« Ne vivons plus comme des esclaves »

« ΝΑ ΜΗΝ ΖΗΣΟΥΜΕ ΣΑΝ ΔΟΥΛΟΙ »

« Ne vivons plus comme des esclaves » ? Il s’agit d’un documentaire grec réalisé par Yannis Youlountas, que j’ai découvert par hasard sur la toile et que j’ai partagé sur les réseaux sociaux. C’est dans ma volonté de lui offrir une visibilité moins éphémère que j’ai décidé d’en faire un billet ici. « Ne vivons plus comme des esclaves » avant d’être un documentaire réalisé en 2013, fut avant tout un slogan. Un slogan qui manifestait un ras-le-bol général et qui a été placardé sur de nombreux murs du monde sous forme de tag. Je parle au passé par soucis de rédaction linéaire mais est-ce la peine de vous dire que ce tag s’accroche encore à l’heure d’aujourd’hui. Son origine ? En 2010, un collectif grec accompagné de l’institut des arts expérimentaux ont monté une des pièces de Jean Genet intitulée « Les bonnes ». Dans cette pièce, une des héroïnes qui suffoque à cause de ses conditions de vie scande à sa partenaire : « Il faut faire quelque chose, ne plus vivre comme des esclaves ».
Bien réalisé et possédant une très belle Bande-Originale, ce documentaire revient sur la descente aux enfers de la Grèce depuis la crise et nous invite à prendre part à ce ras-le-bol. Ce retour sur cette conjoncture qui gagne dorénavant toute l’Europe, et bien plus encore, n’est qu’une infime partie de ce film.  En effet, le documentaire se donne plutôt des ambitions de révoltes et d’optimisme en nous montrant ces mêmes critères chez le peuple grec. Il n’analyse pas une situation actuelle mais va au delà et via des interviews et entretiens nous offre à voir tout un panel d’initiatives économiques et sociales innovantes et rafraichissantes qui se dressent comme des alternatives concrètes au système actuel. Le documentaire est là pour nous dire que d’autres horizons peuvent être aperçus et qu’à défaut de les voir irréalistes, ils sont possibles puisque concrétisés par une partie de la population grecque, qui nous montre une solidarité incroyable, un humanisme à toute épreuve, une affirmation de l’utopie et une joie de vivre.
Je n’ai pas envie de vous en dire plus, j’apprends à tenir ma langue pour essayer de faire pendouiller la votre par la grâce d’une impétueuse curiosité et d’une brûlante impatience.
Pour moi, ce documentaire d’une part, par sa gratuité de partage et d’autre part, grâce à sa forme et son fond dynamiques et rayonnants, est subversif. Il bouscule l’échiquier, ses bords finis et ses règles rigides.  Il montre le possible, sans faire dans le misérabilisme mais au contraire avec de l’enthousiasme, de la solidarité et des sourires en ornements.
Car je pense qu’à l’heure où le politiquement incorrect n’est plus là où on le croit, c’est à dire dans la misanthropie, le pessimisme et le nihilisme (car ce sont justement ces bases qui sont prônées et nous sont imposées par notre civilisation occidentale), il est de bon ton d’effectuer un renversement de cette tendance. Le politiquement incorrect d’hier n’est rien d’autre que le politiquement correct d’aujourd’hui. Et, pour moi et seulement pour moi, il n’y a rien de plus politiquement correct que le pessimisme et cette posture misanthropique.
Sachant que le désespoir a une chaire privilégiée dans nos esprits, engendrant tout ce que l’on sait et voit autour de nous, et que je définirai le politiquement incorrect comme l’adoption de valeurs et de postures qui ne sont ni faciles à tenir et encore moins effectives au sein d’une période donnée : l’enthousiasme et l’optimisme semblent être pour moi des préceptes de l’ordre du politiquement incorrect, à ne pas confondre avec l’espoir. Car l’espoir est un moteur, l’enthousiasme, le sourire et l’optimisme des carburants qui valent chers à mes yeux. Mais dans mon amour raisonné pour les contradictions et le relatif, l’Homme, d’après moi, peut être souriant et révolté. Comment pourrait-il y avoir de crépuscule sans aurore ? Le sourire reste une posture subversive puisque sourire n’exclut par le grave, ni le malheur de l’Autre, ni la révolte, au contraire. Peut-on être révolté et heureux ? Je fais le pari que oui ! Et « Ne vivons plus comme des esclaves » nous le démontre par les sourires et les initiatives des participants interviewés.

LIENS :

Ne vivons plus comme des esclaves

Musiques :

Martin Jacques, Syntagma Square

Jean-François Brient, Epitaphe

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7 réflexions sur “« Ne vivons plus comme des esclaves »

  1. Oh merci!! Ça donne vraiment envie et j’aime ce que tu dis, oui, révoltés et heureux!!! 🙂
    Et en plus, je pourrai le partager avec ma famille en Grèce!
    Après un billet sur Barcelone, ville qui a touché mon cœur alors que je n’y ai mis les pieds que durant deux heures (deux heures inoubliables…!), voilà que tu parles d’un documentaire grec…!
    C’est parfait pour moi. 🙂

    • Ah non je connais pas du tout, pire ça ne me dit rien ! Pourtant le langage c’est un peu mon domaine d’études et bientôt « professionnel ». Et je n’en ai jamais entendu parlé (j’ai un peu checké sur google 🙂 et ça n’a évidemment pas grand chose à voir avec le langage des oiseaux )
      Et bien je vais écouter ça 🙂 merci du partage !

    • Merci beaucoup pour cette découverte !! Je n’ai pas terminé la conférence, mais c’est très intéressant tout ça.
      Et en effet ça m’intéresse beaucoup à titre personnel, j’aborde énormément la langue de cette manière. Je me suis beaucoup retrouvé dans les « jeux de mots » et trouvailles langagières que l’auteur cite en exemples !
      J’aime énormément mieux j’adore !
      Merci encore 🙂

  2. Bonjour Clément,

    pardon pour le retard dans la réponse, il se passe beaucoup de choses en ce moment.
    Je suis ravie que la langue des oiseaux te « parle ».
    Je voulais te remercier aussi pour le documentaire grec que j’ai adoré et que j’ai commencé à partager.

    Que ta journée soit belle :-),

    Elise

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