Pili Pili sur un croissant au beurre – Gaël Faye

Un conte de faits où se mélangent pluriculturalisme et invitation aux voyages

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Je me souviens, c’était en Avril me semble-t-il, le tintamarre médiatique autour des présidentielles battait déjà son plein. À quelques heures du premier tour des élections françaises, je sortais d’une salle de spectacle modeste, euphorique, le souffle court, avec un sac-à-dos cérébral rempli de délicieuses sonorités éclectiques, de vers, de textes et d’idéalismes. J’accourrais maintenant vers un étalage de fortune, pour aller à la rencontre de deux artistes, une rencontre que j’attendais depuis un moment… Vous vous souvenez ? Ce fut en Avril à 20h, à la fin du jour que dans mon cœur, le hip-hop plongea son micro… Ce fut en avril que j’assistais enfin au concert de ce groupe que je ne vous présente plus sur ce blog : Milk Coffee & Sugar.
Un mois auparavant, la moitié du groupe, Gaël Faye, nous offrait son morceau clipé « Petit pays ». Un morceau dont j’ai déjà parlé ici, et qui annonçait déjà un projet solo, un album qui viendrait faire « ter-saut » le rap game et bousculer l’univers musical. Depuis ça, je n’ai cessé de suivre cette actualité et d’arpenter quelques bouts de route menant à ce projet que Gaël Faye voulait bien nous faire partager. Après la sortie d’un Ep (Extended Play, composé de 5 titres, eux-mêmes présents sur l’album), de nombreuses scènes à droite à gauche (en de multiples compagnies), la sortie d’autres single (« Je pars » en écoute un peu plus bas et « Blend ») et après le recul de la sortie de l’album tant attendu, ce 4 Février 2013, sort enfin cette pépite intitulée « Pili Pili sur un croissant au beurre ».
Le jour-même, en fin d’après midi sans soleil au ciel bleu gris, je me dirige, cheveux au vent, vers un point de vente pour me le procurer, le griffe de mes paluches impatientes pour le faire respirer à l’air libre et le libérer de ce cellophane aseptisé. Car en voyant la pochette, avant même d’insérer le CD dans un lecteur, on sait avec certitude que c’est une œuvre qui n’existe que pour respirer ! De retour dans un chez moi où règne un chaos ordonné entre les bouquins, les vinyles petits formats, les dvd et mes cahiers recouverts de mots et de vers, je ne tiens plus, voilà que j’insère enfin ce pili pili sur un croissant au beurre, pour savourer ces sonorités pimentées aux effluves de diversités…

La piste 15 se termine, et vient mettre un point à cet album mais trois points de suspension sur une carrière et sur mon être bousculé. Je dois vous avouer que le dernier couplet de ce dernier morceau « L’ennui des après-midi sans fin », m’a volé une larme (encore). À la frontière entre l’art musical et la poésie, ce morceau s’habille de quelques légères notes de piano et de violons donnant un ton qui a pour nom « mélancolie » et d’un texte qui nous embarque dans une bulle où se mêlent grave et légèreté. La mélodie aérienne provenant de ce texte sublime que Gaël Faye nous récite avec une voix suave, nous berce et nous transperce. Ce morceau nous offre tout ce qu’un texte de rap peut avoir de littéraire, de poétique. Entre beauté et émotions, le cocktail fait mouche et Gaël Faye, indubitablement, nous touche.

« À l’heure de la sieste, j’apprivoise le silence
Petit prince d’ennui modeste entre mouton et somnolence
Dans la vieille maison de briques
De la Belgique sous les tropiques
À l’heure des choses statiques
J’invente, je me fabrique. »

« Rayon de soleil en suspension, filaments de poussière dans l’air
Qui traversent le salon pour zébrer d’ombre et de lumière »

Mais Pili Pili sur un croissant au beurre s’avère bien plus fourni et éclectique. Cet album, c’est le roman autobiographique d’un être dont la schizophrénie s’affiche sur son grain de peau. Le roman autobiographique d’un être curieux et humaniste jusqu’au bout du monde, évoluant autour de délires névrotiques d’une époque statique où s’embrassent le vide et le trop-plein. De tout ce bordel, Gaël Faye crée un conte de faits, une réflexion cohérente sur l’Autre et soi et nous insuffle, non sans poésie, sa révolte, son combat du quotidien. C’est en allant vers l’Autre qu’on se découvre, c’est en se confrontant au monde qu’on se dévoile. Avec le morceau « Métis », Gaël Faye nous donne son point de vue sur le métissage et se dévoile. Je dois vous le confesser, le texte de ce morceau est magnifique, si je le pouvais je le citerais intégralement ! Gaël, sous quelques touches d’amertume, nous fait part d’un humanisme que mes poumons ingèrent par grandes inspirations. Sans oublier de pimenter le tout avec quelques pics bien mérités sur le regard qu’on lui porte et son propre regard sur nos regards. Et que je partage les idées qu’il rappe !


« Dégouté d’avoir une vie non méritée. je suis brillant mais je reflète l’obscurité

Identité de porcelaine j’ai fait ce morceau là pour rassembler le puzzle d’un humain morcelé. »

« La race humaine un clébard, marquant son territoire gueulant l’appartenance à son département »

« Un beau bordel chromosomique, demande à Benetton.
Mais laisse « bé-ton » on aura beau se mélanger on restera des cons »

Métis, une expérience Live

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Image tirée du Livret fourni avec l’album

Pili Pili sur un croissant au beurre est le roman d’une recherche identitaire, d’une construction identitaire s’avérant complexe. Un thème bien ancré dans l’actualité mais souvent traité de manière plus que maladroite et/ou démagogique, que Gaël Faye maîtrise par son vécu et fait respirer de manière subtile. À l’instar de cette formule « une image vaut mille mots », souvent une ligne, un texte, un album, un tableau vaut également mille manifestes, mille discours économico-politiques mondiaux ! Voilà pourquoi, pour moi, l’art et la création sont un voyage, une révolte permanente, une recherche de soi par le biais de l’Autre.
En voyage permanent entre Afrique et France, Gaël Faye nous rappe ses points de vue forgés au fil de son expérience. Du haut de son jeune âge (si, si tout de même), on sent une grande maturité dans cet album. Il nous parle de ses origines rwandaises et de son « petit pays » Bujumbura avec le morceau festif « Bouge à Buja ». Ce dernier transpire la danse endiablée et le partage par son rythme, le flow de Gaël et les sonorités africaines. De toute façon, les sonorités africaines sont présentes sur tout l’album et viennent insuffler une chaleur dont l’auditeur pourra facilement se délecter.

De Buja à Paris, on voyage en compagnie de cet artiste en exil sans frontière, sans race, nostalgique de sa contrée lorsqu’il est en France et inversement. C’est d’ailleurs le thème de la chanson « AFrance ». Mais, ce « solitaire qui sort sa plume et qui n’est pas rappeur, juste un virevolteur de mots plein d’amertume », se livre énormément à travers des morceaux plus intimes tel que « Ma femme » ou encore « Isimbi ». Un morceau sublime sur sa paternité, « le noyau de son fruit de vie ». Pour revenir à « Ma femme », il s’agit d’une déclaration d’amour succincte (2m39) et atypique par sa forme. En effet, Gaël Faye évite la mièvrerie et nous offre un beat bien hip-hop, bien lourd qui donne la bougeotte !
Il nous fait traverser les frontières en nous offrant une mangue bien juteuse. Et, comme le dit son acolyte surnommé Suga « à la frontière, mon frère, ne te laisse pas prendre, laisse la pomme elle est amère, suce la mangue » [Milk Coffee & Sugar – Je vis]

Musicalement cet album est une pépite. Une pépite par son éclectisme atypique. En effet, on y retrouve le mélange des genres jazzy, soul, hip-hop et sonorités africaines déjà présentes chez le groupe Milk Coffee & Sugar. On y sent également une alchimie rare entre instrumentaux et textes. 15 titres tous aussi travaillés les uns que les autres dans lesquels Gaël Faye, épaulé de sa team habituelle (Edgar Sekloka, second membre du groupe, et le compositeur Guillaume Poncelet), met à profit ses multiples talents. Auteur et interprète, certes, il apparaît également en tant que compositeur sur quelques pistes (Ma femme, Charivari).
En écoutant Pili Pili sur un croissant au beurre, on ne pourra donc qu’apprécier un solo de piano bien jazzy, se mouvoir sur des percussions africaines et s’enivrer d’un solo de trompette. Une volupté non-négligeable qui amènera le soleil dans vos semaines interminables !
Revenons d’ailleurs au morceau « Charivari » dans lequel Mister Faye enfile la cape de master de flow et nous offre un « flow faster ». Ce morceau est un bel aperçu des talents de l’artiste et de son univers. Dans Charivari, il enchaîne punchline de folie, assonances et allitérations et critique sociétale sur un beat de dingo. Avec ce titre, Gaël Faye vient foutre le bordel en réussissant un exercice de style et il le fait avec une telle aisance et une telle classe !
Concernant le flow, c’est la même démonstration de maîtrise que Gaël Faye nous offre sur le morceau « Blend » en featuring avec Tumi (un des membres du groupe hip-hop africain Tumi and The Volume). Un morceau musicalement fou et fouillé qui nous offre une composition instrumentale plus que complète. Il faut préciser également que Gaël Faye (tout comme Milk Coffee & Sugar) nous livre des compositions musicales originales et créées à partir de vrais instruments (28 musiciens ont été invités sur cet album). C’est une précision qui me paraît importante surtout dans le hip-hop, une précision qui vient justifier cette ambiance, cette couleur musicale particulière qui ravit tant mes tympans.

Je voudrais revenir sur la langue, Gaël Faye nous offre des textes sublimes où se rencontrent rap, slam et poésie. Il fait tanguer le français en mélangeant les sonorités, les références mais également de l’argot, du verlan ainsi que des bribes de sa langue le Kirundi (corrigez-moi si je me trompe). C’est Kateb Yacine qui, malgré la colonisation et ses méfaits, considérait le français comme un butin de guerre. Lui et Bourguiba ne voulaient pas renier leur passé colonial et ne pas renier leur appartenance francophone mais voulaient se servir du français comme une arme de révolte. Gaël Faye, à la croisée de ces mélanges, se sert de la langue comme d’une arme affutée.

Que serait Pili Pili sur un croissant au beurre si j’omettais de parler de cet aspect contestataire ? De Milk Coffee & Sugar à Gaël Faye, il y a ce même fil rouge, la critique acerbe parfois véhémente sur le monde et ses inepties, ses abus de pouvoir, ses multiples oppressions, ses valeurs mortifères… C’est du hip-hop, que voulez-vous.
Avec le morceau « Président » Gaël Faye nous parle de la dictature. Mais pour l’ensemble des morceaux, il y a une critique qui s’y cache de manière subtile, un aspect contestataire. Dans le morceau « Qwerty », Gaël Faye à défaut de nous parler de la dictature dans certains pays, nous fait part de la dictature du monde du travail, en quelque sorte. Contée à la troisième personne cette chanson reste particulière. On sait en fouillant un peu et en écoutant certaines interviews, qu’à travers ce morceau, il conte, en fait, sa propre expérience du travail, de son absurdité chronométrée et de ses objectifs qui enferment l’être dans un univers compétitif dans lequel il est voué à l’échec, à être mis à la poubelle. C’est un sujet qui me tient particulièrement à cœur et que j’aimerais aborder sur ce blog un de ces quatre ! Après un master, il part pour Londres bosser en « marketing, consulting, finances » (notez le flou) derrière un bureau tapotant sur un clavier Qwerty. Un univers dans lequel on perd son innocence, ses rêves et son enfance, un univers zombifiant et dont il veut s’extirper pour mener la vie d’artiste, sous couvert des conseils de son père, que je scanderais également :

« Mon père m’a dit méfie-toi du cynisme
l’avenir appartient aux idéalistes »

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Image tirée du Livret fourni avec l’album

En parlant de son père, avec le morceau éponyme, Gaël Faye nous parle de ses origines chromosomiques et culturelles tout en nous invitant au voyage à travers le monde, la littérature et l’amour. Si je ne me trompe pas, avec « Pili Pili sur un croissant au beurre », il nous narre l’histoire de ses parents. L’histoire d’un croissant au beurre (son père) et d’un Pili Pili (sa mère). Pour expliciter un peu, Pili Pili sur un croissant au beurre qu’on peut identifier comme étant Gaël Faye, est un être uni mais morcelé, issu de ces deux éléments distincts, dont l’un représente la France (le croissant au beurre) et l’autre l’Afrique (le Pili Pili étant un piment africain). Voilà que maintenant, tout devient limpide, logique, complexe ! Gaël Faye est l’enfant d’un pluriculturalisme, devenu clochard céleste, un nomade qui se voit être confronté à la difficulté de construire une existence aux esquisses métissées.

« Petit croissant au beurre, petit français qui flâne
Il lisait Kerouac et chantait Bob Dylan »

Avec « Je pars » Gaël Faye continue cette ambition, celle de nous inviter au voyage et à la réflexion. Voilà pourquoi au fond, Pili Pili sur un croissant au beurre ne peut être que définit comme « L’invitation au voyage ». À prendre « voyage » dans son acception large et imagée, un voyage initiatique, un voyage vers l’étranger mais un voyage intellectuel où convergent art, création et partage. Pili Pili sur un croissant au beurre est un témoignage solaire et humaniste sur la recherche de soi et le regard de et sur l’Autre. Voilà pourquoi cet album et cet artiste me touche tant, voilà pourquoi j’écris autant…
Sans oublier le morceau « Fils du Hip-hop » dans lequel Gaël Faye nous narre l’histoire du Hip-hop et d’un de ses rejetons, le rap, dont son inhérente rébellion s’est malheureusement retournée contre lui.

Le morceau qui s’avère être une synthèse de tout ce bordel bien trop souvent dichotomique, est peut-être « Slow operation » pour lequel je fonds littéralement à chaque écoute. Le côté jazzy est un bijou et le texte reste indescriptible, tant il pourrait définir la démarche artistique de Gaël Faye qui a pour clef de voûte la diversité donc la complexité.
Vous aurez compris, pour ceux qui me suivent, pourquoi ce groupe, Gaël Faye et globalement cette culture qu’est le hip-hop ont une place de choix sur cette plate-forme. À l’instar de cet album somptueux, le hip-hop synthétise une manière de voir le monde où convergent musique, littérature, culture, partage, diversité, différences, complexité, révolte et poésie, que j’essaie de vivre modestement et de faire partager.
Gaël Faye, marque le  coup avec cet album, et marque les cœurs. Il entame une carrière, que j’espère longue, et que je suivrais avec mon cœur.  Allez vous procurer, sans réfléchir, ce Pili Pili Sur un croissant au beurre !

« Partir ! Non pas pour voir de nouveaux lieux
Mais voyager pour ouvrir de nouveaux yeux »

Charivari, expérience Live

Paroles Charivari :

Mc agrégé de flow, diplômé de style
j’ai le style hostile au stylo qu’on veut rendre docile
En un cil et son battement je te rends fossile
Je vois rouge comme le printemps, le marteau la faucille
Là faut s’y faire vu que c’est fort et que ça vocifère
Contre les affaires de l’état les frères ont pris si ferme
Les cadenas vont ter-sau madame la garde des sceaux
Bobodioulasso Sankara Burkina Fasso
J’suis lassé harassé de ma vie prise au lasso
De la somme d’ennuis j’te fais la bise et donne l’assaut
j’ai le seum comme les somsoms de Mogadisho
Mes mots gars disent « cheum » vu qu’c’est chaud
j’ai un cœur d’artichaud
j’viens m’targuer d’atterrir sur le tarmac comme un cargo
Mon argot négro fait bouger le tar-ma de ta go
Ouais j’suis le mc concis
J’suis les pompes qu’on cire
les lyrics qu’on cite
et ton flow mc bah j’te le circoncis

Ah ouais, ouais j’arrive à rive, c’est l’charivari yo ! J’arrive à rire surtout quand Paris chavire
Rien à foutre de ta « ie-v », de ta vie naïve. Rien à claquer , j’suis venu enterrer Bonaparte aux Gonaïves.

J’ai commencé à rapper pour pour le de-blé pour le padre
J’viens de loin tu te souviens ce que disait mon compadre
y’a pas de répit dans mon combat
que des histoires de pierres tombales
du Burundi au Rwanda, guerrier je danse le douga
à la douma c’est pas d’détails, c’est coup de théâtre et vendetta
attends-toi à des attentats c’est coup d’état pour coup d’éclat
écoutez bien si vous pensiez que tout est bien que tout est beau
Votre dédain déteint, j’éteins le ciel et deviens corbeau.
Esclave du paradis paraît que c’est beau sous les tropiques
des dominés sans dominants c’est un équilibre estropié
trop près de mon trépas, mon pe-ra devient trépied,
j’ai décrété que l’opprimé serait sujet que je traiterai
que je prêterai ma voix aux crèves-la-faim et traine-savates
mais au train où ca va faut les crever tous les porte-cravates
parce que ce monde qu’ils nous réservent c’est de l’argent, c’est du pouvoir
Ne peuvent plus voir ces messieurs nous emmènent tous vers un trou noir.

Ah ouais, ouais j’arrive à rive, c’est l’charivari yo ! J’arrive à rire surtout quand Paris chavire
Rien à foutre de ta « ie-v », de ta vie naïve. Rien à claquer , j’suis venu enterrer Bonaparte aux Gonaïves.

J’rappe depuis mes dents de lait
depuis « pendez-les » « bandez-les »
Ingé ste plait mets-moi le delay
que je délègue mon flow sans délai
la télé embellit ces laids
qui ne savent que bêler
appeler épeler leur nom, voter pour des artistes ratés
au rabais, j’ai gratté, j’ai taffé, j’ai tâté, j’ai gâté, j’ai goûté
écoutez ma clique ego trip mathématique
l’flow mc carabiné atteint par un carabinier
Carlo Giuliani est tué par des policiers avinés
altermondialisé la terre a de quoi baliser
à Gênes on a gêné les gens
maintenant faudrait faucher les champs
j’suis ogm, José Bové, le monde a de quoi paniquer
l’humanité en manque d’idées les catastrophes en quantité
qui télécommande, quittez le camps vite dans l’élan
foutez le camps vite il est temps qu’on décampe
avant que le big bang nous pète dans les dents
c’est le rap game coco
c’est mon charivari, j’arrive à rire, j’arrive à rire.

SUR LA ROUTE DU PILI PILI :

épisode 1

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