Spleen et plume d’automne

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Gabrielle Tacconi photographies – http://theroadwillbelong.wordpress.com/

Ténor, pourtant, ma plume d’airain par ce temps est aphone
L’aurore de mes mots, du quotidien s’embrume
Lourde comme l’enclume, toi, ma douce subis l’automne
Et l’indolence d’une expiration qui s’enrhume.

Soupirs graves et lèvres sèches ballantes, tu renâcles
Et dans un caprice, acerbe et aimante tu interpelles
Celui que tu penses coupable de cette éternelle débâcle :
Cet esprit de force épris, trop pris par des amants soumis à cet ordre perpétuel.

À demi-nue drapée de tissus, tes courbes le délient
Ton corps se mue en réchaud, ta mine reste de glace
Épanche-toi sur cette ancre pesante comme dans un lit
Et que de ces courts bras de Morphée grand bien nous fasse !

Frêle et fébrile, tu vacilles à la moindre intempéries
Qui comme une faucille te coupe le verbe sous le pied
Ta bouche est close, et sur tes lèvres ce radieux sourire
En souvenir des printemps éclos et de leur baume ensoleillée

À toi sur qui je veille, que je chéris,
Sais-tu ce qu’on dit des beaux jours ?
Qu’ils reviennent toujours et des mauvais on en rit
En attendant c’est sur ta peau que j’écris comme toujours.

Maintenant, je t’en supplie, laisse-nous nous endormir
Pour le plaisir et l’ivresse de renaître, nos mains tenant

Minoze

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3 réflexions sur “Spleen et plume d’automne

  1. Pfiouuuu… Fort ! Poète parmi les poètes vous êtes. Parmi les vrais. Ceux dont la plume reçoit de la Muse sa dictée. — — — (NB : J’avance. Je me taille à la machette une sente dans les ronces du doute et des frayeurs d’en dire. Aussi grâce à vous, Min’Ose. J’ose…)

    • Wow, je suis profondément touché. Merci mille fois pour vos mots forts et sublimes qui viennent se graver en moi, sur les pans de mémoire, et qui viennent éclairer une antre parfois trop sombre d’absences et trop froide de peurs, l’antre de mon être.
      Ce fut une magnifique journée en votre compagnie, au sein de nos demeures respectives (WordPress et Ipagination).

  2. Mais comment j’ai pu passer à côté ! Il est magnifique ce poème..

    « À toi sur qui je veille, que je chéris,
    Sais-tu ce qu’on dit des beaux jours ?
    Qu’ils reviennent toujours et des mauvais on en rit
    En attendant c’est sur ta peau que j’écris comme toujours. »

    J’aurai aimé que quelqu’un m’écrive ça … !

    Surtout, ne t’arrêtes jamais d’écrire.

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