Seconde Nature

I.
À genoux la jeunesse

À genoux la jeunesse à genoux la colère
L’insulte saigne menace ruines
Les caprices n’ont plus leur couronne les fous
Vivent patiemment dans le pays de tous.

Le chemin de la mort dangereuse est barré
Par des funérailles superbes
L’épouvante est polie la misère a des charmes
Et l’amour prête à rire aux innocents obèses.

Agréments naturels éléments en musique
Virginités de boue artifices de singe
Respectable fatigue honorable laideur
Travaux délicieux où l’oubli se repaît.

La souffrance est là par hasard
Et nous sommes le sol sur quoi tout est bâti
Et nous sommes partout
Où se lève le ciel des autres

Partout où le refus de vivre est inutile.

V.
En l’honneur des muets

En l’honneur des muets des aveugles des sourds
À la grande pierre noire sur les épaules
Les disparitions du monde sans mystère.

Mais aussi pour les autres à l’appel des choses par leur nom
La brûlure de toutes les métamorphoses
La chaîne entière des aurores dans la tête
Tous les cris qui s’acharnent à briser les mots

Et qui creusent la bouche et qui creusent les yeux
Où les couleurs furieuses défont les brumes de l’attente
Dressent l’amour contre la vie les morts en rêvent
Les bas vivants partagent les autres sont esclaves
De l’amour comme on peut l’être de la liberté.

Paul Éluard – Capitale de la douleur suivi de L’amour la poésie

Merci Coraline de m’avoir emmené vers lui, vers elle, vers les vers qui la composent.

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