Christine And The Queens : univers singulier, genres pluriels

Sois ce que tu es; viens  comme tu es !

(à ne surtout pas mettre à la deuxième personne du pluriel sous peine de devoir verser des droits d’auteurs !)

The Loving Cup de Christine And The Queens.

Dans ce clip que voyons-nous ? Qu’entendons-nous ? Que (res)sentons-nous ?
Le reflet d’un jeune homme qui se regarde, pensif, dans l’eau grisâtre d’un fleuve. Des oiseaux aux plumes blanches et grises, comme le contraste de l’existence, le survolent puis prennent de l’altitude. Reflet et vols d’oiseaux, deux allégories qui nous parlent d’identité et de liberté ? Cela nous apparaît relativement explicite. Pourtant, je me repasse ce clip à l’esthétique très soignée, et ne peux m’empêcher d’apporter de la complexité à ces deux images. Le reflet trouble du jeune homme représente-t-il un malaise comme on pourrait l’interpréter communément ou au contraire la liberté de l’individu à ne pas se définir catégoriquement ? à semer le trouble dans les apparences jusqu’à extraire son être de l’ordinaire trop souvent morose pour se laisser aller à être qui l’on veut ? Il est, ici, assurément question d’être, d’êtres même, au pluriel. Au même instant, la voix de la chanteuse apparait et nous susurre des paroles comme une incantation rassurante. Une incantation pour quoi ? pour nous plonger dans un univers où l’ordinaire laisse place à l’extraordinaire, là où les barrières s’évanouissent.  Nous retrouvons notre protagoniste en compagnie d’un groupe. À l’écart, il sourit tout de même à ses compagnons. Il se détourne et jette un regard sur les maigres rayons de soleil qui arrivent à percer un ciel nuageux. L’air pensif, quelque chose se trame : l’éveil ? Essuyant avec sa manche les gouttelettes d’eau qui ornent le capot d’une voiture bleue, comme pour effacer les aspérités de la vie, les complexités, les barrières ? voilà que son regard se fige au passage de deux femmes, sœurs jumelles ? Ses yeux, comme ceux de ses camarades d’ailleurs, se fixent en premier lieu, comme nous le suggère la caméra, sur les courbes mouvantes, très affriolantes et parfaitement dessinées par un leggins (vous aurez donc compris que par ces courbes, je désigne les fesses) de ces demoiselles qui ne peuvent laisser indifférent.
Entre temps, la chanson a déjà débuté; les battements électroniques se font sentir et nous incitent à suivre le rythme avec notre pied. Les notes symphoniques d’un synthé retentissent.  « Walk before you see us walking, Talk before you hear us talking », voilà les premiers mots du premier couplet que nous chante Christine And The Queens. Le clip nous emmène ensuite dans cet ordinaire du quotidien : une télévision allumée dans un salon où s’éteint progressivement une famille après une dure journée. Nous retrouvons à nouveau, le protagoniste, toujours pensif. Le voilà qu’il fait son sac. Un départ est amorcé. Une métamorphose. Il déambule, cette fois, ces gestes sont fluides, assurés. Dans un vestiaire, il se change, sort des affaires de son sac : il enfile des collants, un bustier en forme de papillon fabriqué en paillettes noires, il enfile ensuite une chemise soyeuse blanche. Il plaque ses cheveux en arrière. Devant un miroir, il se maquille, applique du rimmel et du rouge à lèvres puis enfile une boucle d’oreilles. Cette fois, il ne déambule plus, il marche, le dos droit, dans une  rue sombre qui le scrute, il a le menton légèrement relevé, il a l’air fier, il n’a plus peur. Est-il un autre ou bien lui-même ? Peu importe, il se sent bien. Il est magnifique. Homme ou femme ? Il est homme et femme. Il entre dans une boîte. Et dans une liesse générale, tout le monde se met à danser. Entre les gens, nous pouvons voir apparaître subtilement Christine And The Queens en tailleur noir, les cheveux en arrière, un micro à la main. Danse ! Lâche-toi ! Sois qui tu veux ! Êtes-vous prêts à boire cette tasse d’amour ? Alors buvons-la et rejoignons ces étoiles filantes. C’est ce que nous dit le refrain. Et voilà ce que transmet la musique de Christine And The Queens

Que nous dit le descriptif de cette vidéo d’ailleurs, un descriptif signé par l’artiste elle/lui-même  :

« J’ai écrit The Loving Cup juste après avoir regardé Paris is Burning pour la première fois.
La chanson fonctionne exactement comme un Ball de voguing : on y prend le nom et le genre qu’on veut.

Et n’en déplaise à certains, tout le monde est invité, sans exception et sans jugement – c’est une réponse à tout ce qui nous heurte.
La seule consigne est de sublimer ce avec quoi nous sommes arrivés : « Work it, and walk ».
Tout est une question de confiance. De partage.

Le garçon de cette vidéo pourrait être n’importe qui, et sa transformation n’a pas besoin d’explication ; il est là, avec nous, et il danse. C’est suffisant. Il s’arrache, pour un court instant, à tout ce qui le détermine : il devient extraordinaire.

Le garçon de cette vidéo pourrait d’ailleurs être moi ; je ne peux pas être Christine tous les jours. Elle n’est là que sur scène, et fait de mes insécurités des forces – le reste du temps, j’attends de la retrouver. »

      Une longue introduction (les habitués de ce blog ne seront pas étonnés) et peut-être trop intellectualisée, pour vous présenter un de mes gros coups de cœur musical ? Il fallait s’y attendre. Mais je ne suis pas d’accord avec mon propre adjectif qui vient qualifier cette intro. J’ai certes réalisé une maigre analyse mais de là à trop intellectualiser, j’en doute. De plus, cette analyse introductive m’a permis de pouvoir présenter brièvement l’artiste et son œuvre par la force éloquente des symboles. Mais passons, Christine And The Queens fait de la musique avant tout et vient alors toucher notre cœur et malmener les apparences. En y pensant, je me remémore  un aphorisme de Cioran que je viens tout juste de terminer : « À quoi la musique fait appel en nous, il est difficile de le savoir; ce qui est certain, c’est qu’elle touche une zone si profonde que la folie elle-même n’y saurait pénétrer. ». C’est beau n’est-ce pas ?

Alors, Christine And The Queens, qui est-ce ? C’est avant tout une artiste, qui, encensée par une critique très élogieuse à son égard, et part de multiples prestations sublimes, est en pleine ascension. Je lui souhaite que ça continue. Elle est une artiste complète et singulière. The Loving Cup, est un morceau et une vidéo qui, d’après moi, peut s’apparenter à une carte de visite qui esquisse les grandes lignes de sa démarche artistique et de son caractère en tant qu’artiste.

Héloïse Létissier, de son véritable nom, née dans la région Nantaise en 1988, est un et multiple : Christine ? c’est son alter-égo décomplexé, fou, et possédé par des références artistiques multiples que j’exposerai au fil de ce billet. Mais alors The Queens ? C’est lors d’un séjour à Londres, qu’elle fait la rencontre de travestis, de drag-queens : Les Queens. « Des personnages très touchants qui savent prendre toutes leurs faiblesses, toutes leurs tristesses pour en faire quelque chose de très pop aussi » nous dit-elle lors d’une interview. Elle apprit, en faisant cette rencontre décisive, que l’on pouvait se réinventer, à une époque charnière de sa vie où elle avoue que ça n’allait pas fort pour elle. C’est ainsi que naît Christine And The Queens. Va-t-elle mieux ? On l’espère. Du moins, nous pouvons être soulagés par le fait qu’elle ait pu trouver dans la musique cette fameuse catharsis. Mais n’est-elle pas une écorchée vive ? Elle qui clame « J’fais tout mon make-up au Mercurochrome ». Musicalement ? Un univers pop, hip-hop, électro à la french touch très palpable. Elle nous fait entrer dans un univers original et complet où le visuel est primordial (on parlait des apparences : vidéo, photographie, mise en scène), tout comme le corps, la danse, la question des genres et bien évidemment la musique. Ce mélange est-il une coïncidence quand on sait qu’elle a suivi des études théâtrales en école normale supérieure ? Finalement, Christine And The Queens est une artiste, dans le sens où elle propose une vision à la fois artistique mais également une vision du monde et de la société. Univers singulier dont l’originalité et le grain de folie de son auteur permettent de côtoyer des genres pluriels au point de s’en affranchir. S’affranchir des genres musicaux mais bien évidemment des genres, références aux différences distinguant les hommes et les femmes. Et, la naïveté (ne pas se méprendre, j’utilise ce vocable au sens de simplicité innée, naturelle non de bêtise), la naïveté avec laquelle elle répond à la question, très actuelle, du genre, n’est autre que purement et simplement un foyer certain de tolérance. « Oui, je crois vraiment que la femme est « une créature toute différente » de l’homme. Je crois aussi qu’une femme et un homme peuvent devenir un seul et même être, j’entends un être entier, non deux moitiés juxtaposées. », nous dit Vincent Van Gogh dans l’une de ses lettres à son frère Théo, réunies dans un ouvrage que je commence tout juste. Est-elle homosexuelle, hétérosexuelle, bisexuelle ? La question ne semble pas pertinente, posée de cette manière. Mais compte tenu de l’angle abordé afin de réaliser ce billet, il paraît difficile de ne pas se la poser. En revanche, la réponse, elle, n’est en rien indispensable et il paraît tout aussi facile de ne pas la formuler. Christine And The Queens est une auteure, compositrice, interprète, une artiste qui met à profit ses multiples talents et sa créativité dans l’intention de créer un univers et de nous le faire partager.

Je n’ai pas découvert Christine And The Queens avec le morceau The Loving Cup. Je suis entré, par hasard, dans son univers en découvrant son single sublime « Nuit 17 à 52 » qui tourne en boucle maintenant sur les ondes. Là encore, le clip de cette chanson est primordial et met en scène Christine elle-même. De quelle manière ? Dans cette vidéo, elle apparaît en homme et en femme. Elle nous impose un mystère tel, que j’en suis encore à me demander si l’homme, c’est bien elle. Peu importe le genre qu’elle revêt, elle dégage quelque chose de très singulier et de très beau, ne serait-ce que par ses traits du visage. Elle est aussi féminine que masculine, et je la trouve aussi belle au travers des deux genres. Hypnotique, le clip est très bien réalisé. Magnifique, la chanson nous parle de l’amour qui s’étiole au fil des nuits. La nuit 52 marquant la fin. Un piano, des battements électroniques, des chœurs venus d’une autre planète et lorsque le refrain advient, la boîte à rythme nous entraîne. « Nuit 17 à 52 », ou la mélancolie : ce bonheur d’être triste. On plane et on se laisser porter.

      Mais il eut une étape supplémentaire pour que mon plongeon soit total au sein de son univers. Victoire de la musique 2014 : Elle prend place au milieu de la scène, seule, lumières tamisées. Glissée dans un tailleur couleur or, avec le pantalon assorti et un haut noir, le look androgyne, elle saisit son micro. L’envoûtement est entier. Les notes de piano de Nuit 17 à 52 retentissent, elle commence à chanter une main dans sa poche, gracieuse, à l’aise et fière. Son langage corporel est singulier, sa gestuelle lui est propre, je ne saurais comment vous expliquer : la féminité et la masculinité s’épousent pour ne faire qu’un : Christine. Une pause, juste avant le refrain, elle se badigeonne le visage de paillettes dorées : « sur mon visage de la poudre d’or ». Les violons résonnent, l’atmosphère musicale se gonfle, quelque chose se trame, les émotions jaillissent. Sa prestation m’avait subjugué… Et ses gestes ? légers, comme si elle nageait dans l’apesanteur, la voilà qu’elle danse, elle ose, et danse comme sur la lune, elle se déhanche en alternant avec des mouvements de tête, d’épaules et de mains, plus vifs, frénétiques. Cela nous vous rappelle rien ? Michael Jackson, en effet ! Sa gestuelle, sa manière de se mouvoir, de danser rappelle évidemment celle de Michael Jackson. Ce n’est pas une coïncidence, l’artiste est une fan inconsidérée du roi de la pop, et dans sa manière de se mouvoir elle lui rend hommage. Entre parenthèse, pour continuer sur ses influences, c’est une fan également de David Bowie. Visuellement et musicalement tout ça se ressent. Mais ses influences sont multiples et sa démarche artistique est un univers singulier où les genres sont pluriels. Vous aurez évidement compris qu’ici le terme « genre » est parfaitement adéquat et jouit d’une polysémie dont je me délecte.

      C’était il y a à peine deux semaines de cela. J’ai eu la chance d’aller voir Christine And The Queens en live et ainsi de réaliser ma véritable rencontre en face à face avec l’artiste lors de son concert au 106 de Rouen. Une rencontre incroyable, un moment hors du temps. Mais je ne vais pas mentir, ce moment est comme la plupart de mes expériences live, même plus que les concerts, chacun des évènements culturels auxquels j’ai le plaisir de participer est une véritable échappatoire, un exil, une Zone À Défendre, une société alternative. Je l’étais déjà, mais je suis littéralement tombé sous le charme de cette artiste. Et, il s’agit là d’un avis purement subjectif j’en suis conscient.
Christine And The Queens sur scène c’est deux musiciens : un aux instruments à cordes et piano et l’autre aux machines (mpc, batterie électronique…). C’est aussi, du visuel sur un écran en arrière plan et deux danseurs.
Elle commence par le morceau « It », tiré de son album « Chaleur humaine » sorti il y a peu, en 2014. Musicalement, on y retrouve tout ce qui fait Christine And The Queens, une pop électro aux multiples références entre Hip-Hop et variété française. C’est le cas pour « It ». Et que chante-t-elle dans le refrain qui vient annoncer la couleur et les genres ? « Cause I’ve got it, I’m a man now ». Christine And The Queens est de la trempe de ces artistes actuels qui mélangent à la merveille la culture française et anglo-saxonne, à commencer par la langue. Elle mélange l’anglais et le français, même au sein d’un même morceau, et ça de manière naturelle. Ainsi on peut l’entendre crier entre deux phrases en anglais « et moi je prie pour une averse ».  Son écriture est très belle et poétique, parfois abstraite, très imagée. Dans son single « Saint-Claude », qui est très diffusé maintenant, elle fait référence à une station de métro/de bus, et décrit l’atmosphère des solitudes immenses : « Here’s my station » peut-on entendre dans le refrain. Les solitudes immenses de la différence mais également peut-être celles face au malaise et à l’injustice. Dans un métro/bus, l’artiste croise le chemin d’un homme à l’accoutrement peu banal, on imagine peut-être le même homme que dans le clip de « The Loving Cup » ? Et elle est témoin d’une scène de moquerie collective à l’encontre de ce dernier, au look atypique. Choquée, prise d’impuissance et d’une certaine lâcheté, avouera-t-elle, elle descendit à la station suivante : saint-claude. Ce titre est alors une manière de réparer ce malaise. Le clip souligne à nouveau l’importance du visuel et de la danse chez CATQ :

Et, pour continuer sur l’écriture, un thème qui m’est cher, CATQ est non seulement interprète mais aussi auteure compositrice. Et, que faire si ce n’est de simplement vous partager un couplet pour vous donner une idée de sa plume et ne peux que vous inciter à aller regarder puis lire ses textes :

« Un seul de tes poignets est tatoué
défiguré par ta manche
Le lion ne sourit qu’à moitié
A mes solitudes immenses
Ton visage ne sera jamais entier
Comme tu regardes au dehors
J’emporte un portrait dévoré
Douleur destin bord à bord »

      Bref, son concert est construit comme un véritable show où chacun des artistes sur scène à sa place, entre chorégraphies et solo des musiciens, CATQ nous happe dans son chez elle où le mot d’ordre est d’être ce qu’on a envie d’être. Toujours vêtue de son célèbre tailleur et de ces petites chaussures qui ressemblent à s’y méprendre à celles de Michael Jackson, Christine enchaîne les morceaux. Elle les enchaîne avec sa  folie, son humble affabilité, sa sympathie, sa voix magnifique (je ne m’étais pas autant aperçu de ses talents vocaux avant de la voir sur scène) et son désir ardent de danser et de nous faire danser malgré la tristesse de certaines de ses chansons. Malgré les têtes plus hautes que la mienne qui m’empêchaient de voir l’ensemble de la scène, hypnotisé par la prestation, j’ai  tout de même réussi à suivre du regard cette artiste vraiment épatante et à ainsi savourer pleinement ce moment étrangement lunaire, venant d’un autre univers.

Christine And The Queens est capable de nous faire pleurer mais aussi de nous faire rire par les interactions qu’elle a avec le public. Elle ne cesse de nous surprendre également ! En effet, son éclectisme nous prend de court et nous fait même sursauter : en interlude, l’artiste est capable de caler quelques secondes furieuses d’un morceau du dernier album de Kanye West (Yeezus), mais également de faire référence à Beyonce et Rihanna, tout en exécutant ensuite une reprise de Yves Simon : Amazoniaque ainsi qu’une reprise de la chanson de Christophe « Les Paradis Perdus » : Les paradis Perdus par CATQ.  Concernant cette dernière, la reprise  de CATQ est très réussie. Présente sur l’album Chaleur Humaine, le morceau nous surprend et nous introduit dans son univers où, comme le mien, le Hip-Hop est omniprésent. D’ailleurs, lors d’une émission, à la question « quelle serait sa collaboration rêvée », elle répondit que son rêve serait de faire une chanson avec le nouveau prodige du Hip-Hop US et très encensé Kendrick Lamar. Dans Paradis Perdus donc, Christine s’offre le luxe de reprendre le refrain d’un autre morceau du rappeur américain Kanye West : « Heartless » (présent sur l’album 808s & hearbreak). Le mélange est de toute beauté ! « How could you be so heartless ? »
Il faut dire que Christine And The Queens n’est pas à son premier coup d’essai et excelle dorénavant dans l’art de la reprise (cover). Avant son premier album, elle a sorti 3 EP (extended play) successivement en 2011, 2012 et 2013. Les deux premiers n’ont pas fait beaucoup parlé d’eux. Dans le premier, on y trouve une cover du morceau « Who is it » de Michael Jackson. Rien que ça. Dans le deuxième on retrouve sa propre version d’Amazoniaque. Et dans le troisième, l’Ep qui marqua la rencontre entre Christine, le grand public et la critique, on y retrouve ses premiers tubes (Nuit 17 à 52, The Loving Cup, Starshipper) mais également la cover de « Photos souvenirs » de William Sheller, une version lumineuse et embellie !
Christine And The Queens n’est qu’au début de sa carrière et nous offre déjà des projets très ambitieux et de qualité. Malgré un répertoire limité, en live, elle nous fait jouir d’un spectacle très humain et chaleureux, même si au premier abord on peut trouver son style musical relativement froid (avec beaucoup de sons électroniques et de machines utilisées), la chaleur humaine est au rendez-vous !

Lors de ce concert, je fus happé par un univers singulier qui n’a pas de genre ou aux genres multiples : aux choix selon notre désir d’être plus ou moins étiqueté… et… et, je suis tombé amoureusement admiratif face à cette artiste au charisme incroyable qui fascine par ses chansons et hypnotise par sa manière d’être, de se mouvoir, de parler, de chanter, mais surtout de danser; et qui nous parle de cette chaleur humaine, celle d’être nous-même, d’être qui l’on souhaite. Tutoyant l’euphorie, malgré ma fatigue palpable de ma nouvelle vie, je souriais naïvement. Je baignais dans un bien-être rare.  Bref, ce fut beau. Ce concert fut à l’image de son album.

Pour terminer ce billet, je vous laisse en compagnie de Christine et de toutes ces Half, Half Ladies

« Cheveux en arrière
Col boutonné haut
En mal d’idéaux
Portant la fatigue
Au curieux enfant prodigue
Revenu trop tôt

Défier l’ordinaire
C’est à ma façon
Si je ne veux pas être une grande fille
Je serais un petit garçon

Pour chaque insulte lancée
Il pousse un grain de beauté »

Christine-and-The-Queens-1

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3 réflexions sur “Christine And The Queens : univers singulier, genres pluriels

  1. Bonjour Clément, merci !!
    Je découvre ici cette artiste (oui, je vis toujours coupée de toute info télé ou radio… 😉 Mais je m’informe sur des sites comme le tien, c’est parfait !), j’ai pas spécialement accroché sur l’artiste, mais j’ai adoré lire ton article du début jusqu’à la fin (et visionner les vidéos).
    Je voulais surtout te dire ça : c’est quand que tu travailles officiellement comme critique de film ou de musique en tant que journaliste…!!!??? Ce qui ne t’empêche pas de sortir des bouquins de poésie ou de philosophie dans le même temps hein ! Ainsi que de composer pour des artistes comme CATQ !!!
    C’est vrai, c’est rare les personnes comme toi qui ont une grande intelligence, tout en pensant avec le cœur, appréciant la musique et ce dans tous les genres, une espèce de personnage intemporel, sans âge, capable de parler aux jeunes comme aux vieux d’après moi, doté d’une immense sensibilité et d’une rare ouverture, tu as le profil parfait clément !
    Parce que franchement, j’ai pas accroché à la première vidéo et pourtant, j’ai eu envie de voir toutes les autres et de poursuivre l’article, comment tu expliques ça ???

    Tu y as déjà pensé ? (ouais je sais ma question peut paraître bête !)

    A bientôt :-),
    Elise

    • Chère Élise… ah la la… Je souris bêtement, là, euphorique, devant mon PC. Profondément touché (mon sourire, paradoxalement à sa forte présence, a une grande valeur pour moi, il vaut mille larmes !), profondément touché, donc, par tes mots, tes questionnements bienveillants à mon égard, ta proximité, je ne peux rien faire d’autre à part sourire !
      Ma manière de réaliser mon billet fait mouche et c’est bien là mon immense récompense qui n’a pas de prix. Je raconte des histoires, les miennes très souvent, et mon ambition, s’il en existe chez moi, est bien de transporter les individus avec moi et ce qu’importe nos divergences d’opinions et nos différences de goûts. Voilà peut-être mon secret, pas si secret et voilà comment j’explique ça !!
      Et tes interrogations qu’est-ce qu’elles me font sourire, rire même, tu ne vois pas, mais je te confirme que l’on peut voir mes dents ! Déjà, mille mercis du fond du cœur pour tout ce que tu peux penser de moi à travers ce blog, mes poumons sont gonflés à bloc d’un air revigorant !
      Puis, pour te répondre brièvement, n’est-ce pas ce que je fais déjà avec ce blog (et mes autres plateformes numériques) mais en toute liberté ? sans cet « officiel » qui cache en réalité l’appartenance à une structure qu’elle quelle soit ? Réaliser des chroniques, écrire un peu de poésie par ci, d’histoires par là comme je l’entends, sans contrainte de temps et de taille (car le temps ne crée-t-il pas des automatismes au détriment de la sincérité, de la spontanéité … ?). Je suis à la fois admiratif, parfois envieux, mais tout aussi méfiant quant à la professionnalisation de nos passions. N’y laisse-t-on pas des plumes ?
      Mais plus sérieusement, oui, je ne vais pas mentir, il y eut un temps où je me suis pris à maigrement vouloir, pourquoi pas, travailler dans ce domaine (notamment lorsque j’ai reçu un beau retour de la part du Manager du groupe Milk Coffee & Sugar). Si une opportunité, voire une proposition « officielle » pointe son nez, pourquoi pas, j’y réfléchirais (mais je ne suis pas assez lu/connu pour cela, alors tout va bien, n’y pensons plus 🙂 ). Et continuons notre route dessinée par nos passions et nos créations.
      Je continue ma route, en belle compagnie (comme la tienne), et le simple fait de pouvoir toucher à ce point ne serait-ce qu’une personne, c’est déjà une grande victoire !

      Alors, non ! Ta question n’a rien de bête. « Il n’y a jamais de questions bêtes » n’est-ce pas ce que disent les enseignants ?
      Pour le moment, je me découvre, plonge actuellement dans certaines expériences importantes par leurs côtés inévitables pour moi. Ce qui me prend foutrement plus de temps d’ailleurs !
      Encore des choses à vivre, des voyages à faire, et j’aime l’idée qu’entre ce vagabondage existentiel que je cultive, je m’enracine également grâce à mes petites productions que je partage (pas toutes d’ailleurs) par ci, par là.
      Le fil rouge qui relie tout, qui me dirige même, ce fil d’Ariane qui m’aide à ne pas me perdre même lorsque je m’égare volontairement, ce credo fondamental reste et restera, et tu le connais maintenant : solitaire et solidaire. Toujours.

      Alors, à très bientôt Élise, on ne se perd pas de vue !
      Et merci pour tout ! Bonne fin de journée !
      Clément / Minosze.

  2. 🙂
    Mille mercis pour ta réponse passionnée qui me communique une belle vague de chaleur remplie de joie !!!
    J’emporte avec moi l’image de ton sourire et de tes dents et cette image est magnifique !

    A très bientôt :-),
    Elise

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