Tempête existentielle

LiveAndThink manifesto

À présent, seulement et simplement,
Je ne sors plus. Je n’écoute plus de musique. Je ne regarde plus de films. Je ne lis plus.
Je ne contemple pas les paysages, je ne fais pas de ma vie un voyage. Je ne compte plus les âges.
Je ne m’émerveille plus devant cette lumière argentée vespérale. Je n’assouvis plus mes pulsions animales.
Je ne me complais plus dans l’intérêt encore moins dans la gravité.
Je ne désire plus. Je ne m’exalte plus devant ces œuvres d’art. je ne m’acharne plus sur ces connards.
Je ne m’émeus plus. Je ne ris plus. Je n’écris plus.
Je ne gagne plus. Je ne perds plus. Je n’abandonne pas. Je ne pleure plus.
Je ne me douche plus. Je n’essaie plus que mes discours fassent mouche. Je ne harangue plus. Je ne questionne plus.
Je ne partage plus. Je ne parle plus.
Je ne tiens plus à mes envies révolutionnaires. Je ne prends plus l’air.
Je n’aime plus. Je ne baise plus. Je ne mords plus. Je ne me nourris plus. Je ne vous vois plus. Je ne me regarde plus.
Je ne bois plus. je ne dors plus. Je ne rêve plus. je ne pense plus.
Je ne chante plus ce mélopée. Je ne prétends plus être amputé. Je ne bâtis plus cette civilisation développée.
Je n’ai plus de tristes tropismes. Je ne me dirige pas vers les tristes tropiques.
Je ne suis pas. Je ne suis plus. Je ne résiste plus. Je n’existe pas…
À présent, seulement et simplement,
Je ne sors plus. Je n’écoute plus la musique. Je ne regarde plus de films. Je ne lis plus.

Ô amis, je vis ! Je m’enivre, je vis, je m’enivre, je vis, je m’affranchis, je m’enivre, je vis, je vis, je vis.
Les verbes n’ont que trop peu de verve…
L’éloquence est meurtrière. Les cinq sens s’élèvent par l’abondance de vocabulaire, mais le sens du simple de l’existence s’affaisse.
L’éloquence me rassure, mais ne dénature-t-elle pas la simplicité ?
Je vis, paraît vide. Ne faut-il pas s’y plonger -avec assurance tout en doutant de ce choix- pour découvrir les sentiments purs et leur complexité ?

L’existence est le centre d’une tornade, chacun de ses mouvements détruit et aspire chaque débris.
Un va-et-vient, sans mouvement,
De l’inertie sécuritaire au chaos total, imprévisible et indomptable qui la nourrit.
L’absence de mouvement subit cette chienlit.
Rien ne change, tout change.
Lorsque j’agis seulement et simplement, c’est l’existence, immensément, que j’enrichis.
La simplicité se révèle complexe tout comme la complexité se révèle simple.
Rien n’est un, tout est multiple ! Dans un même temps, le multiple est un !
Rien n’est simple et unique.
Un bordel ordonné ! De l’ordre bordélique !
Que règne un désordre dans ces années bien rangées !
Lorsque je lis, tout tremble, comme agiter avec frénésie LES doigts de sa main.
Et il suffit de recroqueviller ses doigts, pour voir apparaître UN poing.
Le complexe et/est le simple. Le Multiple et/est le Un. L’ordre et le désordre. Dans une seule main.
Je ne lis plus. Je ne lis pas seulement et simplement. Je vis. J’agite mes doigts et les recroqueville.
Je n’écoute plus. Je n’écoute pas seulement et simplement. Je vis. J’agite mes doigts et les recroqueville.
Je ne partage plus. Je ne partage pas seulement et simplement. Je vis. J’agite mes doigts et les recroqueville.
La platitude est terrassée par la tornade,
Sa sérénade abat, comme un arbre, ma pâle et passive attitude.
Que règne le relief ! Rien n’est plat tout est convexe.
Rien n’est fade si l’on prend tout sans se vexer.
L’existence est le centre d’une tornade enragée,
qui fait régner le chaos et dans laquelle chaque débris gravite et converge.
Je subis cette pression atmosphérique. Je vis.

LiveAndThink

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2 réflexions sur “Tempête existentielle

  1. Je viens probablement du même monde que toi
    le monde de l’esprit;
    en tout cas,
    j’ai des pensées similaires.
    Chacun est tprnade
    à sa façon.

    Bravo pour ce texte si plein de vérité vrais!

  2. Merci pour cette intervention, qui me va droit au cœur,
    même si, d’une certaine façon, la vérité m’intéresse moins que le devenir, que l’être.
    Mais si tu penses ce texte plein de vérités c’est qu’il te touche avant tout, que tu y vois comme tu le dis des pensées similaires aux tiennes et c’est le principal 🙂

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