Pérégrinations numériques #1 : E-culture, des sciences au cinéma

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Binary Mona Lisa – By Invader (Street artiste)

Fin Août, enfin quasiment, je profite du calendrier et du temps (maussade il faut le dire) pour faire ma rentrée. Par la même occasion, j’inaugure, enfin qu’à moitié, une nouvelle rubrique : « Pérégrinations numériques ». J’ai un gros faible pour ce vocable de cinq syllabes depuis quelques temps à présent.
Pourquoi inaugurer qu’à moitié ? Il sera question dans ce billet de parler de mes trouvailles au détour d’un clic et en particulier de présenter quelques youtubeurs et leurs chaînes Youtube qui attisent aussi bien ma curiosité que mon intellect et mes zygomatiques ! Un exercice auquel je m’étais déjà adonné auparavant avec le billet « Minute Papillon » . Billet dans lequel je présentais quelques compagnons  numériques exerçant leur créativité sur la plate-forme Youtube, et profitais de cette opportunité pour exposer cette « E-culture » brièvement et maladroitement il faut l’avouer, spécifiquement concernant le vocabulaire employé. Il s’agit alors, pour être plus précis, du « Pérégrinations numériques #1,5 ».
Cette semaine, lors de mes pérégrinations ordinaires (aussi bien numériques que In Real Life), je découvrais des choses très intéressantes sur la toile. Par conséquent, je laissais l’idée jaillir en moi et sans lui laisser le temps de trop murir (de mourir ?), je décidai de créer une nouvelle rubrique sur ce blog qui mettrait en avant, à travers mon expérience, cette culture numérique. Décision d’autant plus légitime que le sujet abordé s’avère être au centre de mes travaux de recherches universitaires en Sciences Du Langage depuis quelques années (travaux suspendus, momentanément je l’espère) et qu’en tant que digital native à la curiosité maladive, il était de mon devoir intellectuel de m’y intéresser. L’idée d’aborder le sujet me titillait depuis un moment, mais sans trop savoir pourquoi je n’osais pas me lancer à travers cette plate-forme plus « personnelle » dirons-nous. Ce blog, au travers de cette modeste rubrique, fera ainsi office en quelque sorte d’un observatoire du net, que j’alimenterai régulièrement, je l’espère, si je ne suis pas kidnappé par la fainéantise qui a tendance à me caractériser ces temps-ci.
« E-culture », expression de mon cru mais très inspirée de ma rencontre avec Bruce, un youtubeur que je compte vous présenter, fondateur de la chaîne Youtube « E-penser ». Expression à double-sens, véritable boucle d’oreilles de cette Vache qui rit, emblème de la culture populaire dont on se sert souvent pour illustrer la « mise en abîme ». En effet, « E-culture », la culture du numérique mais également la culture numérique, au sein du numérique. Cet état de fait, dorénavant devenu lieu commun n’est plus à prouver donc : le web est un véritable laboratoire où s’épanche et se forge la culture, une considérable médiathèque avec autant d’enjeux, d’avantages et d’inconvénients que la webosphère fait ainsi naître. Pour ne pas perdre de temps, je ne souhaite pas rouvrir le débat dans ce billet quant à cet accès à la culture via le numérique. Je ne suis ni un technophile endurci, ni un technophobe réactionnaire, encore moins un prophète du « tout-internet » (discutez avec moi de Littérature et de livres, vous comprendrez). Concernant ces différentes positions, j’en profite au passage pour vous conseiller l’ouvrage de Philippe Breton « Le culte de l’internet », ouvrage déjà dépassé puisque publié en 2000 !
Passons. Le web (le numérique au sens large) n’est qu’un outil, certes pour ma part, un véritable prolongement, disons un élément additionnel, à l’univers dans lequel l’Homme peut, réellement, disons, corporellement, se rencontrer. Mais il n’est tel que par les actes et vouloirs des internautes. Il possède donc ses failles et ses enjeux. Alors terminé ce manichéisme primaire « le web, c’est mal ». Soyons clairs : la culture à travers le numérique ? certes accessible en un clic mais demande autant d’effort intellectuel et de cheminement personnel pour s’en imprégner, que la culture institutionnelle.  Voire même demande plus d’efforts et de vigilance, puisqu’en binaire, nous nageons non seulement seul mais surtout en eaux troubles. Voilà où se trouve l’enjeu qui ne se règle qu’en invoquant une véritable pédagogie du numérique, une éducation sur le statut d’internaute, d’être numérique, pour apprendre à surfer, trier, synthétiser, vérifier et stocker les informations afin de se forger une culture solide où gravitent la véracité, la créativité et la prise de recul. Ce sont de grandes questions qui me prennent aux tripes et cela au quotidien, pas seulement au sein de l’univers numérique mais au sein de notre monde contemporain où le trop-plein et la polémique constante sont roi et reine. Comment se cultiver convenablement ? Et où est le vrai du faux ? De ces simples mais non moins tortueuses interrogations, j’en ai d’ailleurs ressorti une sorte de pamphlet que vous avez peut-être déjà dû lire si vous me suivez : Comment ? Quoi penser ?
Trêve de gazouillis théoriques et introductifs et passons au cœur de ce billet qui n’est autre que le partage de mes découvertes numériques qui entrent parfaitement dans la ligne éditoriale de ce blog !

De la vulgarisation scientifique sur Youtube …

Il fallait E-Penser

Entre deux discussions, on me  conseille cette chaîne Youtube créée par Bruce : E-penser

Et voilà que je découvre un être d’une curiosité folle doublée d’un intérêt fou en ce qui concerne les Sciences. Muni d’un charisme qui fait de lui un très bon orateur et surtout un excellent pédagogue, Bruce nous vulgarise la relativité restreinte ou encore nous explique pourquoi Pluton n’est plus une planète, nous met en garde contre les statistiques et ce qu’on peut leur faire dire (cela me rappelle un chapitre éloquent dans l’ouvrage de Normand Baillargeon « Petit cours d’autodéfense intellectuelle« ) et le must, nous expose dix choses insensées que le cerveau sait faire.
Sa chaîne, comme de nombreux youtubeurs, se composent de différents formats qui se démarquent souvent par leur forme (le montage par exemple et la durée). Ici, E-penser propose un format court (plus ou moins 5min) et des formats plus longs oscillant entre 15 et 30 min. Si vous voulez davantage d’informations sur lui, je vous conseille de visionner sa vidéo FAQ (Foire Aux Questions), dans laquelle il parle de lui, de son parcours scolaire, de sa manière de travailler, de ses influences, des objectifs de sa chaîne etc etc…
Voici quatre vidéos que je partage avec vous. Quatre vidéos, d’après moi, représentatives de cette chaîne Youtube mais également de cette E-culture où convergent curiosité, culture, créativité, bricolage et humour :

Attention aux chiffres et statistiques !

Le lieu le plus dangereux de France
(vidéo qui vient me rappeler le contenu de quelques uns de mes cours universitaires notamment l’épistémologie en Sciences)

Dix choses insensées que votre cerveau sait faire sans E-penser

        Pourquoi le bâillement est-il contagieux. Et l’origine des civilisations.

Après la vidéo sur les capacités étranges du cerveau, Bruce d’e-penser approfondit le sujet.

Que dire ? à part que dans cette vidéo, il y a tout… tout simplement :

Des neurones-miroirs, à l’empathie, de Rizzolatti à Ramachandran, en passant par les émotions et la problématique liée au numérique, à l’invention du smiley, l’acquisition du langage, jusqu’au traitement de la contradiction par le cerveau, en passant par le neuro-marketing et la manipulation des masses jusqu’aux comportements grégaires problématiques des traders !
Le thème principal ? La contagion du bâillement… quand même, il fallait e-penser !

Pourquoi internet est-il le royaume des chats ?
(Ne vous laissez pas avoir par son titre plutôt léger, vous allez être très surpris. Cette vidéo, vient, pour moi, remettre lourdement en question la question du libre-arbitre)

Et comme vous n’êtes pas censés ignorer cette célèbre analogie (lexicale) entre Internet et la toile (d’araignée donc), la découverte de cette chaîne m’a évidemment conduit vers d’autres chaînes. Dans la vidéo FAQ de Bruce (vous suivez ? ça va ?), vous trouverez dans la description toute une flopée de chaînes et de liens intéressants !
Pour ce billet, j’ai retenu une autre chaîne Youtube, celle de Dany Caligula qui propose deux formats principaux très intéressants. Le premier, « Doxa », qui se propose en une quinzaine de minutes d’aborder des questions de sociétés tout autant que d’encourager le fait de penser par soi-même en abordant et vulgarisant la philosophie et les sciences. Une émission qui a donc pour ambition d’essayer d’éloigner l’internaute de la doxa, qui est l’ensemble des opinions et préjugés populaires.
Le second format, « Pair-à-Pair », lui est une émission qui se propose d’interroger et d’aborder les enjeux et problématiques autour des internets. Je vous laisse découvrir cela par vous-mêmes avec comme point de départ cette vidéo :

Être libre et penser par soi-même

… En passant par le cinéma

Le fossoyeur de films

Sur le net, le champ culturel est vaste. Je parlais de Sciences et de philosophie, et voilà que je voudrais terminer ce premier volet de mes Pérégrinations numériques avec quelque chose de plus léger mais, tout de même, de primordial pour moi et ce blog : le cinéma.
C’est ainsi que je fis la découverte du Fossoyeur de films, un critique cinéma, drôle, créatif, précis et surtout bienveillant avec qui je partage des goûts relativement communs.
Ici encore, sa chaîne Youtube met à disposition plusieurs formats qui se proposent d’aborder le cinéma le plus largement possible. Nous avons alors un format, plutôt court, intitulé « L’après-séance » qui, comme son nom l’indique, est là pour permettre à l’auteur de donner son opinion à chaud sur un film. Nous avons également l’émission qui donne son nom à la chaîne « Le fossoyeur de films ». Cette émission, foutrement bien montée et très drôle, a pour ambition de livrer des chroniques autour du cinéma et de déterrer des anecdotes et autres curiosités cinématographiques.
C’est amusant de voir ici cette E-culture à l’œuvre dans toute sa créativité et sa diversité. L’exemple des différentes émissions proposées par ce youtubeur est assez éloquent. Il se met en scène, selon les émissions, de manière différente et schizophrénique, phénomène que j’avais abordé dans mon billet sur Minute Papillon. Dans son « Après-séance », nous avons affaire à un internaute qui livre son opinion. Tandis qu’à travers « Le fossoyeur de films » nous avons affaire à un personnage plus ou moins fou et loufoque ! Le fossoyeur de films, comme il le dit lui-même, est cet alter-égo bizarroïde qui fait des chroniques. Mais ce n’est pas tout. Outre la schizophrénie cultivée par les internautes de manière évidente dans le but de rendre plus attractif un simple tête à tête avec l’auteur d’une vidéo et sa caméra, le web est surtout un lieu de partage et de rencontre. Alors il n’est pas rare, voire même très fréquent, qu’un youtubeur en invite un autre dans sa propre vidéo pour nous livrer un véritable échange fructueux. Dans la vidéo que je partage, vous allez découvrir, outre le Fossoyeur de films, le youtubeur Axolot, tout aussi intéressant qui propose ,à travers sa propre chaîne, de nous faire découvrir les curiosités et autres mystères du monde.
Je vous laisse constater tout cela par vous-mêmes :

Top dix des légendes urbaines du cinéma

Le premier volet de mes pérégrinations numériques touche à sa fin. Je n’ai pas rédigé ce billet de manière exhaustive mais c’est à dessein ! Je prends conscience de sa longueur, et dans un souci d’être accessible, je ne pouvais pas m’épancher davantage. Je compte sur vous et votre curiosité pour faire d’autres rencontres numériques, car sur les mêmes thématiques, les youtubeurs et autres blogueurs fourmillent !
J’en ai terminé avec ce premier observatoire du numérique ! Beaucoup de contenu, je m’excuse doublement pour la longueur de ce billet et son contenu assez dense. En espérant, tout de même, avoir attiser votre curiosité !

BONUS (Littérature)

#1

Le blog Page42.org de Neil Jomunsi

Je ne pouvais pas rédiger ce billet sur l’E-culture sans parler de littérature, vous vous en doutiez bien !
Hier tout juste, je tombai sur ce blog au titre énigmatique « Page42 ». Il s’avère qu’il s’agit d’un carnet web de l’auteur Neil Jomunsi, un carnet imbibé de l’influence de l’écrivain Ray Bradrury (Fahrenheit 451, L’homme illustré…). D’ailleurs, sur ce blog, on peut trouver l’actualité de son « Projet Bradbury », un projet formulé par Bradbury lui-même, qui consistait à écrire 52 nouvelles en 52 semaines (un projet très alléchant je dois l’avouer… j’y réfléchis intensément). Mais on y trouve aussi des billets autour de la littérature !
Et si j’ai décidé de partager avec vous cette découverte aujourd’hui, ce 22 Août, ce n’est pas un hasard. En effet, un des billets m’a beaucoup tapé dans l’œil. Un billet intitulé « Happy Ray’s Day ! Le 22 août, célébrons la lecture, les auteurs et les lecteurs« . Neil Jomunsi profite de la date d’anniversaire de Ray Bradbury pour faire de ce 22 Août une journée sous le signe de la littérature, de la lecture et de l’écriture ! Je fus littéralement (ah !) séduit !
Alors j’y vais de mon « Happy Ray’s Day » !
L’auteur propose que chacun célèbre, via les réseaux sociaux notamment, cette journée à sa manière. Sur Twitter, j’apportais ma pierre à l’édifice de  cette célébration en partageant une photo de ma dernière acquisition livresque : Écrire de Marguerite Duras. Quoi de mieux pour ma transition !
Mais j’ai décidé que je voulais apporter davantage. En plus de célébrer la lecture, je voulais également célébrer un art qui m’est cher et vital : l’écriture.
Alors en guise d’un BONUS #2, je vous livre sans condition un recueil sous format PDF !

CŒUR LUNATIQUE
(Recueil de trois poèmes, dont l’un apparaît déjà sur ce blog « Reviens-moi; ». Un recueil réalisé dans le cadre d’un concours de poésie Ipagination)

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2 réflexions sur “Pérégrinations numériques #1 : E-culture, des sciences au cinéma

  1. Merci billet intéressant. Je vais faire vite et bien ( actuellement dans un bar à attendre une connaissance #toomuchinformation )
    Je ne connaissai pas la chaine E-penser. Je vais regarder ça quand je quitte le comptoir.
    Regarde les chaines youtube de « data gueule » ( du big data condensé en image) et « dans ton flux » (justement sur le pire et le meilleur du web avec un peu d’humour) C’est une initiative de France 5 il me semble.

    • Mais de rien !

      Et merci pour les conseils ! C’est noté ! « data gueule » et « dans ton flux », rien qu’à l’intitulé ça me plaît déjà 🙂

      Ah, il semblerait que pour les deux chaînes, ce soit une initiative France 4 (ça ne m’étonne pas tellement d’ailleurs, France 4 expérimente pas mal)

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