Luminaire

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« Je connais des maisons pleines de douces voix;
Mais l’accent le plus tendre aujourd’hui m’importune;
Le songe somptueux et dolent de la lune
Me conduit par la main vers la paix des grands bois. »

O.V De L. Milosz

La mort fut liminaire.
L’aurore des matins calmes me consume, horizons vastes m’environnant; en mon âme, comme de la lave, s’écoulent silence, morose et vent de l’automne. Interrogation et schizophrénie parfois douloureuses. Entre illumination et résignation, élastique de la résilience, champ de braises de la lucidité.
Cette transhumance m’échine, m’essouffle. Le temps effectue ses cavalcades. Piétiné et debout. S’affranchir par petits pas.

Je n’ai pas toujours été ainsi lui dis-je. Moi ? Moyen et insensible pendant ma jeunesse fébrile. Je me sens dorénavant écorché, ouvert par le champ des possibles, mais avec la vie et l’ivresse je mène une triangulaire divine idylle. Après des années, je ne cerne pas encore ce contraste intense. Mon souhait est de pouvoir transmettre cet éveil. Comment ? Comment ?! Je lui martèle lui décrivant, en filigrane, la décadence et l’imbécilité d’une jeunesse qui s’étend de mal en pis dans l’air délétère. M’efforçant de peser le pour et le contre, je lutte contre mes clichés de vieux con précoce qui traversent les âges.
Elle s’empresse de briser le reflet de mon propre miroir – elle en est un autre, tous en sont un, synonymes de réflexion profonde, et son teint s’illumine : tu n’es pas écorché. Elle est laconique, voilà l’aspect des vérités les plus tranchantes. Elle reprend : Et, du peu que je me souvienne tu n’as jamais changé, tu as toujours fait les choses avec passion, ce désir fou. Les gens ne changent pas. D’un même tronc, ils grandissent. Simplement. Malheureusement. Heureusement.
Elle apparaît bien plus pessimiste et cynique que moi à présent mais sa sagesse et son naturel solaire tendent à rendre sa dureté beaucoup plus fraîche. Brune, brume.  Et pourtant. Ce soir là, c’était une étoile de la vie que j’avais devant moi.
Elle était la lune, présence d’argent et calme d’or. Luminaire. Lapidaire.
Cette nuit fut luminaire.

La voilà qu’elle m’extirpe ce miel de ma bouche : deviens ce que tu es.
Fierté des épanouissements. Ambivalence face aux brûlures. Exister par petites morts.
N’aie plus peur !

Minosze.

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2 réflexions sur “Luminaire

  1. Tes mots transpercent d’une lame dorée. Elle est si pure, si nette, si précise ton écriture ! C’est extraordinaire. C’est un délice. je suis heureuse de te lire !!!
    Je t’embrasse fort fort fort ❤
    PS : plus de photo instagram sur ton blog ?? 😦

    • Merci mille, dix mille fois Élise ! Tes mots transpirent de la même chaleur et de la même bienveillance que le soleil !
      Je suis toujours fort contrarié contre moi de manquer autant de temps pour te répondre plus rapidement, mais mon cœur vogue toujours à la rencontre du tien même lorsque mon silence se fait entendre :
      « Dans l’épreuve, dans la douleur
      Dans les jours heureux jadis, dans la grisaille, dans la couleur
      Partout et toujours, savoir lire même sans les mots
      Est le propre du sage, la totalité dans des « Ôm »  »

      PS : je n’avais pas saisi ta remarque au sujet de mon instagram avant de remarquer qu’il y avait du y avoir un petit bug sur mon blog. Chose réparée 🙂

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