Ébats, et corps de l’être

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Isaac Israëls – A Reclining Female Nude Reading (1900)

Douce soirée en pleine naissance, la voilà qu’elle crie; là-bas, dans ces rues tapissées des foules asservies, les cages thoraciques se gorgent de cet air savoureux des redondantes fins de semaine. Le soleil meurt, il renaîtra. Il n’en est malheureusement pas de même de l’oisiveté. Orpheline, voire avortée. Et dans cette chambre bunker, où un étrange silence, celui du gouffre des passions, supplante la cacophonie du monde, s’enlacent deux corps, deux êtres éperdus qui voguent à la dérive. Ils résistent, puis ne résistent pas.
L’atmosphère est tamisée autant dans les couleurs que dans les fioritures sonores. Une brume sensuelle s’immisce et love nos corps. Accalmie impétueuse ; le silence dore ; le monde se désagrège sous le poids de notre solitude.
L’instant propice me fait signe, je comprends que, pudique, je peux ôter mes artifices. Enfin, quelle grâce !
De cette pénombre convergent le visible et le mystère que comble l’imaginaire. La part manquante de cette vision de clair-obscur sera complétée par le sens du toucher – vue digitale. Le feu qui s’intensifie fait bourdonner mes membres, mes sens n’en seront que plus brillants. La sphère privée nous englobe et nous absorbe pour qu’à part nous, plus rien n’existe.
Nous sommes envoûtés; sous l’emprise de nos effluves félines, univers chaotique qui, rapidement, se fait étuve.
Des possédés, dépossédés de tout, même et surtout de nous-mêmes. Au plaisir ambivalent des abandons.

Je caresse sa tranche à la manière d’un nouveau-né découvrant son nouveau monde, ce chez-soi vêtu du hasard et de son indifférence, sentiment qui se fera vétuste, car évincé par les passions de l’a(d)venir dont l’intarissable sera ritournelle. Conquistador naïf et affable.
Mes doigts délicats s’attardent sur sa face. Déterminés, ils font preuve d’une fermeté jaillissant du désir, pour parcourir ses fesses. Curieux affamé, je chemine sur elles, de droite à gauche puis de haut en bas ; mes mains épousent les courbes.
Existence partagée sans conflit d’intérêt. Onirisme inoculé en mes veines.
Les émanations sont mères d’une douce folie et bâtissent à elles seules l’empire des sensations frénétiques. J’inhale, j’exhale et j’inhale, drapé dans ce tissu infini de couleur virginale.
Mes doigts ont une conscience guidée par mes sens. Autonomes, ils continuent leur randonnée désordonnée conduits par l’ivresse de ces lubriques espaces. Mes paumes surfent sur ces beaux reliefs qui leur insufflent une avalanche de douces effervescences excitantes.
Parcourir ce grain de peau diaphane parfaitement pigmenté d’irrégularités, me procure des sensations paradoxales ; des sensations de sécurité, de vulnérabilité, de concret et de rêve éveillé, d’allégresse agitée. Je me sens ange et démon.
Enivré au plus haut degré, je zèle et virevolte, je taquine et torture. Un moment altruiste et privilégié qui m’obsède et me persécute.

Les sens se décuplent et font naître une aura bordélique dans laquelle la notion du temps est inexistante, dans laquelle le chimique et le médical se dérégularisent pour faire alchimie, et où le rationnel s’éclipse par intermittence.
Que la fête commence ! Le plaisir ! Enfin ! extirpé de ce monde mort. Gouffre absolu recouvert d’eaux d’où se reflètent les somptueuses agonies. Maelstrom  charnel indomptable !
Je caresse, j’hume avec délicatesse.. parfois avec cet abandon de l’absence indicible. Je souris avec candeur. Et mes yeux se plissent contre mon gré, corporel euphémisme des fulgurances volcaniques qui habitent mon âme. J’hume ces arômes familières mais inconnues; douceurs proustiennes, réminiscences d’aventures passées précises et tout à la fois nébuleuses.
Je parcours ce corps régulier et rectiligne qui n’est pourtant pas dépourvu de ce que certains osent appeler “défauts”. Cette beauté au naturel m’émerveille comme un gosse. Un corps au caractère bien trempé et imprimé, aux saveurs indélébiles.
Être un drogué repenti face à son addiction. Mes membres vacillent.
Transpirant, mon corps manque de docilité. Et, ce n’est ni facile ni ma volonté de viser la facilité. Intense chaleur.
J’effleure le sien de mon nez, ce baiser innocent traduisant la retenue en surface alors qu’au fond…

Sens-tu les effluves du lâcher prise; la lave de la joie ? Lavons-nous; enduisons-nous. Saut de l’ange des damnés d’amour, transis de l’âme mais domptés par la frénésie des corps.
Faisons-nous partir loin, prenons le temps afin de se détourner de ce monde qui, tant, m’écœure. Écrivons cette ligne de fuite… Désespérément dans l’impatience des nouveaux équinoxes , nos cœurs éclos nous élancent vers nos doux crépuscules; entre la mort et les renaissances, nos âmes fleuriront, sans plus attendre, au sein d’un printemps enflammée. Renaître, chaque jour. Regarder notre soleil.


Je soupire et dans l’urgence des plaisirs je me sacre arbitre. Dans l’attente de l’éruption des jubilations.
De nos précieuses frivolités, l’on joue notre vie, appliqués à toucher, ne serait-ce que du bout des ongles, cette petite mort.
Je lève les yeux, puis les plisse  et les envoie dans toutes les directions.
Je réfléchis et pense soudain à autre chose. Plonge entier, dans cette mer, auteur et victime de sa houle, encore et encore.
Je me mords délicatement les lèvres puis je salive.
Mes sens s’alignent, s’affolent, je me dégénère et tourne fauve. Mon humeur est changeante, je deviens pléonasme : un famélique affamé.
Mon bonheur teinté d’injustice, est que je peux me rassasier.
Je mords et je bave malencontreusement sur ses courbes. C’est dans ces dernières que je m’embourbe avec entrain et détermination.
Je suis à présent davantage agressif. Nous sommes tous schizophrènes; comment connaître la félicité sinon ?
Alors j’humecte et je tourne… je tourne et tourne encore. Dans l’élan, il m’arrive de retourner ce partenaire ; faire parler l’originalité teintée de surprises et de subites envies ; ainsi faire perdurer  cette singulière idylle.
Je meurs avec plaisir, de plaisir, et me vautre dans cet abandon de soi. Je mords du regard, je mords avec mes doigts.
Je laisse des marques comme une prise de notes. Je paraphrase et imite. L’avantage de cette osmose est qu’elle n’a aucune limite.
Je susurre de manière sporadique des mots doux et des mots moins doux. Sensuelle ambivalence de l’instant.
Je l’écorne, involontairement, l’écorche maladroitement; fragile parce que fait d’écorce, je le mutile inconsciemment.
Malmenage réciproque, nos paradoxes font bon ménage.
Le plaisir est constant et sans cesse à son paroxysme, même si j’ai conscience qu’à la fin de notre scène intime où nos ardeurs se font maîtresses, je serai cacochyme. Mais j’exagère.
Je m’élance, et parcours en fervent curieux. Je gère puis assouvis mes désirs un peu plus furieux; je mords et je marque mais surtout je laisse une trace puis enfin je souille…
Des stigmates visibles ; ils cartographient un désir passionnel immédiat et momentané, que je peux alors arpenter ad vitam aeternam, ça sans jamais être las.
À la fin de nos ébats fougueux, j’observe avec fierté la courbure de ses reins que j’ai creusés avec une des mes mains…
Je le repose délicatement sur ma table de chevet pour exprimer mon respect et je regarde furtivement ses pages en guise de remerciements.
Une gestuelle et une attention délicates qui s’avèrent contradictoires, je le repose délicatement pour mimer le contrôle. Mais, il suffit d’observer mes pupilles et mes pommettes, je suis volcanique… Avide de toi ; comment faire autrement ? La luxure s’empare de moi.

Oui, je suis de ceux qui baisent avec leurs livres…
Je me laisse aller ainsi à la conception des relations dont je rêve. Ne grimacez pas, ne laissez pas votre visage se crisper par ces traits outrés. Ne vous méprenez pas. « Je baise » ne fait point partie de ces locutions pauvres de sens et de vocabulaire enrobée de la vulgarité gratuite des sots, propres à ma génération, qu’ils disent. Sans nul doute, elle n’en est encore moins dénuée de sentimentalité. Bien au contraire. Que votre purisme (puritain ?) vous honore, grand bien vous fasse ! Mais laissez-vous au moins envahir, ne serait-ce qu’une ultime fois, par ce trait de caractère caractéristique de l’enfance, celui d’être surpris.
« Je baise ». Révélation que me susurre la divine sincérité.  Cette expression, digne d’aujourd’hui, témoigne de cette singulière condition viscérale, celle qui nous étreint en présence de  l’être aimé, déclencheur de passions d’ordres divers : séductrices, destructrices et créatrices. L’anarchie. Salutaire et salvatrice. Dans sa polysémie, elle englobe tout ce que peut signifier cette ambivalence innommable et exaltante à l’encontre de l’élan du cœur. Poser ses lèvres sur ses courbes félines. S’entrelacer jusqu’à ne faire qu’un dans un coït endiablé au point de ressentir cette énergie divine de ne plus jamais être seul et incompris, nous pénétrer. Puis, les années passées, se surprendre à oser s’engouffrer dans la légèreté immorale et vénéneuse du plaisir volage.
Car, la fidélité, elle, est un tue-l’amour lorsque l’on aime le livre. L’idée du couple, quelque part, reste une ineptie contemporaine qui m’est abjecte. Un poids moral dont je comprends l’importance et le symbole ainsi que sa filiation civilisationnelle mais que je me refuse à porter. Liberticide pour un libertaire débauché profitant du jour.
Je déteste l’idée de perfection, davantage sa vaine recherche, et rejette le conte de fée. L’amour est une tragédie. Et alors ? Mourons d’aimer. Je resterai fidèle à mon infidélité. Je me façonne de contradictions performatives, je vous le concède. C’est bien là la preuve langagière de mon amour; tous ces balbutiements, ces mièvreries.
L’infidélité, dans notre situation-ci, n’est pas un manque d’amour, au contraire. Elle engendre l’amour du général et se dévoile sous les traits du désir de l’instant, cet amour du particulier. Pourquoi s’évertuer à faire rimer “amour” avec “toujours” ? n’est-ce pas assassiner la passion ? En s’échinant à essayer de réaliser ces balourdes rimes, n’oublierait-on pas d’aimer au jour le jour ?
Je suis polypage moi ! Je ne suis submergé d’aucun désir d’appartenance. Voici notre liberté !
J’admets la facilité de la tâche : l’amour du livre ne requiert aucune contrainte ni aucune réciprocité. Quoique. Permettez-moi d’en douter si l’on se penche avec ardeur sur une page. Les livres m’ont tellement donner, si vous saviez.
Et pourtant ne vous prendrais-je pas à penser : quel égoïste !? Le voilà qu’il gesticule du verbe et s’estime profond en exposant sa pantomime d’amoureux littéraire. Il ne mime et ne clame que son plaisir, le bougre !
Vous pointerez le soucis de s’accoupler avec l’inanimé… en effet, j’en conviens. Et, outre ce que j’inflige amoureusement à mon partenaire, je ne pourrais à peine balbutier ce que nos ébats m’apportent, à peine exprimer, si ce n’est dans un babillage informe, ce que cette relation laisse couler dans mes veines et amène, dans son flux, jusqu’à mon cœur cérébral. L’ivresse fiévreuse. Mais croyez-moi, elle est loin l’absence de réciprocité ! Je vous en donne ma parole !
Ce n’est pas linéaire comme une simple description scripturale, mais plutôt construction puis contemplation de cathédrales, en un temps recroquevillé, incertain et instinctif, donc animal, un temps qui n’a nulle mesure. C’est mettre entre les mains de l’homme le pouvoir du démiurge. Façonner la grandeur splendide de l’impalpable. Artisan mystique. Guerre et don d’organes, crise de foi ;  cœur et tête, lourdeur de la pensée, légèreté du corps. Portes d’entre-mondes. Métaphysique du corps, physique de l’âme.
J’en viens à chuchoter. Pris en flagrant délit d’indélicate impolitesse je susurre à présent : crier mon amour des pages sur une page serait-ce leur rendre hommage ? Ne serait-ce pas faire preuve d’inconvenance et d’irrespect envers ces partenaires sans parole mais pas sans langage ? alors chut ! chuchotons.
Puis, moi, indiscret, respectueux et pudique, je ne délivre pas notre intimité de la sorte. Dois-je vous rappeler qu’à l’origine j’écris, en effet, sur une page… une page à l’ouïe fine, et au caractère susceptible… observez son grain séduisant, sa teinte flamboyante et cette fragile rigidité presque touchante. Pour rien au monde je ne voudrais créer un conflit inutile.
Nos ébats sont subtils, et sont justement de ceux où s’affrontent contradictions et passions, paradis et enfer, raison et laisser-aller, attention et salutaire individualité; ils font naître des êtres nouveaux, plus forts, plus fous, plus beaux, plus affamés… la faim, n’est-ce pas cela, le moteur de cette démente infidélité ? (J’épure pour ne faire jaillir que les mots qui visent juste même s’ils se sont laissés confisquer l’éclat de leur âme par le tyrannique langage courant qu’il s’amuse à étouffer.).
Matière inusitée ? Sa présence est-elle dorénavant hostile en ce siècle ? Du livre ne regorgent pas seulement une simple tambouille cérébrale, la désuétude d’un art du Beau que seuls les lettrés de haute voltige brandissent pour briller. Voulez un poncif ? Je n’aurai pas mieux à vous proposer : le livre est un monde, un monde dans un monde ; il est Homme, Homme dans un Homme ; il est une époque, époque dans une époque ; il est dialogue ; dialogue dans un dialogue ; le livre est une langue, dans une langue. Il est un Homme, il est une femme, fatale, Matriochka. Et ils volent, de leurs propres ailes. Vers. Toujours vers.
Serais-je en train de comparer l’être humain à un objet ? Ou l’objet à un être humain ? N’humaniserais-je pas l’objet afin d’ancrer son importance dans mon existence ?
Qu’importe, ce qu’il faut retenir, aussi fou qu’on pourra me prendre, c’est que je m’adonne, animé par les désirs fous et involontaires propres aux junkie, à l’union charnelle avec ces objets séculaires et singuliers, grandes beautés de la grandeur des Hommes. Qu’avons-nous fait de plus grand encore ?
Le constat est frappant, les objets, ces livres, ne sont-ils pas en nombre bien supérieur à peupler l’existence, en comparaison avec les êtres qui foulent ce monde ? Ils me font penser aux morts. À ces défunts qui, disparus de la surface de la Terre, ne peuvent continuer d’exister qu’à travers la mémoire des vivants et la pensée qu’ils façonnent. De quelles manières ? la lourdeur d’une larme, l’intensité d’un frisson, le sourire d’une fadaise, le fou rire des émois, l’excitation d’un toucher, la paume meurtrie par des ongles poignards, la jouissance des amours qui s’immiscent, non sans douleur, sous la peau, la fierté de se voir soi dans un regard qui n’est point le notre. Essentielle Altérité, sépulture des renaissances éternelles. Puissance et cœur battant.
Par conséquent et par extension, aimer si puissamment les objets, enlacer fougueusement les livres, embrasser cette existence commune, s’embraser de ces trésors délaissés, rougir d’afflux sanguins multiples et enflammer ce monde de surface trompeuse, au point que cet amour s’exhale du corps, reviendrait, quelque part, à baiser la vie … tant bien que mal, pour le meilleur et pour le pire, de violences et de tendresses.
L’existence est un coït, passionnée, impétueux. Amoureusement notre, toi et moi, mon amour, nous enfantons le monde. Toujours. Livresque Ivresse. Livresse. Notre amour est néologie. Toujours et à jamais. Ébats de deux corps de l’être. Oui.

« Moi, dont la nature est éloignée autant qu’il se peut de l’avarice, de la cupidité, de l’intéressement, de la possession enfin : je deviens avide lorsqu’il s’agit de livres. Je les accumule sur les rayons, je les case, je les entasse ; incapable que je suis de me débarrasser de l’un d’eux, fût-il de la dernière valeur.
Les reliures brillantes sous la lumière, la chaleur fauve des cuirs, cela m’a ravi. Plaisir intime que de tirer de sa niche un livre, de caresser sa reliure, de le feuilleter, de s’attarder, admiratif, à la finesse des gravures, de respirer l’odeur grise du papier ; entre le pouce et l’index d’en apprécier le grain, l’épaisseur, le velouté, la douceur lisse. »

Louis Calaferte

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3 réflexions sur “Ébats, et corps de l’être

  1. Bonjour Clément,

    tes mots sont absolument magnifiques. Je me suis régalée !
    Et ça : « Oui, je suis de ceux qui baisent avec leurs livres…
    Je me laisse aller ainsi à la conception des relations dont je rêve. Ne grimacez pas, ne laissez pas votre visage se crisper par ces traits outrés. »
    Excellent, tant dans la surprise effective que dans tes paroles visionnaires de la réaction du lecteur – moi – ! 😀 T’aurais dû voir ma tête.
    Bon j’ai adoré et de beaucoup préféré la prose enflammée et dansée, libre du début, à celle qui, par la suite analyse même si je l’ai aimée, elle aussi.

    Drôle de réaction en moi donc de me voir si différente de toi quelque part et pourtant, par la magie de tes mots, par la magie du lien, de te comprendre, de comprendre cet amour magnifique pour les livres, reflets de l’Amour tout court que nous partageons fort dans nos cœurs.
    Nous faisons une séparation entre ce que l’on peut toucher, la matière, les livres et ce qui est impalpable, l’énergie, pour moi il n’en est rien, les livres vibrent, sont porteurs, en quelque sorte, de l’âme du voyageur écrivain, et de tous ceux qui l’ont caressé entre leurs mains (ça y est, j’m’y mets…!!! :D), donc je comprends bien qu’un être sensible et aimant puisse ressentir un amour aussi fort pour un livre, pour les livres.
    D’ailleurs j’ai ressenti moi aussi cet amour avec certains livres, pleurant et embrassant les pages, si si. 🙂

    Au travers des livres, il me semble que ce sont les hommes que tu aimes passionnément, les femmes tout particulièrement, pour cela, je t’en remercie, je ressens cet amour qui me nourrit. 🙂 (à moins ce que je sois complètement à côté de la plaque hein, tu m’le dis…! ;))

    Ah et tu sais, j’aime la fidélité, même je la porte dans mon cœur et je puis t’assurer que cela n’a aucun rapport avec une quelconque morale ou un bridage de ma liberté (pour avoir sciemment fait exploser toutes ces « règles » à un moment donné).
    Je vois dans mon homme toute la Terre et le cosmos et tous les hommes.
    Je l’aime passionnément, ardemment parce que de notre union, unique à mes yeux, spécifique à nous deux, divine, jaillit en moi un amour inconditionnel, universel.
    Je me sens libre dans cette fidélité !! 🙂
    Bon en même temps, tu parles des livres, mais des livres aux hommes, il n’y a qu’un pas !

    Je suis si heureuse de lire tes mots, de pouvoir échanger ici, c’est étrange, enrichissant aussi parce qu’il me semble que nous sommes si différents, pourtant si proches.

    Une belle fin de journée à toi, inspirante, éclairante, remplie d’amour !

    Elise

    • Merci Elise pour ton magnifique et complet retour ! ça vient justifier, et de beaucoup, ce genre d’effort d’écriture :). Je suis ravi de ton commentaire. Tellement.

      Nous partageons un bel amour, même si différent peut-être, pour les livres oui. Et nous ne sommes pas les seuls !

      Et ô que tu me touches lorsque tu dis « Au travers des livres, il me semble que ce sont les hommes que tu aimes passionnément, les femmes tout particulièrement, pour cela, je t’en remercie, je ressens cet amour qui me nourrit. »… Je n’ai pas cette prétention d’arriver à transcrire cette ambition, et que ce soit le lecteur qui tire ça de mes écrits est une grande, une magnifique récompense pour moi. Je n’ai pas les mots… Car je crois en effet, du moins, que ce sont bien des Hommes dont je souhaite parler avec ardeur. Même si j’ai la malheureuse impression parfois de réécrire éternellement le même texte, je ne peux pas écrire d’autres choses (pour le moment). Alors merci mille fois. Que te dire de plus ?

      Et pour ce qui est de la fidélité : je tiens à préciser, mais je sais bien que c’est une chose qui ne t’aura pas échappée, mon travail d’écriture reste une fiction quand bien même une grand part d’autobiographie coule entre les lignes, il n’en reste qu’il s’agit de fiction. Les traits sont grossis, les opinions plus radicales, les émotions exacerbées. Les personnages qu’il m’arrive de peindre n’échappent pas à ces règles, quand bien même il s’agit d’un « je ». Car en littérature, le « je » est également un personnage. Dans mon cas, je m’en sers pour exacerber certaines de mes facettes, et ainsi m’offrir la possibilité de partager des opinions moins nuancées, d’oser poser certaines questions, exprimer certaines pensées etc.
      Alors, pour ce qui est de la fidélité, ce « je » qui est moi, est aussi un personnage fictif, exagéré, radical… Soit, ce passage je l’ai écrit et également pensé en mon for intérieur, une sorte de diable s’est exprimé, mais ce n’est pas ma vision de la fidélité que j’ai effectivement dans la vie :). En revanche, je reste tout de même dans l’idée que la fidélité n’est pas un principe immuable et ça de tout temps, de toute civilisation, et que d’une personne à une autre, d’un couple à un autre, la fidélité ne recouvre pas le même « contrat » dans la relation. C’est une thématique sur lequel je discute très souvent avec certains proches et que l’on questionne beaucoup.
      Mais bref retournons au sujet de la fiction : on n’aborde un sujet très intéressant qui a d’ailleurs fait récemment l’actualité : la responsabilité d’un auteur (d’un artiste) et la liberté d’expression. Sous couvert de la fiction, un auteur peut-il tout écrire ? On ne peut répondre à cette question en une ou deux phrases. Cela dit, et je tiens à préciser que je parle que dans le cas de fiction (non pas d’essais, de manifeste, de thèse etc…), peut-on, en ces circonstances, condamner, des pensées, des écrits dont il sera très difficile de savoir s’ils reflètent réellement la pensée propre de l’auteur ?
      Après ce n’est pas seulement une question entre un auteur, son œuvre et le public mais il est également question d’époque, de mœurs, de pays, de culture, de régime politique etc.
      Ta remarque m’a permis de beaucoup me questionner je t’en remercie !

      Et que j’aime cette formule « si proche pourtant si loin », l’équivalent pour moi de « différents et si proches » ;). C’est beau, c’est bel et bien cela oui, et tant mieux !

      Je te souhaite également une belle journée et à très bientôt !
      (j’ai lu tes billets sur le Reiki, ce fut fort intéressant et fort instructif mais surtout ce fut une lecture passionnante, tant l’auteure exprime sa passion et son amour 🙂 )

      • Merci, merci merci :-)))).
        Et oui bien sûr pour la liberté d’expression, bien sûr pour la « fiction », tu as raison de me le rappeler, mais la littérature est là aussi pour nous apporter débat et réflexion, ainsi nous prenons plaisir à échanger. 🙂

        Et pour moi non plus, la fidélité n’est pas un principe immuable, une règle absolue…!
        Je parle de mon expérience, de mon témoignage et ça me semble important dans la mesure où règne cette dichotomie qui me peine, ces idées figées, sur les uns et les autres : notamment que les couples qui restent ensemble toute leur vie le feraient par dépit ou par ennui, ou « forcés », ou par manque de liberté, de la même manière que les couples infidèles seraient des dépravés, des « mauvais », des anormaux.
        Beaucoup ont l’image de parents, grands-parents qui ont sacrifié leur liberté, qui ont témoigné de leur erreur d’être resté avec cette personne.
        Beaucoup d’entre nous sommes en réaction, à tout plein de choses.
        Donc je me garderai bien de juger les couples infidèles en émettant un jugement à leur propos quand moi je suis fidèle par choix, délibéré, libre et conscient, parce que ça m’apporte mille choses, la fidélité.
        Après tout, nous ne faisons qu’explorer les mille et une facettes de la vie, selon ce que nous avons déjà connu.

        Pour ma part, mes frères et sœurs et moi-même (nous sommes 4 de la même mère) sommes tous issus de pères différents ! 😀 Ma mère m’a enseigné la liberté sous toutes ces formes (aux côtés de l’Amour avec un grand A !) !

        Je tiens à préciser donc, dans cette vaste palette de choix que nous offre la vie (ne nous fermons à aucune, sous prétexte de « liberté », ne tombons pas dans le jugement, c’est-à-dire une idée préétablie au sujet d’un de ces choix. En tous cas, ouvrons-nous, avec le regard neuf ! ) qu’il est possible d’aimer, et ce, de manière passionnée, renouvelée à chaque instant, un seul homme, durant toute sa vie, en toute liberté et dans le plus grand des plaisirs.

        La fidélité, le couple, l’amour sont des sujets qui me passionnent dans la mesure où cela fait partie de choses qui se sont passées dans ma vie personnelle, que j’ai « triturées », « déconfigurées » et reconfigurées et qui m’ont amenée à nourrir une longue réflexion à ce sujet que j’aime partager, je pourrais en parler des heures…… 😉

        Comme tu le vois, toi aussi tu m’a permis de beaucoup me questionner !! 😉
        Pardon, je sais que tu as peu de temps, tu n’es pas obligé de rebondir, tu devras peut-être, à cause de moi, résister fortement, par manque de temps, à cette envie !! 😉

        Merci pour mon texte sur le reiki, ça me fait du bien, c’est pas évident de garder le cap, de garder confiance, de continuer à écrire, vraiment merci,

        à très bientôt,

        Elise

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