Le dernier homme ?

Je me suis rendu malade en prenant conscience des vérités. Donc des mensonges.
Dans cette ascension peu commune, ne suis-je pas, par la même occasion, devenu malheureux dans une réalité dévoilée ?
N’est-ce pas un devenir plus fort que moi ? Sans en faire le choix délibéré, quoiqu’il m’en coûte, je vis pour être, non pour être un songe.
Mais, chacun n’aspire-t-il pas à cette vérité ?
Ne reconnaît-on pas les esclaves modernes à ces contradictions : ce qu’ils pensent et ce qui est, ce qu’ils disent et ce qu’ils font ?
Esclave de s’esclaffer, de travailler,de réussir, de consommer. Esclave d’être toujours occupé. Esclave de ce bonheur imposé.
Osciller entre hypocrisie et cécité. Et un bonheur offert comme un nonosse à ronger, sans y penser.
Ne vise-t-on pas le bonheur avant de savoir qui l’on est ?
Ne nous demande-t-on pas de rire avant d’être, ne nous demande-t-on pas de pleurer avant d’être ?
Ne nous demande-t-on pas de ressentir ci ou ça avant d’être ?
Ne nous demande-t-on pas d’être heureux avant d’être ?
Ne nous demande-t-on pas d’acquiescer avant d’être, ne nous demande-t-on pas de payer avant d’être, d’acheter avant d’être ?
Ne nous demande-t-on pas de choisir avant d’être, de réussir avant d’être ?
Ne nous demande-t-on pas d’être utile et productif avant d’être ?
Ne nous demande-t-on pas d’habiter avant de construire,
De vivre avant de construire notre être ?
Ne nous demande-t-on pas d’être beau et bon sous tout rapport avant d’être ?
Ne nous demande-t-on pas d’oublier avant de bâtir,
De nous détourner, au lieu de détruire et bâtir nos êtres ?
Ne nous demande-t-on pas d’obéir avant d’affranchir notre être ?
Ne nous demande-t-on pas de ne pas nous demander ?
Ne nous demande-t-on pas de courir avant d’être ?
Se consumer avant d’être, au lieu d’être…
Ne nous demande-t-on pas de mourir avant d’être…
De nous demander, n’est-ce pas déjà la figure du maître ?
Ne nous demande-t-on pas trop au lieu d’être ?
Ne vivons-nous pas trop au lieu d’être.
Naître pour ne pas être, c’est là l’aberration.

                     La raison de mon indignation.

Je me suis rendu malade en prenant conscience des vérités. Donc des mensonges.
Je sens, je goûte, je touche, j’écoute, je doute, je vois donc je suis. Mes sens comme éponge.
Dans cette ascension peu commune, ne suis-je pas, par la même occasion, devenu malheureux dans une réalité dévoilée ?
Qu’importe la réponse, pour rien au monde je ne troquerai une vision claire contre un bonheur servant de voile, pour ne pas penser à ce qui est et peut être.
J’ai compris que nos vies étaient déflorées car nos êtres violés dès la naissance… Tremblant de tous mes sens, en ces circonstances, je hurle  comment peut-on être ?
Comment peut-on dire « je suis », avoir l’insouciance de continuer à, soit-disant, être ?
Je suis un Homme. Heureux ou malheureux ? Qu’importe, je veux avant tout rester un Homme. Voilà mon caprice existentiel. Voilà la fondation essence-tielle de ce Homme, sweet home.

LiveAndThink

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