Renaître

la-lutte-1957

Jacques Villon – La lutte (1939)

« Il ne cherche pas la pauvreté. Il cherche l’abondance qu’aucun argent ne sait donner. »

Christian Bobin

Ma vie part en lambeaux… lambeaux de chair, lambeaux de pensées, lambeaux d’un avenir qui se déchire… la mort et l’incertitude me façonnent… Et, pourtant, je m’en fous.
Au feu ! je m’en fous.. En feu ! je m’en fous.
Ce je m’en foutisme ardent concernant ma condition est bien là le signe que ma ferveur invincible et moi-même ne nous soumettons pas au sort ni à l’infortune.
Je n’ai nulle ambition si ce n’est celle de renaître et renaître encore;
ne pas perdre cette fièvre puis ce sang et ce cri qui s’échappent à chacune de mes naissances… jusqu’à ce que cette jeunesse, un jour, se délite et s’évade, non de mon corps, mais de ce coeur devenu trop lourd d’expériences et de mensonges paralysants; trop lourd au point de ne plus pouvoir s’expulser de cette origine de l’Homme; ainsi s’étouffer jusqu’à me laisser le corps froid et inerte… à cet instant, la certitude et la mort m’embaumeront. Mais pas avant !
Renaître de la sorte, c’est accepter sa nudité d’une existence perpétuellement nue. Au diable l’opprobre ! tant qu’il y a de la vie ! incendiaire !
Mon sang, mon esprit, mes sens, graviteront autour de tout ce qui est vie. Je rôderai autour de tous ces sans existence fixe comme hier je rôdais autour de la débâcle de mon avenir. Je me shooterai à l’inconfort et à l’échec. Je m’enlacerai de  faiblesse et de malléable. Et, marquerai mon territoire autour des confins et de ces étendues, vides à première vue, où tout peut jaillir, à commencer par l’existence, brute et puissante comme un bloc de granite vierge dans lequel peuvent se sculpter des beautés infinies.
Je goûterai, comme un nouveau-né, nu, les saveurs des commencements, l’abondance des simples touts, des petits riens pour lesquels l’émerveillement et la jouissance sont certains.
Je me le crie; ainsi je serai. Sale gosse pyromane. Ma maladie; ma douce folie.

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2 réflexions sur “Renaître

  1. Bravo pour le choix de tes mots et de la façon que tu les a alignés.
    La lecture à haute voix de ce texte en rehausse sa beauté et sa vivacité.
    Que de positifs dans ces mots «l’abondance des simples touts, des petits riens» La renaissance à chaque jour, j’adore et … je m’y abonne tout en m’y abandonnant.

    • Merci, tellement merci !
      Peut-être parce que je clame ces mots tellement fort dans mon esprit que la beauté et la vivacité sont rehaussées par la lecture à haute voix !

      Et oui positif, je ne peux m’en empêcher… Ce que je trouve intéressant dans la manière que j’ai eue d’écrire ce texte c’est le cheminement. Au départ, il n’y avait que ces deux premières lignes, cette espèce de constat tragique, toute proportion gardée. Ensuite, j’ai laissé aller mes doigts sur le clavier jusqu’au point final. Et voilà.
      Le début partait d’un état émotionnel passager et disons plus intime. La suite, sachant déjà ce que j’allais faire de ce texte, le publier, fut la pensée que je voulais partager et laisser aux autres, lecteurs.

      Merci encore pour ton commentaire !

      Et en guise de petit « PS », je continue de te lire régulièrement ! Je tiens à le dire parce que, comme tu as pu le faire ici maintes fois, j’ai laissé rarement la trace de mon passage chez toi alors que maintes fois j’ai voulu le faire ! Il a simplement été question de problème technique. Tenant un blog sur des plateformes différentes, je me suis rendu compte qu’il m’était assez compliqué de commenter sur le tien avec mes identifiants wordpress (j’ai essuyé quelques bugs). Il fallait alors passer par une autre adresse mail etc. Et le fameux « j’aime », même si on peut le critiquer, permet parfois de montrer simplement sa présence sur wordpress. Mais je ne fais pas du tout un comparatif ni une publicité non ! J’énonce simplement un état de fait pour te dire que l’invisible n’est pas absence ! 🙂

      (D’ailleurs, il n’y a pas si longtemps, en passant dans un rayon livres, je suis tombé nez à nez avec « les quatre accords toltèques ». Ça m’a donc fait penser à un de tes billets ! J’ai failli craquer mais le vide des mes poches m’en a empêcher !)

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