La bêtise, l’abîme – L’absence, le trop-plein et la faim

« Il y a bien çà et là, sur la terre, une espèce de continuation de l’amour où ce désir avide que deux personnes ont l’une pour l’autre fait place à un nouveau désir, à une nouvelle avidité, à une soif commune, supérieure, d’un idéal placé au dessus d’elle : mais qui connaît cet amour ? Qui l’a vécu ? Son véritable nom est amitié »

|Nietzsche – le gai savoir]

Voilà un texte à quatre mains qui me tient à cœur et dont je sais que les deux premières seront là pour moi, demain et encore demain…
La beauté et la musique des mots qui m’ont inspiré les miens sont à tomber au point de faire passer ma contribution pour une simple blague Carambar.
Je viens de perdre ma virginité avec elle, qu’on se mette d’accord, ma virginité scripturale, alors je mets ce texte sous cristal comme une rose qui ne fanera jamais et dont l’éclat vermeil scintillera encore et encore.
Pourquoi avoir introduit ce billet par cette citation de Nietzsche ? Pour introduire l’auteure par son statut, non de la Vénus de Milo, mais de la Vénus de l’amitié, ce statut privilégié. Elle était déjà passée par là avec son sublime Alien (deuxième du nom) et j’avais déjà parlé d’elle avec ce billet un peu brouillon.
Aujourd’hui je partage ce premier texte à quatre mains.
(Il y a aussi des femmes dans cet Homme Sweet home.)

La bêtise, l’abîme

Je me sens lamentable.
L’âme à table, je me déverse.
Les verres comme des vers s’enchainent.
Leurs chaines m’entaillent le cœur et les sens.
J’encense l’absence de sens de ce néant.
Je n’ai envie de rien et mes poumons toujours s’abiment.
Leurs yeux couleurs abîmes me dégoutent.
Mes joues restent sèches des gouttes qu’elles attendent.
À tant de mots dits pour rien, j’ai ri un instant de trop.
Traumatisme libertaire.
Même lorsque se taire paraît être sa seule arme,
pas une larme ne vient.

Coraline

L’absence, le trop-plein et la faim

La bête se réveille et crie famine !
Tandis que, vermeil, mon cœur m’assassine,
Par un trop-plein de noirceur et de vitamine
Nourries par les absences et les leurres,
Les leurs et les siennes qui contaminent.

Alors que ton âme a le ventre vide,
Tuerait-elle pour une larme, l’arme avide ?
Ne pleures-tu pas l’absence du trop-plein ?
L’absence, de sang ou de larme, voilà notre point commun…

…Comme un poing serré
Qui donne la force d’affronter
Demain et ses manques, pour combler
Nos vers et nos maux sibyllins.
Et l’art, l’art se réveille enfin,
Se révèle, se révèle en ta faim.

Que tu es belle quand tu as faim,
Quand tu l’affrontes enfin
-Tu me tues, le voilà ce texte à quatre mains_
Quatre mains qui s’évertuent à nourrir demain.

LiveAndThink

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