2014 …

… Une année sans rime qui n’en est pas moins poétique puisqu’elle ne rime pas à rien !

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Odilon Redon – Ophélie au milieu des fleurs

I – Quid de ce titre ?

La nuit est belle. Je ne peux en avoir la certitude, les lumières artificielles m’empêchent d’observer avec attention le ciel, qui, je le pressens est dégagé, sans doute grâce à cette brise glaciale qui s’invite dans nos poumons. Mais peu importe, mes yeux et mes sens sont ailleurs, profondément dans l’instant et à hauteur d’hommes et de femmes. Comme un Phoenix renaissant de ces méandres, avec une telle énergie qu’une simple inspiration opère un gonflement du corps et qui, à la vue, impressionne et insuffle une confiance mutuelle; mes poumons emplis de chloroforme, mes narines d’héroïne, je plane dans une jouissance étrange. Nous étions majestueux, nous le sommes. Ce banquet annuel, certains l’exècrent par principe ou dégoût, beaucoup d’autres s’y jettent avec insouciance, sans recul, sans élan. Je me sens contraint de faire les deux. Mes valeurs, à défaut de les imposer aux autres, prennent racine avec eux.
C’était le réveillon du 31, je me tenais debout un verre à moitié-plein à la main, à cheval entre 31/1, un peu difficile à lire, disons entre aujourd’hui et demain. Deux femmes euphoriques me faisaient face, là, assises comme des princesses à moitié animales, assumant leur félinité dans le fait de montrer leurs dents. Un ami à mes côtés, sur mon flan droit, la symétrie est intéressante; puis dans notre dos tout une flopée d’invités très singuliers. Nous rions en chœurs, les cœurs insouciants gentiment alcoolisés. 3,2,1, le décompte traditionnel s’est aussi vite estompé que les « bonnes années » de rigueur qui en résultèrent. Mais l’enthousiasme, l’euphorie, cette belle femme, elle, dansait avec autant d’assurance, de démence et de sensualité qu’une danseuse hispanique. C’est cela qui importe, le langage du corps, le discours du cœur qui se dandinent tels des cobras hypnotiques. Dans cette folie collective, il y avait toujours ces deux femmes qui m’étaient jusqu’alors inconnues. Elles riaient aux éclats comme pour s’abandonner au réel, pour une fois. À chaque fois qu’elle furent prises d’une de ces crises de rire, elle se cambraient en avant, scindant leur corps en deux comme pour stopper net cette maladie passagère. Dans cette folie, elles ne cessaient de croiser et de décroiser leurs jambes, emmitouflées dans des collants, comme prises d’hystérie. C’est dingue de voir à quel point le corps peut avoir tant l’éloquence… C’est ainsi qu’au diapason de leurs éclats buccaux-festifs, leurs éclats de voix nous happaient, moi et mon ami, comme le chant des Succubes. Nous jetâmes alors une oreille plus attentive :  « 2014 l’année de … », leur brouhaha cessa l’espace d’un milliseconde et elles reprirent, sans que leur teint étincelant de leurs visages ne se soit effacé : « Bah, ça ne rime avec rien 2014 ! ». Le mystère resta entier… l’énigme me tortura pendant, admettons, l’espace de 3min, le temps qu’un des invités au commande de la musique ne passe la BO du film coup de poing d’Abdellatif Kechiche, La vie d’Adèle et que j’investisse, par la suite, l’espace dédié à l’expression des corps festifs : Lykke Li – I follow Rivers

C’est ainsi que je vous introduis cette symphonie nouvelle avec cette note anecdotique qui dégouline de symboles et de mystères qui me sont chers. Ce réveillon du jour de l’an, malgré ma volonté de me tenir loin des traditions et de la redondance sans esprit ni cœur, m’a fait prendre conscience que l’on pouvait vivre dans la solitude tout en ayant des ami.es à qui l’on donnerait sa vie, au sens propre et figuré, je n’ai pas dit « donner sa mort », mais bien sa vie. Merci à eux et à la vie que je mène pour avoir remis certaines personnes sur ma route. Oui, en effet, je fais dans le sentimentalisme, un luxe que je m’autorise voguant entre amour et haine, et trop souvent ces temps-ci entre haine, incompréhension et sentiment d’abandon de la part de ce monde qui a si peu à m’offrir… C’est surtout qu’à chaque billet, j’ai l’impression que je joue ma vie, de faire mon testament, disons, un test d’amant. J’en assume la niaiserie et trempe mon clavier dans du miel.

II – Interlude : trinquons !

J’écris ce billet par la grâce du simple mouvement de ma pensée, sans filet, sans aucune ligne directrice, si ce n’est un rituel quelque peu inconscient mais non mortel, et m’échine à trouver l’inspiration pour que ma plume fasse d’une pierre deux coups : faire part de mes vœux 2014 et marquer mon retour dans la blogosphère que j’ai rarement quittée aussi longtemps depuis que j’y ai trouvée une résidence secondaire. Alors veuillez pardonner son aspect décousu. Ou alors ne serait-il pas une volonté de ma part, moi, tiraillé de toute part ?
À vous, oui vous, puis vous, puis toi, et toi (toi, toi, toi),  maintenant que l’on se tutoie, même si l’on s’est jamais vus ou ne serait-ce qu’une seule fois : « Et ne m’en veux pas si je te tutoie, Je dis tu à tous ceux que j’aime, Même si je ne les ai vus qu’une seule fois, Je dis tu à tous ceux qui s’aiment, Même si je ne les connais pas »; je ne vous souhaiterai pas une bonne année, non ! Comme j’ai déjà pu l’exprimer, non sans joie, souhaiter la bonne année a moins de sens que de souhaiter à chacun et chacune de tout faire pour qu’elle le devienne ! Voilà tout ce que j’ai à vous dire.
Alors levons nos vers et faisons retentir ce gling gling festif en trinquant dans l’ivresse et la beauté de l’instant ! Demain n’attend que nous, des gens fous, d’une folle lucidité, imbibés d’alcool…
Je ne peux que vous souhaiter de ressentir l’ivresse, qu’elle vous gagne, vous submerge, car le nouveau rationalisme insensé et despotique d’aujourd’hui nous reproche d’avoir trop d’affects et « voudrait que l’on rédige des poèmes avec des calculettes« . Je ne parle pas des affects sources de passions tristes spinozistes, ou des passions des vices et viscères qui ne cessent d’alimenter l’actualité, dont elle-même est dégueulassement imbibée, mais de l’ivresse fiévreuse, celle qui nous fait boire l’eau de vie à pleine lampée, cet alcool qui chatouille les lèvres, et chauffe le palais pour finir par embraser le corps entier !

« Et tu bois cet alcool brûlant comme ta vie
Ta vie que tu bois comme une eau-de-vie « 
Apollinaire

III – Une manière de parler de la vie

« Le renouveau a toujours été d’abord un retour aux sources « 
Romain Gary

Je lus cette citation sur un des blogs que vous pouvez consulter sur la droite de votre écran, et cela m’a rappelé une réflexion émanant de mon introspection. Ma façon de vivre chaque année m’est singulière, j’ai le sentiment profond et sincère que je vis chaque année comme une renaissance, une renaissance qui s’additionne aux précédentes; pour ne pas simplement renaître mais devenir constamment. 2014 n’échappe pas à la règle.
Qu’est-ce qui a changé en comparaison à ces deux dernières années et quelques poussières (depuis la création de ce homme, sweet home) ? J’ai simplement vécu plus. Mon existence déborde ! Et dans ma volonté de garder à mes côtés une certaine solitude salutaire et solidaire, je pratique un art de l’oisiveté, que je partage avec l’écrivain Hermann Hesse. Cela me permet de ne pas me perdre dans les dédales du relationnel oblige et parfois imposé par la peur de ne rien faire ou d’être seul et des activités forcées, par le relationnel susnommé, et souvent imposées par la société. Le trop-plein de l’ère de l’homme qui se croit libre mais n’est pas sans chaîne. Voici le prix que je paie pour vivre comme je l’entends et vivre plus, comme je le prétends. C’est une des explications à mon absence récurrente récente, sur ce blog.

« Si je me persuade que cette vie n’a d’autre face que celle de l’absurde, si j’éprouve que tout son équilibre tient à cette perpétuelle opposition entre ma révolte consciente et l’obscurité où elle se débat, si j’admets que ma liberté n’a de sens que par rapport à son destin limité, alors je dois dire que ce qui compte n’est pas de vivre le mieux mais de vivre plus »
Albert Camus – Le mythe de Sisyphe

« Au fil des minutes écoulées, je me retrouve étranger à celui que j’étais tout à l’heure encore; en vertu de quel illogisme porterais-je le poids de sa faute ? L’occasion est toujours manquée, nous n’allons que de ratage en ratage, tout essai de cristallisation significative relève de la parodie; nous n’avons pas à usurper la fonction des dieux.
Abandonnons-nous aux caprices de l’incertitude. »
Louis Calaferte – Promenade dans un parc

C’est en citant Louis Calaferte que j’en reviens donc à cette sempiternelle renaissance évoquée plus haut, qui n’est qu’une facette de l’existence, et à laquelle j’ajoute que de ce phénomène naissent ainsi trois instances : « j’aime » « je vis » et « je crée », trois instances que l’on se doit de faire coïter; constamment nouveau-né… Voici mon ambition que je ne cesse de frôler en prenant l’écriture un peu plus au sérieux (je réécris et publie certains textes sur une nouvelle plate-forme, dorénavant, troisième résidence : Ipagination.com , et impose une identité aux esquisses bien appuyées).
Je boucle la boucle, à chaque nouvelle année que je souhaite je suis comme a-né, un pas encore né, en pleine naissance. À ce parcours s’ajoute constamment un échelon de plus qui fait de moi un être complexe mais surtout complet, que je pétris sans cesse. C’est également et finalement ce que je vous souhaite le plus. Mais ceci est un perpétuel cheminement. Le but n’est pas d’arriver à terme mais de devenir constamment. Il s’agit, de mon point de vue, d’une manière de plonger dans les abysses de l’affirmation de la vie. Son blason, création.

« La grandeur de l’Homme, c’est qu’il est un pont et non un terme; ce qu’on peut aimer chez l’Homme, c’est qu’il est transition et perdition. »
Nietzsche par Gilles Deleuze.

Et je terminerai ce billet, moins long que je ne le pensais, avec une autre citation de Deleuze et de son fabuleux Nietzsche qui pourrait être l’avant-propos de ce blog  :

« Un pas pour la vie un pas pour la pensée. Les modes de vie inspirent des façons de penser, les modes de pensées créent des façons de vivre.
La vie active la pensée, et la pensée à son tour affirme la vie »

Œuvrons chacun et chacune à la tâche qui consiste à faire de chaque année un art de la maïeutique.
Citoyens, artistes et médecins.

J’aurais tellement voulu faire de ce billet une rétrospective 2013 dans la même lignée que celui de l’année dernière mais la flemmardise m’a autant gagné que la fatigue et je suis pris en otage par une journée qui n’a pas assez d’heures, une nuit trop courte et un vol imminent vers une contrée inexplorée :

« Dehors c’est Dublin, y’a du crachin et puis des lois d’airain
J’dirai rien, j’reste pas la vie c’est CDD ! »
Gaël Faye – [En résidence] #1 freestyle

J’ai essayé tant bien que mal de distiller quelques découvertes de tout ordre dans ce billet mais ce fut tellement peu en comparaison avec ce que j’ai vraiment vécu; senti, vu, lu, ressenti, partagé, écrit.. La vie continue, tout ce qu’elle implique aussi. Je vais essayer de reprendre mon assiduité d’antan et d’opérer aux quelques changements sur ce blog dont j’avais vaguement parlés il y a longtemps.

Une grande, amicale et sincère pensée à cette merveilleuse rencontre que je fis en cette fin d’année 2013 et qui m’insuffla un air si nouveau et pourtant tellement familier; à vous chère Mandragaure , poète aux maux dits .
Et une dernière pensée à cet artiste des cieux, que ses anciens sites ont du rejoindre, qui m’apprit à jouer dans les nuages et à ajouter le complément adjectival « lucide » à rêve. S’il… si tu me lis, bonjour à toi et bonne année, ta présence m’a été chère aussi bien pour moi et mes modestes ambitions de blogueurs que pour ma plume, timide, qui avait besoin d’attention.
Tu te reconnaîtras, je l’espère !

Malgré tout et toute mon indignation, on vit une belle époque

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12 réflexions sur “2014 …

  1. un très beau billet avec plein de belles choses dedans. ça bouillonne ici…il y a des bulles de champagnes, et des morceaux de nuit, du coeur et de l’inspiration, de l’authenticité et de la rebellion. moi je dis, que tu fais un très bon révolutionnaire intérieur. en plus tu convoques herman hesse ! je viens de finir demian, et j’enchaine avec siddharta. ce herman hesse je l’aime. il me transporte à chaque fois . je serai ravie de te lire plus souvent. ..belle année 2014 et si t’es de passage à Paris. fais moi signe.

    • Merci ! Écrire ce billet m’a été difficile, car le temps se faisait long et j’avais peur de perdre cet enthousiasme que je mettais dans mes billets précédents, si alors ça bouillonne dans celui-ci je suis profondément rassuré et infiniment ravi !
      Et merci pour ce compliment inestimable, j’espère en effet faire un bon révolutionnaire intérieur ;). Et oui, j’aime beaucoup Hermann Hesse, Siddhartha est une très belle épopée qui me parle beaucoup et L’art de l’oisiveté est un ouvrage dans lequel je me retrouve aussi beaucoup autant dans le fond que dans la forme :).
      Bref, ce commentaire me touche beaucoup, comme j’aime le dire et le radote : au plaisir de nous lire et à très bientôt. Une très belle année 2014 !

      Je prends l’invitation au mot ! Je n’y manquerai pas ! D’ailleurs je serai dans le coin au mois de février, je vais assister au congrès international des recherches en écriture, alors je ferai surement un signe !

      • intéressant ce congrès ! peux tu me donner plus d’infos ? je suis dispo en février. donc n’hésite pas il m’arrive fréquemment de rencontrer en vrai d’autres collègues blogueurs et c’est toujours très sympa :)cordialement sandra

  2. Quand je reçois une notification d’un nouveau billet sur ce blog, je m’empresse d’aller le lire savourant d’avance la douce ivresse des mots.Que d’agréables moments je passe avec ta pensée traduite en mots. Merci!
    2014 rime peut-être avec rien mais il en est de même pour toute les années. C’est à chacun et chacune de définir l’année selon ses propres désirs. C’est à chacun d’être le héros de sa vie (je sais, c’est pas très original de ma part).
    En ce qui vous concerne, Cher Homme sweet home, tu sembles être en bonne voie. Je t’encourage à poursuivre ta route et … au plaisir de te lire de nouveau.

    • Je reste troublé de cette fidélité et tout autant profondément touché, merci, mille mercis …
      En effet c’est à chacun de faire de l’année, une année qui lui est propre, qui lui correspond et qui lui répond; c’est le héros qui part en quête de son année, qui la conquiert et non l’inverse ! Alors oui c’est à chacun d’être le héros de sa vie, et ça reste une formule bourrée de sens et de symbole, surtout lorsque l’on s’affaire à lire tes aventures du quotidien !

      Merci, j’espère oui être sur une bonne voie, que je compte de toute façon poursuivre !
      À très bientôt !

  3. Mes chaleureuses salutation à toi aussi. Je suis un peu surpris d’ailleurs de l’impression durable que j’ai laissé ici, je le dis modestement, pour vrai. Je suis et je demeure pour ma part un habitué de ton blog, certes discret, mais non moins fidèle. Je me réjouis de te voir continuer. Qui sait, peut-être un jour reprendrai-je l’écriture d’un blog? Je ne manquerai pas de me manifester, c,est une promesse.

    Au plaisir et bonne plume!

    • Quelle surprise ! troublante, touchante…
      Je garde dorénavant en mémoire ces êtres qui m’ont ouvert un monde, un monde qui m’était inconnu mais également un monde qui était en moi et qui n’a fait que s’ouvrir davantage grâce à ces liens singuliers tissés. Même si cette rencontre fut peut-être courte, elle fut profondément marquante et constitutive dans ma vie de blogueur qui débutait . Pour cela, je ne pouvais pas passer à côté de cette légère pensée qui irait, je le savais, voguer vers les nuages, ton royaume, en frappant à ta porte au risque de ne pas troubler le silence. C’était le geste qui importait. Résultat, ces quelques lignes en guise de réponse qui me vont droit au cœur. Et, je savais au fond de moi que silence n’était pas absence !

      Je repense souvent à certains de tes écrits, de tes lettres, qui m’avaient bouleversés à leur lecture. Alors je ne peux qu’encourager, certes quelque peu égoïstement, l’écriture d’un blog de ta part. Mais il ne faut pas forcer la créativité, voilà pourquoi j’encourage mais ne souhaite pas à ta place, la création d’un nouvel espace à explorer et à faire partager.

      Au plaisir, également, et merci pour tout !

  4. Je me lève pour éteindre mon ordinateur, au terme d’une belle journée d’ivresse, une grâce indicible, de ces jours où tout coule de source, où l’instant présent est sacré, où chaque petite seconde a son importance, où la beauté de chaque chose et de chaque être resplendit ; journée de rires, de simplicité, d’évidence, de musique, d’amour, journée de « rêve » et pourtant journée réelle, une réalité de rêve qui s’ouvre à moi en cette nouvelle année qui pour moi est une renaissance, après l’expérience d’un enfer inimaginable.

    Voilà qu’au terme de cette journée donc, je découvre avec surprise et avec joie une nouvelle publication tant attendue, de la part d’un être qui étrangement m’est cher et si proche, je ne puis comprendre pourquoi.
    Je frissonne, je bois les mots avec exaltation et voilà que je bloque sur mon éventuel commentaire…
    Que dire ?
    Merci pour tes mots, merci d’être là, en écriture et en présence silencieuse.
    Je te souhaiterai pour cette nouvelle année, ami lointain et si proche de mon cœur, de poursuivre cette écriture divine, d’oser sans crainte t’aimer pleinement comme tu aimes l’autre, de faire grandir encore la confiance et la foi dans la beauté de ton âme qui est le plus beau cadeau que tu puisses faire à l’Autre.

    Belle nuit à Toi,

    Elise

    • Je rentre à peine, exténué mais émerveillé comme un gosse, d’un court séjour à l’air nouveau et revigorant et voilà que, comme des cartes postales d’êtres chers, je lis ces commentaires terriblement touchants. J’en reste même profondément surpris, alors que dans le fond, où se trouve une lie d’orgueil, j’avais l’intuition certaine que certains allaient réagir..
      Mon émotion grandit à chaque lecture, mon corps vacille au point de se rouler dans le déni, je relis puis mon corps abandonne. Mon esprit, lui, est marqué au fer et au faire. Il me faudra un peu de temps, comme d’habitude, pour répondre.
      Puis je me décide à relire ces, dorénavant, marques du temps, marques du cœur, et tes six premières lignes me bouleversent tant elles possèdent d’une part un style et d’autre part une intensité folle dont je me sens terriblement proche, une intensité que j’essaie d’insuffler dans mes mots.
      En effet, si tu as traversé les enfers c’était pour mieux renaître de ces cendres. Et même si parfois tu n’en as pas conscience, ces six lignes, leur articulation : cette énumération au vocabulaire d’ivresse et de rêveries pour terminer par l’enfer, ces six lignes sont la preuve que, dorénavant, tu as cette force de traverser, cette force de renaître, cette force de supporter les fardeaux que tu allèges en les sublimant.

      Merci pour tout, merci également pour ta présence. Si j’ai l’air quelque peu expéditif dans ces dernières lignes de commentaire c’est parce que tu as parfaitement traduit mon ressenti vis à vis de ce lien qui nous unit : « un être qui étrangement m’est cher et si proche », « en écriture et en présence silencieuse »; « ami.e lointain.e et si proche de mon cœur ». Que dire de plus ?
      Et je n’ai pas de mots pour tes dernières lignes qui me bouleversent à un point… que je sers le poing et n’ai qu’une envie, celle de crier au monde numérique et au delà, la beauté de ce genre de partage et de création, la beauté de ces voix.
      Merci pour tous ces vœux chaleureux à mon égard… Et n’arrête pas d’écrire !

      Belle nuit à toi, même si le jour s’éveillera incessamment sous peu;
      Alors quelque part, je célèbre la beauté de cet entre-deux …

      Clément, Minoze.

  5. Waaaouuuuuuh !
    J’ai la tête dans les étoiles et le cœur rempli d’amour, du mien et de celui que je reçois de toi, là tout de suite ! 🙂

    Point d’orgueil Clément dans la certitude profonde que tu allais recevoir l’amour en retour de celui que tu avais communiqué et partagé, c’est là seulement une belle loi de la nature ! 🙂

    Je me délecte encore et toujours de ce don extraordinaire que tu as de trouver et d’exprimer les mots justes (là où même parfois, on serait tenté de rester silencieux, à savourer cette joie profonde, sans plus bouger… ! 😀 Chose que l’on fait d’ailleurs, en mettant ce temps qu’il nous faut pour réussir à répondre !) et qui vont droit au cœur, qui expriment l’amour et ce, en toute délicatesse, délicatesse qui, loin d’atténuer ton amour, en sublime l’intensité extraordinaire. (J’aime cette « folle intensité » dont tu parles et je m’en sens habitée en effet !)

    Un enrobage de délicatesse et de pudeur, comme pour rendre accessible à l’autre cette lumière qui pourrait sinon l’éblouir et le faire vaciller trop fort.

    Merci pour ton soutien, merci pour ton amour, merci pour ta poésie, ta délicatesse et la furieuse intensité de tes sentiments !
    Merci pour tout Clément,
    à très bientôt !

    Elise

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