L’espoir, cette aurore

Le désespoir volontaire et le pessimisme revendiqué sont d’une léthargie innommable et collaborateurs. Certains ont osé appeler cette posture cynisme, comme pour lui conférer une quelconque valeur, un investissement de l’esprit…
De ne cesser de voir ces obscures étendues, certes habillées de joyaux bleutés ornant une reine de la nuit majestueuse, n’incite-t-il pas à constamment rejoindre son lit ? Le lit de la nuit, une nuit qui devient vie.
Comme une scène absurde, contagieuse qui ne demande qu’à s’intensifier pour muter en une maladie tout aussi ubuesque et avilissante, dont il devient difficile de guérir. Car plus il y a de malades, moins l’on croit en une cure. Moins l’on croit en une cure, plus le trouble devient condition. Une condition dans laquelle la force de résister se transforme en faiblesse qui, pour apaiser la douleur, trouve remède dans la colère et ses valeurs corollaires.

Chaque jour, un rayon de soleil, en soldat rêveur, s’endort sur ma peau. Son caporal, souvent fatigué par ces côtes de Normandie, aussi fébrile soit-il, force les pores de ma peau et creuse, enthousiaste, sous l’épiderme pour venir se mélanger à mon sang et ainsi se greffer en moi comme un second cœur, impalpable mais de sens et d’esprit. Cœur et sang certes vacillants mais ensemble.
Un sang qui se met alors à bouillir d’aurore au point de faire frissonner l’ensemble de mon corps; comme un appel aux gestes plus amples et dynamiques, un appel aux gestes plus solidaires qui n’a que la liberté et la justice comme seuls engagements. Ceci n’a rien d’un idéal, il s’agit d’une lutte.

L’espoir, même désespérant, est une aurore même par mauvais temps.
Il est une lutte.
Si l’espoir fait vivre, cela n’a rien à voir avec de la naïveté, c’est qu’il est mouvement.
Je ne possède pas que les mots pour vous en faire part,
J’ai l’espoir chevillé au corps, ce corps qui ne cesse de marcher, et de fouler les sols insensibles.
Et c’est bien parce que l’heure ne sonne plus cette lutte, qu’elle a tant d’importance aujourd’hui…

LiveAndThink,
un homme sweet home souffle, d’après wordpress, ses deux bougies.

« Parce que vous avez fait de votre désespoir une ivresse, parce que vous vous en êtes délivré en l’érigeant en principe, vous avez accepté de détruire les œuvres de l’homme et de lutter contre lui pour achever sa misère essentielle.
Et moi, refusant d’admettre ce désespoir et ce monde torturé, je voulais seulement que les hommes retrouvent leur solidarité pour entrer en lutte contre leur destin révoltant.
Vous le voyez, d’un même principe nous avons tiré des morales différentes. »

[Albert Camus – Lettres à un ami allemand. Page 70]

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3 réflexions sur “L’espoir, cette aurore

  1. Bravo…très beau texte inspirant. L’espoir, c’est certes la petite lumière qui nous permet de ne pas nous perdre totalement sur nos chemins de douleurs. Donc oui, l’espoir est une aurore…celle du bien contre le mal, celle de de la vie contre la mort.

    • Ouhla ! Je parcourrai à nouveau quelques articles dont celui-ci et je constate avec stupeur que j’ai oublié de te répondre ! Surement pris au piège par cette paralysie régit par mon manque d’inspiration pour te dire merci !
      Alors, comme le temps a passé depuis je répare ceci en clamant un grand merci !

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