Paroles et spectacle, une aubaine, une obole

À Jacques Prévert

Sans titre-1

Couverture par Brassaï

« Si la parole était d’argent et le silence d’or, le cri du cœur serait alors un diamant multicolore. »

Paroles et spectacle
spectaculaire obole,
aubaine d’un théâtre
un  bol d’air frais
Remède miracle
contre l’ennui
médicament servant
à combattre l’inertie
la débâcle aussi
au point de mourir d’insomnie
avec plaisir et abandon,
jusqu’à ce qu’un somme nie son bénéfice.
Mais c’est moi qui le dis
c’est gober deux pilules pirates
à l’abordage de cette vie
pillée, pliée de rites, de ratés, de tournants retardés, de baratineurs,
de sacraliseurs,
gober et devenir dératiseurs,
désacraliseurs, des astres et liseurs.
Sabordage de lieux communs
comme des lieux-dits
comme des vieux rites, des vieux édifices
que le triste et l’angoisse érigent en spectacle.
Paroles et spectacle,
à l’aube d’un tacle mondial global en mal de mal,
sabrent la bouteille à moitié-vide, pleine de slogans illusions,
et le sablier étiqueté « le temps c’est de l’argent »
car le temps est aux arts, gens.
Paroles et spectacle
bienvenue dans un champs de bataille où la paille
se crispe sous les coups de ce soleil luisant
où meurent les épouvantes de taille
aux habits tant coûtants et vils, médisant les villes et campagnes.
L’heure est au vert, au plus près des vers,
là mais point las en main le verre, endimanchés,
en compagnie des cancres non des cancrelats
luisant sous le feu de cheminée lisant paroles et spectacle
aubaine de rien du tout, une obole,
de l’eau bénite contre les grenouilles de bénitier
une aubaine pour les désespérés,
une obole pour un chant de révolté
l’impétueuse richesse de ce monde de pauvretés !

Paroles et spectacle
découvrent un monde sans classe
où s’entasse tout un tas de sans-cases
Une aubaine pour une obole,
Dont rougissent les putassiers,
D’où surgissent les ras-le-bol,
ainsi que les guéris de cécité, les esprits buissonniers.

Des textes pour ces pions malheureux et ces pions qui connaissent l’échec,
Et ne comptent plus les échecs qu’ils encaissent…
Même pour ces cons heureux et ces cons qui ne comptent plus les chèques,
Et les chèques qu’ils encaissent…
Des cris partageurs, au paysage changeur, qui engraissent l’égalité et l’humanothèque !

Soyons affamés et cracheurs d’histoires !
D’histoires encore, de cris de cœur, d’histoires de corps
D’histoires en chœur, d’histoires de cœur
D’histoire qui jamais ne dort, toujours d’histoire qui dore
D’histoire qui mord, des paroles d’or
Un spectacle à savourer, partageurs, jusqu’à la mort.

LiveAndThink

Enfants des corridors
Enfants des courants d’air
Le monde nous a foutus dehors
La vie nous a foutus en l’air.

[Prévert – Spectacle, « La belle vie »]

Inquisition :
Aujourd’hui, on pose la question de conscience. Pas question de confiance. Autrefois à peine hier, le paysan « arriéré » disait dans son langage imagé : il n’a pas la conscience tranquille ! Aujourd’hui, seule la conscience malheureuse a le droit de cité, le droit de se citer, le droit de cécité. Conscience heureuse : pas question !
Il s’agit pour ces Messieurs de questionner, de juger, d’instrumenter. Tout intellectuel digne de ce nom est nommé Juge d’Instruction.
La conscience d’aujourd’hui c’est la science des cons instruits.

Temps vital : time is money…
Aujourd’hui, personne n’a plus même les moyens d’être pauvre.

Nous sommes certains de choses que nous ne savons pas. Mais ce que nous ignorons est ce qui nous fait vivre, quand nous l’aimons.

Tout est perdu sauf le bonheur

Il faudrait essayer d’être heureux, ne serait-ce que pour donner l’exemple.

[Jacques Prévert – Spectacle, INTERMÈDE]

Publicités

6 réflexions sur “Paroles et spectacle, une aubaine, une obole

    • Si en heureux saltimbanque poétisant mon existence je peux panser les plaies du quotidien, cela me met dans une joie incommensurable et légère et vous prouvez par la même occasion le pouvoir des mots et la beauté du partage. Que demander de plus ?
      Moi en simple héraut rigolo et vous en héros, piquons-nous, non à l’héro, mais bien avec notre dose de prose ! C’est un bon moyen, me semble-t-il pour voir l’existence en rose.

      Merci encore pour vos bons mots et vos témoignages encourageants, qui feraient sourire un dépressif !

  1. « Soyons affamés et cracheurs d’histoires !
    D’histoires encore, de cris de cœur, d’histoires de corps
    D’histoires en chœur, d’histoires de cœur
    D’histoire qui jamais ne dort, toujours d’histoire qui dore
    D’histoire qui mord, des paroles d’or
    Un spectacle à savourer, partageurs, jusqu’à la mort. »

    ça, c’est fort…

    Alors allons-y!

    (Bravo)

    • 🙂

      Mais nous y sommes déjà dans ce festin d’histoires et de cris du cœur, qui jamais ne nous rassasie, qui certes souvent nous harasse mais ne nous lasse jamais ! Et il y a toujours des places de libres et des chaises vides ! Continuons alors d’engraisser les esprits de légèreté poétique et d’inviter au partage.

      Merci à toi, ô toi qui m’apprend à voler.

  2. Les poèmes de Prévert nourrissent ma vie 😉
    Le seul problème est qu’il n’est plus avec nous pour écrire à présent..
    Mais toi tu es là et rien que pour ça je dois remercier ton indécent talent d’exister 😉 n’arrêtes jamais d’écrire !

    « Je suis comme je suis
    Je suis faite comme ça
    Quand j’ai envie de rire
    Oui je ris aux éclats
    J’aime celui qui m’aime
    Est-ce ma faute à moi
    Si ce n’est pas le même
    Que j’aime à chaque fois
    Je suis comme je suis
    Je suis faite comme ça
    Que voulez-vous de plus
    Que voulez-vous de moi

    Je suis faite pour plaire
    Et n’y puis rien changer
    Mes talons sont trop hauts
    Ma taille trop cambrée
    Mes seins beaucoup trop durs
    Et mes yeux trop cernés
    Et puis après
    Qu’est-ce que ça peut vous faire
    Je suis comme je suis
    Je plais à qui je plais
    Qu’est-ce que ça peut vous faire
    Ce qui m’est arrivé
    Oui j’ai aimé quelqu’un
    Oui quelqu’un m’a aimée
    Comme les enfants qui s’aiment
    Simplement savent aimer
    Aimer aimer…
    Pourquoi me questionner
    Je suis là pour vous plaire
    Et n’y puis rien changer. »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s