En écrivant…

Tirées de « Sur la route »

« Je dessine pour ne pas écrire »
Me dit-elle ingénue et enjouée.

Je lui répondis animé d’un passionné désir
Écrire pour ne pas être décimé
Crier au monde que l’écriture me dessine
Tandis que la satire et l’absurde me sont destinés.

L’inspiration bat son plein
Quand le manque de respiration me décime
De l’absence au trop-plein
Deux extrémités d’aspiration qui me dessinent
Sans une once de va-et-vient.

Vous, affamés, attendez une suite ?
Je n’ai que le spleen, enveloppé dans du papier mâché.
Cela vous plaît ? Comme l’envie d’une cuite
J’ai mauvaise mine, vous ! redescendez dans la sobriété.
Je vous exempte de mes larmes, de mon sang, de ma gravité
Mais de ne pas les écrire serait un crime.

Que restera-t-il quand votre panse sera gavée ?
Le plaisir du reflet, une incompréhension, le partage de l’art-triste ?
Vos sourires et la paresse quand j’aurai toujours l’envie de vomir.
Je est ma mine qui n’a de cesse de m’appeler poète sans humilité.
Ma bile, ma bile, l’extrême sensibilité sans laquelle je ne peux écrire.
« Pour écrire un seul vers » je crois y reconnaître Maria Rilke,
Noms androgynes, à l’italienne sonorité sans avenir,
Que ma plume décime. Vivre et écrire, c’est un peu mourir.

J’ai le vers libre car mes viscères vibrent
Nul n’est poète en étant scribe
Je réitère il faut être ivre
Vivre et saisir la fibre de vivre.
Amour ou engagement ? Le mal de bide,
Qui vous frappe sans ménagement,
Se débattre, être combattant.
La débâcle, femme qui vous vide,
Qu’un simple vers puni d’apaisement,
Est mon amour taureau, tonneau des Danaïdes.
Le voile tombe, je vois le beau, le monde en l’aimant.
Mon cœur vibre, tantôt moitié-plein, tantôt moitié-vide…
Un mal pour un bien, un tout pour un vide…
En vivant, en délaissant, – malheureusement –
En aimant, en étant, détestant,
En étant détesté, délaissé, – quel méfait –
Oublié, endeuillé, en étant molesté
Lesté de tristes sentiments, se délecter, délestant, en écrivant, en écrivant…

LiveAndThink

« Qu’est-ce autre chose que la vie des sens, qu’un mouvement alternatif qui va de l’appétit au dégoût et du dégoût à l’appétit. De l’appétit au dégoût et du dégoût à l’appétit.
L’âme flottante toujours incertaine entre l’ardeur qui se renouvelle et l’ardeur qui se renouvelle et l’ardeur qui se ralentit, l’ardeur qui se renouvelle et l’ardeur qui se ralentit.
Mais dans ce mouvement perpétuel, de l’appétit au dégoût, de l’appétit au dégoût et du dégoût à l’appétit, on ne se laisse pas divertir par l’image d’une liberté errante… »

[Serge GainsbourgUn poison violent, c’est ça l’amour]

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s