Feu ma mémoire

J’ose vous faire part des méandres de mon esprit troué, déjanté.
Ceci est une rose noire mais qui n’en reste pas moins une rose.
À nos risques et périls.

brain-tree

Sur les sentiers du devenir, je me demande
où est cette promesse carte postale aux grands espaces 66 ?
Les entrailles de ma mémoire
en spectacle médical, laissent entrevoir
mes déboires, mes entailles;
Peignent au sol des directions
infinies et optimistes.
Et l’épaisseur du sang et son odeur
les dessinent fortes et limpides
mais le sang et ses effluves
ne sont rien d’autre que du sang
qui me rappelle étrangement le vide.

Là au nord de nulle part
je me tiens statique et stoïque
au beau milieu d’une route à perte de vue
où se tiennent de part et d’autre des aires bucoliques
divers et mélancoliques, de ces armées botaniques je suis éperdu,
et perdu face à tant de beauté pourtant vide de sens.
Happé par l’odeur du vert
je saisis, entre mes doigts infantiles,
le bruissement de ce brin d’herbe,
Que seuls les sourds peuvent entendre,
et je pose mon genou sur ce sable brun et épais
pour que mon épiderme fusionne avec l’intensément grand
et sourit de sa petitesse entre guerre et paix.
C’est l’instant présent que mon corps ingère
il s’insère en moi, consistant et sincère, m’offre l’émoi.

La vie suspendue, au même moment je pleure de peine
et d’émerveillement, je pleure à peine, m’émerveillant.

Constamment béat, je suis une carpe de céans pacifique
qui nage au sein d’un océan certes hostile et radical mais magnifique,
muni secrètement, en mes branchies, de cartouches d’encre noire
comme ma révolte intérieure, de libertés et de devoirs.
D’extérieur, je suis un poulpe danseur
qui dans ses tentatives tentaculaires
n‘esquive rien et saisit chaque chose comme un tout
Le tout en chaque chose; nageant baba et danseur.

L’instant d’après m’étreint et m’étrangle
Avec ce frisson traversant tout le long de mon corps.
C’est l’hiver qui prend place sous mes pores
et de deux questions il me sangle :
Comment suis-je arrivé là ?
Serait-ce mon purgatoire, certes merveilleux, où je flotte sans attache ?
Ils attendent le verdict, cette narcisse vindicte
je suis coupable, en effet, d’un crime, moi hérétique
je vois les dieux, non dans l’absence, mais en toute présence.
Je m’écrie, sève et sang, sans que mes lèvres bougent :
Suis-je coupable de l’inconsistance de mes souvenirs
déracinant ainsi mon devenir ?

Des entrailles de ma mémoire
prend racine ce passé trépassant,
d’où s’enracine un présent à la puissance hésitante
les corbeaux et les colombes décampent
effrayés par l’épouvantail de l’amnésie.

L’insomnie ne me guette, pourtant, point
malgré mes yeux gorgés de sang
et la quête du rêve qui n’a pas de fin,
je dors comme un bébé qui renaît chaque matin.

Le vide n’est jamais rien
puisque, souvent, il pèse
de la plus petite allumette
au feu follet de questions
si le vide donne le vertige
c’est pour mieux apprendre à s’élever de passion.

Mais, et si les vestiges de la Rome Antique
n’avaient jamais été des édifices
que resterait-il d’aujourd’hui ?
Ne suis-je que le vertige d’une morne éthique
l’ombre d’une tige, d’une feuille généalogique,
munie de nervures aux craquèlements amnésiques ?

Mais mon cœur, mon cœur, il ne me dit pas ça.
Mon cœur 14 Juillet, n’a rien d’artificiel
malgré les ombres et les décombres, il visite les profondeurs;
ne se rappelle, ô désarroi, que des grandes guerres, des grandes lignes
soit, mais il résiste à cette inconsistance !
Je jure que JE résiste avec volonté et insistance.
Mais les tranchées de mon histoire abritent du vide,
le vide de mon esprit étrange pourtant étanche.
Certains me parlent du devoir de mémoire
que le trop-plein tourmente
je n’ai que les parois de ma mémoire
dont la transparence, au levé du jour, me hante.

Les doutes se brisent,
comme un verre à moitié plein, de vin.
La brise estivale fend mon visage juvénile,
et je bois, je bois jamais en vain.
À notre santé ! Je ris aux éclats
car même si ma mémoire m’est cristal
c’est dans le marbre que je vis et écris ça.

LiveAndThink

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