De délits de gérance, en belligérances; crimes que j’incrimine

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Photo de Gilbert Garcin « Le maître du monde »
http://www.gilbert-garcin.com/

Accompagnement musical : Bonga kuenda – Kapakiao

De délits de gérance
En belligérances
Voici le denier des grands géants
Le nid douillet des mains gérant
Un empyrée qui sent le rance.
Des libérés tous en errance.
Des meurtriers que l’on encense
Empirant l’écart de la balance
Avançant les cars dans les non-sens
Passagers tricards naissant pour l’absence.

Les présidents soumis plussoient
Abdiquant dans un tamis, passés à la passoire
Ne restant qu’une élite pour nous passer à l’abattoir
S’entourant de gens s’empiffrant jusqu’à plus soif
S’enivrant d’intérêts pourtant vils et inintéressants
Ces grands géants s’appêtissant
Devant ces petites gens s’abêtissant
Comme des animaux, sans mots disant,
De cent maux, s’encloisonnant.
Comme des inanimés dans un flou incessant,
Déshumanisés se déchirant.
Les gérants assidus et assis là obtiennent l’ascendant
Sur un petit peuple élu cancrelat n’ayant plus de temps
Le temps pour soi, de se mouvoir, le temps de voir
L’étang se vidant, les temps à vide des grands géants
Riant étant cupide amenuisant le temps d’y croire.
En léviathan la main géante vient ceindre les échappatoires
Le petit peuple veule ne cesse de geindre et de déteindre,

Les gérants font c’qu’ils veulent, ça devient tristement gênant.
D’en haut les géants en feinte d’humanité ne sont point compatissants
T’as beau scander, les oreilles sont loin, tu n’veilles que sur ton miroir
Pendant que d’autres nagent sous chloroforme, d’autres se noient dans un espoir
En forme mais que les âges déforment, voici l’histoire !
Histoire absurde de voir le dessus marcher souriant sur nous en dessous
Souvent pour des sous, pour des grands fous, bonjour cynisme, et qui absoudre ?
Les savants sourds ? Les condamnés mettant le feu aux poudres ?
Ma bouche accuse et récuse, mon cœur Syracuse boue et absout,
Mon âme métissée accuse et a peur d’être mise à bout :

De délits de gérance
En belligérances
Pire qu’un déni d’errance
Rire d’un déni de l’existence.
Décrire en vain le déni des gens
Les pénuries nous laissant mourant.
Respire enfin ce que j’incrimine
Victimes d’un crime hautain de mauvaise mine
Au teint de crime mondain, une masse qu’on extermine
Au nom des vices, des sévices au nom de l’avidité,
Tous en lice, en lice, c’est un crime contre l’humanité,
C’est un crime contre l’humanisme, je le sens
Maintenant au diable les géants … au diable les innocents !

LiveAndThink

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SinéMensuel – Grandes interviews

Je vous propose ce lien, comme un cadeau de Saint Valentin car « Mon seul pays c’est moi, mon seul amour c’est toi, toi l’autre différent mais au fond si proche de moi » [Gaël Faye]. C’est l’histoire d’un mensuel (SinéMensuel) qui se propose de traiter l’actualité de manière alternative et à contre-courant des médias officiels. Ce qui m’a le plus intéressé est la rubrique « Grandes Interviews » qui propose d’interviewer des intellectuels pour ma part inconnus, faisant dans le politiquement incorrect, le débordement d’engagement, et le j’m’en foutisme de l’intelligentsia ambiante. Proposant leur vision, et leurs solutions quelques fois radicales, ces interviewés exposent un esprit de révolte que l’on sent honnête et libre. J’ai reçu ça comme un bol d’air frais !
Je m’aperçois que je n’ai pas forcement le temps et la hargne de traiter certains sujets sur ce blog, de rédiger certains d’articles. Malgré mes critiques et chroniques sporadiques (littéraires, musicales…), je publie essentiellement des textes, des poèmes, et nouvelles, soit, il s’avère que j’ai un trop-plein d’inspiration ce qui fait que je me concentre évidemment sur ce qui me demande le plus d’attention. Mais, je me rends également compte que LiveAndThink est aussi une plate-forme de partage, un relai. Et je vois la liste de mes « liens préférés » s’allonger et je me dis qu’il est peut-être de rigueur de vous dire qu’à défaut de traiter, moi-même, certains thèmes ou certaines actualités, ces liens sont pour moi une façon d’approfondir et de compléter la philosophie de ce blog. Un blog à l’esprit de révolte et libre, deux caractéristiques que je ne fais pas forcement toujours paraître. Ces liens regroupent à la fois de l’actualité alternative et citoyenne, de l’art et de la création, mais également de la philosophie.
Pour ces raisons, voilà pourquoi je partage ce lien au contenu salvateur et salutaire qui habille pour l’hiver de pensées révolutionnaires ! Et je trouvais que ce texte que je publie aujourd’hui faisait la paire.

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8 réflexions sur “De délits de gérance, en belligérances; crimes que j’incrimine

  1. Salut Homme,

    C’est avec plaisir que je te lis et compatis à ce petit déchirement de ne pas pouvoir tout écrire; tu fais bien de suivre le compas et de marcher suivant sa pointe. T’es poésie ces temps-ci (et quel texte celui-ci qui vaut bien un essai sur le sujet…) alors sois poésie et t’fais pas de soucis (la rime est accidentelle mais fun) d’ailleurs pour mon autre blog je suis dans de semblables réflexions je re-médite sa vocation et quand je le ramènerai à la vie il pourrait bien être le complément de Jouer dans les nuages voilà pourquoi la migration… je t’encourage vas-y écris et t’en fais pas trop avec le reste tu ne seras pas jugé pour délit de fuite 🙂

    C’est pas parce que je laisse pas souvent de commentaires ici que je n’ai rien à dire non plus dis-toi qu’un – likes – est souvent bourré de non-dits.

    Regarde ce que tu m’fais: j’dois m’en aller travailler j’avais pas le temps d’écrire si long et pourtant.

    😉

    J’te lâche pas (ce qui chez nous est une promesse encourageante)

    Éric

    • Je n’ai pas pu m’empêcher d’esquisser un grand sourire à la lecture de ce commentaire 🙂
      Toujours ces mots qui touchent…
      Merci pour tout, vraiment !

      Je lisais justement, en feuilletant une nouvelle découverte que « Toutes les recherches menées prouvent que l’ anti-dépresseur le plus efficace, c’est la confiance et les encouragements que l’on reçoit des autres. » Loin de moi le fait d’être dépressif mais tout ça pour dire que ce regard sur moi, mon travail, et ces encouragements me grandissent.

      Il semblerait à présent qu’on se tutoie alors 🙂
      Je ne sais pas quoi ajouter, en lisant « j’te lâche pas » il y a eu comme une sorte d’allégresse en mon cœur et une euphorie qui m’est fort sympathique !

      À très bientôt !

      • eh ben oui, regarde donc ça, toé! 🙂

        C’est bien pour dire, hein? C’est ce qui arrive, à force de fréquenter, les habitudes, et tout. Eh bien, voilà. Trop tard maintenant, j’te tutoie (mais je le ferai seulement avec ta permission…).

        Bonne fin de soirée (ici elle commence – hourra, c’est vendredi!..)

  2. bonjour voilà ce qui me vient à la lecture de ce post

    « La révolte est l’une des dimensions essentielles de l’homme. »

    L’Homme révolté (1951)
    Albert Camus

    J’admire ceux qui trouvent l’énergie de refuser le monde qu’on nous impose. Reste plus qu’a construire le nôtre en pensée, en harmonie avec un coeur et un esprit libres. je suis persuadée que la révolution commence à l’intérieur de nous-même avant de pouvoir se matérialiser à l’extérieur. je reviendrai découvrir avec plaisir tes écrits !

    • Camus, un de mes auteurs de chevet !
      Je me trimballe tous les jours avec « le mythe de Sisyphe » dans ma sacoche.

      Moi non seulement je les admire mais surtout j’en rencontre de plus en plus, menant leur révolution au quotidien, du quotidien ! Et ça, ça m’en met plein les yeux. Depuis que j’ai créé ce blog (il y a encore peu, à peine 2 ans), j’arpente la toile comme une véritable araignée, sur un fil, j’en arpente un autre et en découvre un autre qui me mène à un autre fil… L’appellation web est en fait au sens propre et figuré. Une toile d’araignée pleine d’optimisme et de révoltés, à l’exception faite que cette toile n’est jamais terminée, la boucle n’est jamais bouclée, voilà comment se créé un monde nouveau, petit à petit…
      « Si on veut changer le monde, c’est de chez nous qu’il faut le faire »
      « « Pour changer le monde il faut d’abord commencer par s’améliorer soi-même »

      Merci de votre passage ici, faites comme chez vous !

  3. 🙂
    Vous pouvez arpenter ce « Homme sweet home » comme bon vous semble ! Il regorge de nombreux textes de mon cru, de quelques chroniques, de quelques critiques musicales et littéraires, d’un peu d’actualité, de musique, d’une touche d’humour et de nombreux liens. Ce blog est l’expression d’une réflexion globale « fini[e] mais sans bord » disait Deleuze, d’une vision de l’existence, de construire l’existence.

    De mon côté je continuerais mon petit tour dans votre univers ! 🙂

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