L’époque du trop-plein, l’ère du vide.

Un recto, un verso. Un envers, un endroit.
Où est le beau ? Un seul doit-il nous laisser pantois ?
Le stylo, cette allégorie, avide aboie..

On sectionne le chemin vers les astres,
le superficiel encodé comme un chien règne en maître
On sélectionne avec soin les bellâtres,
Supernova officielle, au profit des beaux êtres.

Comment embraser ce bel âtre ?
Mettre de l’essence sur les êtres ?

L’époque des beaux arts est supplantée par l’époque des bobards.
Désastres emmêlés, castes et masses castrées aux révoltes matées sont médicamentées.
Sans équivoque, exister devient impossible, le réel n’est qu’une tare.

Alors, éclate un cœur vermillon aux émotions écarlates,
D’où jaillissent l’envers et l’endroit d’un constat et d’une pensée disparate.

Nihiliste ont-ils dit de notre temps,
Posons les yeux en surface, au dedans, l’époque du vide est bien loin.
Regardons ce qui nous enlace et nous masse, les échoppes nous habitent et abritent l’ère aux maux ternes du trop-plein.
Gageons notre air pour un besoin, un peu de sens, une ascension, un peu de chaleur, une plaine panse, un agenda blindé.
Ne pas confondre terreur et volonté.
C’est l’époque du trop-plein imposé dans laquelle nous sommes vides.
Beaucoup tournent en rond, tournent à vide, ne faudrait-il pas tourner avide ?
Que sont les velléités quand l’envie relève davantage du mythe et n’est plus une possibilité ?
Philistinisme, j’atteste inaudible. Ce qui nous crible et nous fait défaut c’est la raison de l’utilité.

On continue de rêver au grand bonheur de l’espèce mais on ne parle plus qu’on ne vit.
J’entendais tout juste aujourd’hui « l’homme ne cesse de penser l’utopie ».
Mais on ne fait que raisonner en idéologie.
Noyés de niaiseries l’on comble notre échec par des concepts et des maximes qui sauvent de justesse l’envie.
À force de dite et redite, d’où rien ne s’édite, il ne reste que mièvreries.
Elles deviennent simples artifices. Que faire quand même la langue s’appauvrit ?
Fils non d’esclave mais de maître, tous les deux mètres des édifices
sur lesquels s’affichent des « I Want you », des obligations et des vices.
Est-ce exister ? Recouverts de sévices…
Soumis à une situation, un instant T, une envie de consommer, suppléer sa pauvreté,
On en oublie de penser, on s’enclave, on s’enlise mais on s’esclaffe et s’évade du mieux qu’on peut.
Et l’on peste, la peste voilà tout ce qu’il nous reste. tellement peu.
La créature se retourne toujours contre son créateur, nous sommes les enfants enchaînés à notre société.
Ce n’est pas qu’on s’en fiche mais nous avons l’esprit bien trop occupé.
Soyons à nouveau créateurs puisque pour « le créateur il n’y a pas de pauvreté »,
En perpétuel pugilat entre soi et l’œuvre que l’on dessine.
Te souviens-tu ?  Nietzsche voulait un sur-humain, nous ne sommes que des animaux amputés.
Au contraire de la langue dans laquelle se trouvent les signes;
Passons  l’économie d’échelle par laquelle l’époque décline, un panel de synonymes, de préfixes, de néologismes, un coït lexical pointent ce qui nous indigne :
Survivre, subsister, destituer, dénuer, dénuder, dé-Penser,  débander, dépression, oppression, déshérité, désincarné, décomplexé, désabusé, désillusion.

La critique est facile quoique fastidieuse, j’en conviens. Je suis docile envers un politiquement correct, une bien-pensance qui me tient,
fidèle et assidu au pur constat certes acidulé, soumis à des écrits, une description quelque peu manichéenne.
Que voulez-vous ? C’est un moyen parmi tant d’autres de se mettre sur le devant de la scène.
« C’était mieux avant » doutez-en justement. J’ai choisi ma notion d’ajustement : je ne dispose que de mon temps et je compose une ère post-contemporaine.
Mon verbe tiendra les rênes.
Que faire, comment faire ? La question résonne comme une prétention teintée de bassesses, d’un futile.
Se la poser est propre infantile, est-il impropre de se la poser dans cet univers où le propre est l’utile ?
Maudire la question n’est-il pas renier notre condition ? Osons saisir les points d’interrogation.
Ces mots dits font fi des « on dit » et dévoilent nos maux de vie, et surtout nous renvoient à ce qui nous caractérise :
Des hommes nus, habillés de la seule chose qui ne s’achète pas mais qui ouvre le champ des possibles, de l’infini qui nous recouvre,
Il s’agit de l’esprit qui nous habite dont le langage est le vecteur sans lequel ensemble nous pouvons cogiter.
Je propose que l’existence soit un coït. L’esprit se meut et nous fait jouir de l’ouverture.
Le temps est à l’ouverture.
L’identité ne se construit que dans l’altérité, parole d’homme libre, ivre d’aventures, qui coïte avec la vie afin de cogiter sur comment co-exister.

« No future » pas d’alternatives alors dézinguons l’époque, que l’on dénature cette perspective médiocre.
Plus rien à perdre, plus rien à gagner, voilà que je susurre les prémisses d’un amour réciproque mais pas sans équivoque.
Règne l’absurde, gageons-nous de le regarder sans timidité, osons la complexité,
Enfantée par des vers, des endroits, des envers, des en mains, des embruns, des en terre, des écoutes, des déroutes…
Des en liens, que l’on pense vains, car infimes dans une vue étriquée mais qui enfin, ont la capacité de terrasser le géant Gulliver, le faire glisser aux confins.

Du moderne, l’époque n’a que le terne de la modernité
Que l’on alterne ce contraste éclopé en devenant éternel Homme révolté,
Pour saisir l’effervescence d’une décadence d’où peut jaillir une quintessence…

L’on vit une belle époque, ainsi brille la beauté de mes paradoxes.

LiveAndThink

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3 réflexions sur “L’époque du trop-plein, l’ère du vide.

  1. Cliquer « J’aime » ne me suffit pas: je partage ces constats et cette sorte de révolte. Je partage vos points de vue exprimés ici, mais surtout, surtout, vous le savez sans doute déjà, le devoir de ne pas se taire, et de faire du verbe un instrument de libération. J’y crois encore. Vous œuvrez de façon bien inspirée et bien inspirante: je m’incline et dit merci.

  2. Deux jours de mutisme car votre commentaire m’a laissé sans voix. Deux jours de mutisme par peur de répondre quelque chose qui ne soit pas à la hauteur. Mais je tiens toujours à répondre aux quelques commentaires de cet « homme sweet home » c’est important. Commentaire ? Voilà que je parle comme si derrière un avatar, un site, un texte, il n’y avait personne. Je tiens donc à toujours répondre aux internautes qui osent interagir.
    Et comment rester plus de deux jours muet face à ce genre de remarque, parfois il faut se lancer qu’importe la pauvreté du discours, tant qu’il vient du cœur. (voilà que je me mets à la niaiserie)
    Tout d’abord merci, même si un « merci » n’est pas à la hauteur de ce que j’ai pu ressentir en lisant ça.
    Ensuite : Voilà pourquoi je suis ce que j’appelle un pessimiste de constat mais un grand optimiste d’esprit, de cœur, de réflexion, un peu malgré-moi, grâce à des gens comme vous, à ce genre d’interaction, de partage. Comment en venir à ne voir le verre qu’à moitié vide ?
    Avec un peu de prétention, certes, je prétends que vous et moi, de vous à moi, de moi à vous, de nous à nous, nous nourrissons, à notre manière, à notre échelle, un feu incandescent, incessant, vivifiant, un feu d’une humanité de demain, qui sait ?
    Arpenter le sillon des politiques ? Se dire grand révolutionnaire, en s’engageant dans des causes (des cases) toute faites ? Je pense que ce n’est pas une obligation, une nécessité quand je vois ce sentiment de « révolte », ce devoir de ne pas se taire, dans notre quotidien, dans nos mots, notre verbe, cette larme, cette arme, cette âme. La révolte est quotidienne, l’écriture fait partie de notre quotidien.
    Ne nous arrêtons pas en si bon chemin 😉 écrivons ! « À vos arts citoyens » 🙂
    Merci encore pour cette intervention.

  3. Parlez du coeur et ne craignez rien en ma compagnie: il y a pire que de parler moins bien qu’on l’aurait voulu, il y a ne pas avoir osé parler quand on voulait dire. Voyez-vous, derrière ces très utiles paravents que son ces « gravatars », se trouvent (bien sûr…) de bien réelles personnes, et je trouve que c’est bien ainsi, cette sorte d’anonymat; on n’est pas distrait par la somme de nos probables et inévitables différences et voilà qu’on s’attarde à ce qui compte, au fond: nos ressemblances, et nos nécessaires et compatibles complémentarités. Continuez d’écrire et de dire, je me convaincs aussi à vous lire que je dois aussi continuer à le faire, surtout lorsque je doute, et encore plus lorsque je crois ne rien avoir à dire. Et prenez le temps que vous voudrez. Et ne répondez rien si vous préférez, y’a pas de mal. Mais bien sûr je suis comme tout le monde, il me fait toujours plaisir de recevoir une réponse. La vôtre était fort généreuse, et j’accueille avec joie cette métaphore du feu: oui, chacun à notre manière, chacun seul, et pourtant ensemble, comme on rêve, en somme, des milliards à le faire, chacun pour soi, et tous ensemble. Pensez-y en vous endormant. Je veillerai au feu. 😉

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