré :
Ni seulement la terre, la vie ou la mort, la mer.
De son nid le corps beau vole plutôt vers.
Ceci est mon fer de lance,
Je n’ai plus de cœur de pierre.
Sermon impie : j’avance.

Qu’en est-il de la guerre ?
Je vois la paix dans le sang du Christ:
Genèse, fêtarde jeunesse, ce millésime 1990.
Comme un baume sur une bosse,
Le vin, comme l’aube, m’a rendu gosse.
Combattre la folie ordinaire
Plongé dans un bon sens minoritaire
L’ivresse, oui l’ivresse s’en va-t-en guerre !

Pénible périple, se parer de fardeau de vie,
Partir d’Antibe pour combattre l’Hydre, suis-je Héraclite ?
– Ah ! Ébriété !-
Un courage qui aide à fixer l’épée d’Damoclès
Ébriété, rapidité dont la mollesse est de douter sans cesse.
-L’erreur est vérité-
Une corbeille remplie d’cidre, le socle humide, j’ai pris une caisse,
Et ôté la vie de l’Hydre en Grèce Antique, suis-je Héraclés ?
-Erreur réparée-

Suis-je fou ? cela reste à prouver !
Mais,

C’est un nouveau désordre,
L’alcool, comme la colle, me racole
et vient me donner des ordres
Son premier commandement : vole !
Moi, délinquant exiguë, mais l’esprit vif
Bêtement j’ai obéi, agi dans l’négatif.
« Il n’y a pas d’amour de vivre sans désespoir de vivre »
Voilà ce que Camus disait,
Alors en solitaire, comme tous, pour l’Histoire j’ai tisé.
La solution mère pour attiser ?
Sans être imbu, oui j’ai bu et j’ai bu jusqu’à devenir ivre.
Avant c’était mécanique, je suis passé de vide à avide;
Se laisser vivre à Vivre, les sens comme seuls vivres !

Coraline Paul

Cliquetis, festif brouhaha : À la votre !
Je questionne R, et les autres, comment arriver en O ?
Vider les verres pour dérégler : JE est un autre.
L’abus, ce Cratyle, donne à ma bouche l’incapacité de ma langue;
Mon cerveau, loin d’être abattu a questionné l’origine de mes mots.
Mes sens, loin d’être exsangues, contrôlent, c’est mon corps qui tangue.
Craintif de l’obscurité, la bouteille accouplée au tissu fut le flambeau.
Par le prisme d’un verre j’ai ainsi vu le beau.
Malgré ça, c’est le tournis, le tournis qui secoue mes mots.

L’esprit rempli d’or,
J’ai entrepris voyez-vous
Bénéfice à taux fort,
Pourtant, sans être un voyou
Le faible peut être fort
si l’on lui dit tout :
Alcool : Ne serait-ce pas une métaphore ?
Ivre de vivre avant tout
-Ivresses et inimitié-
Je vis intensément car je mords
Comment ? Et où ?
-voici, mon délit d’initié-

IV

Quelle heure est-il ? Demande l’impatient.
L’heure de prendre un verre répondis-je insolent.
R, comment aller haut ?
Ne retournais-je pas en arrière,
En posant cette question bateau ?
Je voguais surtout vers,
La vacuité, la mobilité, un cerveau fou, l’ubiquité,
L’être et le néant.
Né en décadence -c’est ce que me disent mes sens- j’ai dansé avec un verre de Jack
Éventré, je suis rentré, après une absence, insom maniac
Prisonnier de mes pas, j’ai vagabondé dans le titre d’un Kerouac.
Étais-je ange ou démon ?
Un clochard sympathique
Victime d’un effet Pygmallion.

Enrhumé, à force d’être dehors, j’étais.
De déboire en déboire, mon deboir me tournait vers un barathon
Atchoum ! Un marathon, mon devoir était,
De boire lentement mais surement ce bourbon.
Élancé, je manquais d’essence. V’là un whisky pédia, on the rock !
Aïe, je me suis mis à mélanger les époques.
Un shot, un shot de mine de crayon. Et v’là,
Que se dessine un dessein à racine de Sequoia !
S’échiner à l’horizontal pour enraciner un paradis
À hauteur d’Homme, dans lequel les bouteilles s’éparpillent,
Un paradis à piller en s’appuyant sur des piliers de vie.
La folie, la folie ! La folie ? Une simple folie de vie,
Berceau de l’humanité, caveau d’une absurdité
L’absinthe est le prêtre, capable d’absoudre les pêchés.

Mon foie embrasse la cirrhose
La cirrhose embrase ma foi,
Afin d’éviter l’ouvrière silicose.
Respirer à plein poumons et crier je t’aime,
Au lieu de cueillir 3 roses jaunes et 6 chrysanthèmes.
3.14, 14.99, 1 2 3 4, 17, les chiffres m’obsèdent
On ne fait que compter et attendre la fin de semaine.
D’inhumanité  et d’automatismes nous sommes obèses
Bonobos, nous répétons sans finesse « carpe diem »
24 en 2007, 11/09, tous réduits à des dates et des objets.
-30 « cling » ! ça fera 209, l’horreur débute dans l’inhumanité,
Où est le 109 ? ajoutez avec ça 1000 grammes de peur,
Chaque pilule est prête à glisser comme dans du beurre.
En guerre et famélique, je n’m’alimente qu’en liqueur.
« bois, vis et baise » me répète Bukowski
Car derrière ces mots se révèlent d’autres mots bien plus exquis.

La folie et l’ivresse ne s’écrivent pas, elles se vivent,
Je souris,  et essaie de décrire pour que mon sentiment survive.
Ne dit-on pas que la vie est une folie ?
Vivant de folie, soyons fols de vie.
-Indicible-
Aucun doute que cette maxime teintée de niaiserie,
Soit la seule passerelle mobile contre l’inertie.
Sers-moi un verre de vin, qui ne connaît pas l’usure.
Ma luxure : le voyage dans lequel chaque image est un symbole, un bol, un calice.
Rêve et réalité : cette ébriété permet ce sentiment de rupture.
Je traverse les millésimes, fends le temps comme une flèche. Le vent est l’impatience : mon vice.
Boire le sang de ma naissance, de l’innocence, de cette enfance donc de mon futur.
Voilà ce qui me traverse l’esprit lorsque je porte à mes lèvres cette rougeâtre mixture datée : 1990

L’esprit rempli d’or,
J’ai entrepris voyez-vous
Bénéfice à taux fort,
Pourtant, sans être un voyou
Le faible peut être fort
si l’on lui dit tout :
Alcool : Ne serait-ce pas une métaphore ?
Ivre de vivre avant tout
-Ivresses et inimitié-
Je vis intensément car je mords
Comment ? Et où ?
-voici, mon délit d’initié-

De la débauche à la débauche.
De cet heureux poivrot à Rimbaud.
De la migraine dont l’origine est le vide,
à la migraine dont l’origine est le trop-plein.

LiveAndThink

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