Homme labyrinthe

Préambule

J’écris, encore, j’écris beaucoup, je n’écris pas encore assez. Je travaille beaucoup, je ne dors pas assez mais je souris encore. Je vis beaucoup, j’ai peur de ne pas vivre encore assez. Je vois, je crois, mais est-ce encore assez ? Je bois encore beaucoup, l’ivresse en métaphore. Je recouvre ma fibre, mais pas assez encore; je retrouve mon indignation, mais il me manque encore beaucoup. Regarde ma  terre, observe mes semblables, subis les injustices et les hécatombes d’une bombe monde. Et faisant ma part, je sais que je ne fais pas encore assez.
Tant que je vis, j’écris, mais ce ne sera jamais encore assez; j’arpente toute route à la recherche des remèdes, mon esprit pérégrine ainsi beaucoup et s’éparpille que trop pour vous offrir toutes ces choses promises de billets doux en billets vides… Pour ne pas oublier, pour ne pas que l’on s’oublie, voilà pourquoi, j’écris encore beaucoup, et balance comme une bouteille à la mer quelques lignes, parfois quelques textes, souvent quelques vers libres, quelques veines, quelques battements de cœur, quelques élans noirs et lumineux, quelques abattements, quelques fibres, déboires et chutes libres.
Homme(s) vivant(s), Homme(s) labyrinthe, Homme(s) Simple(s).

« Je ne reconnais pas pour mien ce monde où les pauvres sont pauvres et les riches sont riches.
Ce monde où sont instituées des lois qui font des pauvres des pauvres et des riches des puissants.
Ce monde où sont décidées pour moi des guerres dans lesquelles je dois laisser ma Vie.
Mon monde est celui de tous les hommes.
Mon monde est celui que je décide moi-même.
Mon monde est celui où l’argent ne fait pas les lois et où les lois ne font pas l’argent.
Mon monde est celui où je n’ai pas besoin de guerre pour vivre.
Mon monde est celui où je n’enrichis pas les riches par ces haines de la Vie que sont les guerres.
Mon monde est la simplicité heureuse de la Vie. »
Louis Calaferte – L’Homme Vivant

Mondriaan_Compositie_XIV

Piet Mondrian (1913)

I

Je n’ai que des sourires hagards et des considérations intempestives
Pour ce monde blafard et bavard au verre plein d’une soirée trop festive
Où ces corbeaux machiavéliques et vautours hypocrites se partagent l’espace
Ils volent encore et les corps, comme une rengaine macabre les carcasses n’ont plus qu’des spasmes
Mais que penserait Diogène ? nous vivons l’époque des chiens
La mascarade contemporaine se dévoile dans l’plus simple des quotidiens
Le gouvernement nous dicte nos conduites en paternaliste de la biopolitique
Peu importe concepts et idées, dès que les chiffres jalonnent, jaillit un déni démocratique
Nous ne pouvons nuire que debout, en attendant la catharsis que fait l’Homme apathique ?
Primat sur l’hygiène, la santé et la bouffe plus saine
Les entreprises privées y voient là une aubaine
GSF alimente les pénuries de matériel par soucis économiques
Le diktat est en marche légitimé par la belle langue mais les actions sont malsaines
Le langage est un marché où dominent les puissants sur les faibles
Alors maîtrise le verbe sinon tu feras partie de la plèbe !
Affublés de trop d’fardeaux, nous traversons un désert en chameaux
Je suis un lion qui trimballe ses cartons et ses livres pour vivre vers des desseins animés
Pour ne jamais m’voir tenir la main de ceux qui créent nos vies en dessins animés !

J’ai la vanité des héros désabusés
Comme un abus d’pilule, laissez-moi rêver !
La vie nous file entre les doigts, c’est abusé !
Plus d’lacets, et tous collés à nos basques
Sautons au fond du terrier sans oublier nos casques
Wake up wake up, ce monde est dégueulasse
Vivre en marge c’est bon pour la santé
L’existence labyrinthe pour s’créer liberté !

II

Et après quoi ? j’aboie, j’aboie, j’aboie !
Et même si je bois l’ivresse de mes jours ivres
J’crache mes p’tites révoltes à cause de ce que je vois
Et crois surement que de décrire mes causes me délivre
Mais malgré mon ardeur il n’en n’est rien !
C’est l’heure du mutisme vaurien, mouché par Rabbit, appelle-moi Clarence
Je manque d’humilité et n’ai que l’écriture pour combler mes carences
Mais J’avance malgré le vide, le sec et nos viles passions
Pour l’amour de l’échec et l’plaisir de nager comme un saumon
J’abhorre les valeurs de l’Essec, moteur de mon indignation
Car la grandeur de l’homme n’est pas ses ambitions
Grand rêveur lucide il n’arrive jamais à terme
Sous l’égide d’un critérium se dresse mon épiderme
Délaisse les figures imposées et laisse-toi aller à la perdition
En laisse les hommes cons, solitaire et solidaire enlaçons les hommes ponts
Qui n’sont pas forcement bons; mais cette raide et rance modernité nous éreinte
Accompagné des amours d’ma vie, j’file avec Arianne coudre une existence comme un labyrinthe !

Minosze

« Je ne suis pas né au monde pour le châtiment – comme le soutiennent les grands nerveux des Églises.
Je suis né au monde par amour de Dieu et pour amour de Dieu – des hommes et du monde.
Je suis né au monde pour exploser de Vie. »
Louis Calaferte –  L’Homme Vivant

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