Plume schizophrénique (interlude)

Kev Brown – Good Times (instrumental)

J’ai la rime vacillante et le stylo dynamite
Pseudo : Rimmel Vaillant, mon palpitant crépite
Et les cernes ne me quittent pas mais annoncent les beaux jours
Je n’ferme les yeux qu’au lever du jour, toujours
De l’encre dans les veines, j’me réfugie
sous une feuille blanche même par temps de pluie
Même partant depuis l’zénith social, j’plonge dans ces étranges méandres d’aujourd’hui :
La vacuité cérébrale embrassant ces foutus dédales
Font naître la perversité et la faculté d’perdre les pédales
Alors souvent j’me retire de ce banquet de légumes
En croquant la pomme et ces quelques vers que j’exhume
Solitude, saine attitude pour survivre à cet orage
Et faire vivre mes enfantillages, fontaine de jouvence : j’ne f’rais jamais mon âge.
Ma génération perd pied, et n’a plus aucun visage
Peint les horizons sur un trépied, et séquestre le partage
Comment en vouloir à ces gens dont j’fais partie, victime de nos déboires
J’habite les mots comme un mouvement crépusculaire,
En échanges épistolaires, modestement j’écris l’histoire.

Moi frêle, avec ma plume en terre glaise
Je frôle, hume l’éther et baise alcoolique
Les vers à moitié plein de braises
Je m’essaie aux cimes en rimes d’ascèse chaotique

J’ai peur pour ma révolte, car les années pervertissent
J’exhorte les damnés à la pulsion créatrice
Je respire ma jeunesse au lieu d’l’ère administrative
Pour voir sa mort de face si j’tombe dans vos amours sélectives
Comprends mon amertume, j’ai vu la mort de près et tous ces r’gards de brume
J’pressens l’avenir funeste alors pieds sur l’bitume, j’brandis la plume !
Moi rêveur lucide j’reste au cœur de toutes ces âmes livides
L’esprit dans les comètes, j’ai commis l’crime par excellence
Celui d’immoler mon cœur par le feu je tourne avide de sens
Au fond j’suis égoïste, je chante tous mes maux lancinants,
Pour ne pas finir broyé par l’absence et le silence.
J’possède l’esprit d’contradiction moteur de mon essence
Je chiale d’optimisme et d’attention pour faire naître la quintessence
Renaissant chaque soir, j’me plais à lire et méditer, schizophrénique,
S’il te plaît pardonne cette arrogance rythmique
C’est pour briser la torpeur de tous ces pleutres anémiques.
Voilà que je ris jaune, du pouvoir de mes mots je reste sceptique,
Mais j’resterai pour voir l’boulot en impétueux réceptif.

 

Moi frêle, avec ma plume en terre glaise
Je frôle, hume l’éther et baise alcoolique
Les vers à moitié plein de braises
Je m’essaie aux cimes en rimes d’ascèse chaotique

Voici ce qu’est d’avoir la plume schizophrénique

 

Minoze

 

Un léger et mélancolique interlude pour ne pas perdre le fil et le contact malgré les rayons de soleil et la saison riche en aventures, en voyages, en partages, en  légèretés et bien entendu en beautés.
Des nouveautés arrivent, je travaille sur une nouvelle rubrique littérature sans prétention, et réfléchis à mes futurs billets !
Entre deux périples estivaux, mes livres et de la procrastination numérique, je rhabille un peu ce Live And Think comme vous avez pu le constater 🙂
L’esprit peut-il se mouvoir sans le corps ? Les essences sans les apparences ? Le fond sans la forme ? Pour moi, non.

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2 réflexions sur “Plume schizophrénique (interlude)

  1. Un interlude qui regorge, et qui déborde, de cette volonté de dénoncez les «stupidités» du quotidien que nous acceptons trop souvent. Le jeu de la vie moderne est pas toujours un jeu juste!
    Tu qualifies de mélancolique ce billet, je le qualifierais de lucide. Le choix des mots a un petit quelque chose de mélancolique mais l’ensemble dégage la combativité qui t’habite. Par exemple, cette phrase: «J’pressens l’avenir funeste alors pieds sur l’bitume, j’brandis la plume !»; il y a avenir funeste qui est négatif, selon moi, mais le verbe brandir vient changer cette phrase en positif. De là mon commentaire de lucidité, l’avenir funeste est «peut-être» ce qui nous attend si rien ne change.
    Je te rassure, le pouvoir des mots existent bel et bien et tu es un superbe alchimiste en la matière.
    Bonne période estival à toi.

    • C’est amusant, autant que profondément touchant, mais je crois que si j’avais lu ce texte en tant que lecteur, sans en être l’auteur, j’aurais eu cette similaire inspiration en guise de commentaire : Évincer « mélancolique » pour y préférer « lucide ». Voilà ce qui nous rapproche, ce même regard lucide sur le monde, mais quelque part tragique puisque s’il est lucide ce regard, c’est qu’il est vrai ? Malgré cette « tragédie », ce partage, ce même regard que nous partageons me rend heureux et me fait sourire :).

      Et en effet, ton analyse est très juste ! Ce contraste que tu pointes entre « funeste », ce côté négatif donc, et son envers, l’aspect plus positif avec l’emploi du verbe « brandir » est juste ! Tout est contraste, du moins chez moi. Je le cultive même. Ce résultat est même volontaire de ma part dans ce texte, d’où cette « plume schizophrénique » dont je fais état, cette ambivalence, entre haine que je ressens face au constat que je me fais et amour profond envers l’Homme et sa création.

      « Tu es un superbe alchimiste en la matière » mais que répondre à ça ? ça m’est impossible, je suis bien trop bouleversé par ce magnifique compliment…
      Merci à toi, et à très bientôt,
      Toutes mes amitiés !

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