Rrose Sélavy; vie poétique

Diverses lectures, diverses voies,
à chacun de trouver sa nourriture, son émoi.
À vos risques et périls, c’est sûr la poésie n’est point un trépas.
(Montez ces marches, ce modeste calligramme ne vous tuera surement pas)

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« Suivrez-vous Rrose Sélavy au pays des nombres décimaux où il n’y a décombres ni maux. » Robert Desnos – In Corps et Biens (Rrose Sélavy)

« Au pays de Rrose Sélavy on aime les fous et les loups sans foi ni loi »
Robert Desnos

Rrose Sélavy, vie poétique.

Je parle, on s’écoute.
nos râles s’égouttent,
nos joutes s’étalent : en garde !
On se doute, se parle, s’égare…
J’ajoute : Tout un art !

Je peins, ma plainte :

Tu es d’humeur poétique
Ce bonheur là n’a rien d’inique
J’admets mon humeur statique
De tuer la poésie, j’ai peur de ce tragique.

Chronique d’une plume rachitique
trempée dans une encre noire et d’espoir
plantée dans un être égocentrique :
Oh, je supplie, lisez même mes tristes histoires !

Que la poésie pardonne ma vanité !
Allégorie de mes hormones.
Car m’assènent des rêveries d’une plume hors-norme,
d’un être efféminé, mes lettres me font Homme
J’écris en phallocrate, démon d’une virilité.

Je me raisonne, comme toujours
et fait résonner un sacrifice, cet amour,
où je trouve l’humilité dans la féminité :

Ah, ne m’attends pas,
je retourne dans les bas-fonds
aussi certain qu’un et un font
1, 2 ou 3 de mes vers sont
Une façon de toucher le plafond :
-Soit, ô je goûte ce doux poison-
Ah, toi(t) ne m’atteins pas
Peins-moi en vers, de ton bon fond
de fond de teint, de vers et prose !
Et dépose cette rose pour laquelle je m’éprends
Ose ! Toi fleuriste artiste sinon je me pends.

Je peins une ode, et bois l’absinthe :

Tu es une rose
En tête de lard, rose
couleur de ton cœur
Effet que te font tes peurs
sur ton tablier vers et prose,
qui te fondent et t’écœurent.

Fauve est ta faim de l’existence
Elle te rend saine et sauve
Du manque de sens,
que tu piques, ô rose,
et te snobe d’une fin d’une prose,
et t’abreuve d’une essence.

Rrose Sélavy, vie poétique, l’existence
pique, l’essence brûle et donne, les sens
hurlent, l’amour et l’homme saignent…
La rose même triste, attise l’artiste
La rose pique et daigne
peindre en rouge « ose » « vivre » et « saigne »
« s’étreindre » « bouge » et « artiste.
À nos pinceaux, que nos doigts peignent !
-Rrose Sélavy-
De la rose à l’artiste,
Les genres et les pRoses coexistent…

Minosze

« L’artiste ne se contentera plus de signer des objets existants; il les assemblera. Ainsi, Why not sneeze (Pourquoi ne pas éternuer, 1920), constitué de cubes de marbre, d’un thermomètre et d’un os de seiche contenus dans une cage à oiseaux; Fresh Widow (veuve joyeuse, 1920), réduction d’une fenêtre à double battant, signés d’un pseudonyme féminin que Duchamp utilisera beaucoup et qu’on retrouvera dans la poésie de Robert Desnos : Rrose Sélavy.
Duchamp s’est expliqué sur la choix de ce nom. Il voulait changer d’identité et avait d’abord songé prendre un nom juif. Finalement, il préféra jouer sur l’inversion des sexes. L’idée de Rrose Sélavy lui vint lorsque Picabia lui demanda d’ajouter sa signature à celle de ses amis (Metzinger, Segonzac, Jean Hugo, Milhaud, Auric, Péret, Tzara, Dorgelès…), dont les paraphes entouraient l’œil Cacodylate (1921) :

Je crois que j’avais mis Pi Qu’habilla Rrose – arrose demande deux R, alors j’ai été attiré par le second R que j’ai ajouté – , Pi Qu’habilla Rrose Sélavy. »

Dan Franck – Bohèmes. Les aventuriers de l’art moderne

Georgio – Héra Lyrics

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