À force d’écrire, la force d’écrire

Miss.Tic

Inspiration es-tu là ?
Mon amour, mon crayon es-tu las ?

À force d’écrire, je baise le temps
Insolent, le temps me baise
Je m’efforce de subir, en son absence le temps me pèse.
Par conséquent mes poèmes ne sont que des mots clefs
Galvanisant une prison dont le frisson,
Ces chaînes, m’assène et m’empêche de tacler
Une blanche feuille aguicheuse et pucelle.
D’une fin je suis en deuil, ma mine, crécelle

L’ironie du sort d’une passion :
écrire ou ne pas écrire, ce n’est point la question
écrire et ne pas écrire, jamais de point,
écrire sur ne pas écrire voici ma présente condition.
Contradiction dans l’édition, contrainte dans la diction,
Dans l’inspiration et son absence,
fuite l’expiration d’un souffle de l’existence…

Parfois le trop-plein nourrit le vide
Cet abîme que je décime par le turbin, ma mine avide.
Écrire sur l’absence de mes nubiles romances me fait jubiler
Quelle belle ironie, volatile volupté à la cadence sucrée et acidulée.

La meina et l’encre se mélangent au sang de mes veines
Je deviens blême, la page blanche dédaignante est une peine
En dilettante, j’ai en moi cette ferveur adolescente
Dont l’impatience, cracheur de temps,  soigne de l’attente.

Ô vie, que l’envie embellie, fidèle fille ou femme, ma muse,
Que je sirote en alcoolique singulier affamé de sa suze,
Tu infuses en mon être ce venin salutaire
Infestant mes sens, je possède et ingère cette ciguë de cobra
Une feuille vide me possède et me dépossède, évince un cœur froid
Tandis que l’existence m’obsède, et vice versa…

Inspiration es-tu là ?
Mon amour, mon crayon es-tu las ?

Parfois, je doute.

J’écris sur tout, j’écris surtout.

LiveAndThink

Accompagnements musicaux

« Elle me répète que sans elle il n’y a pas de trace. Et, elle veut qu’on se rappelle de oim et j’vois bien que ça la stresse.
Même si parfois j’la froisse quand j’oublie de me relire, je meurs si elle se casse est-ce nécessaire de vous le dire ?
Pour elle, mes mots une douce caresse et quand je rappe elle me rappelle mes ratures à la pelle
Ma paresse sans pareille, elle, notice de l’appareil, comme autiste de la parole, elle reste blanche et cruelle. »

Léo Ferré – Les poètes

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